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Le bois et l'écorce des arbres.
Les différents bois employés dans les arts, les manufactures et l'industrie se distinguent par une foule de caractères particuliers : de sorte qu'il n'est pas indifférent de prendre l’un pour l’autre et que chaque espèce est propre à certains usages. Il en est de même des écorces qui se distinguent souvent à leur aspect extérieur; elles sont tantôt lisses, tantôt crevassées ou fendillées, toujours appropriées à certains usages techniques.
Les causes de ces différences fondamentales entre la plupart des bois et des écorces proviennent de leur structure anatomique et de leur constitution chimique ; il importe donc, pour les apprécier en connaissance de cause, d'étudier la formation de ces deux impor- (ants tissus végétaux et de recherclier quelle est, en général, la composition de l’un et de l’autre.
Le bois des arbres dicotylédonés représente toujours la partie lieneuse du système vasculaire, et il se forme au moyen de son cambium propre. Les premiers vaisseaux vasculaires d’une plantule ou d'une jeune pousse naissent dans la zone génératrice au moyen du cambium qui s'y trouve, et cela de telle sorte qu'il reste toujours de cet élément plastique pour l'avenir. Pendant la germination, comme pendant l'évolution des bourgeons, ce sont les vaisseaux déroulables ou annulaires qui se montrent en premier lieu; ils sont placés du côté interne de la zone de cambium et bientôt après quelques fibres du liber se développent de l'autre côté. Dès lors le système vasculaire de l'axe est ébauché; il s'agrandit sur ses deux faces en même temps qu'il continue à croître à l'intérieur. Les trachées et les fausses
trachées cessent de se multiplier dès que la portion de tige où elles se trouvent cesse de s'allonger, et à partir de ce moment on voit apparaître, en dedans, des vaisseaux ponctués, des fibres ligneuses et du parenchyme ligneux (sauf chez les Conifères qui, ne renfermant Jamais de vaisseaux, forment exclusivement des fibres et du tissu cellulaire), et en dehors, des fibres libérinnes, des tubes criblés (siebrühre) et du parenchyme libérin. Le cambium, qui pourvoit à la formation de ces deux parties du système vasculaire, se maintient entre-elles sous la forme d’une zone, composée d'un petit nombre de couches cellulaires (Fig. 15). La partie intérieure ou ligneuse et la partie extérieure ou libérine de chaque faisceau vasculaire se trouvent donc en face l’une de l’autre; elles croissent, au fur et à mesure de l'augmentation en diamètre de la tige ou de la branche, au moyen de leur cambium propre et elles se présentent, sur une coupe transversale, sous la forme de deux triangles isocèles qui se touchent par leurs bases dans le cambium (Fig. 74 et 24). L'ensemble de ces faisceaux vasculaires constitue dès leur naissance, chez nos arbres dicotylédonés, un cercle autour de la moëlle centrale, et ils sont séparés l'un de l’autre par du tissu cellulaire; ils continuent à croître sous cette forme circulaire dans lesein de la zone génératrice et ce au moyen du cambium qui fait partie intégrante de chaque faisceau. Il résulte de ce mode de formation une distinction bien nette entre les deux parties du système vasculaire ; l’une constitue le bois, elle se compose des éléments ligneux et se trouve à l'intérieur de la zone génératrice ; l'autre est située à l'extérieur de cette zone, elle renferme les éléments du liber et elle constitue l'écorce secondaire que l’on doit distinguer de l'écorce primaire, placée à l'extérieur et engendrée sans la coopération des faisceaux vasculaires ni de la zone génératrice. D'un autre côté, le parenchyme, qui sépare latéralement l’un de l’autre chaque groupe fibro-vasculaire, forme les rayons médullaires primitifs qui, sur une coupe transversale, s'étendent sous forme de rayons depuis la moëlle jusquà l'écorce primaire. Ilse produit en outre, à l’intérieur des faisceaux vasculaires primitifs, une fissuration latérale dont les interstices deviennent, en se remplissant de tissu cellulaire, les rayons médullaires secondaires(1).
(1) La fissuration des faisceaux vasculaires primaires, qui donne lieu à la formation des rayons médullaires de second ordre, provient de ce que une ou plusieurs cellules verticales de cambium se divisent horizontalement et forment ainsi les premières cellules-mères d’un nou-
Chez la plupart des plantes lig neuses, les cellules des rayons médullaires, tant de ceux du premier que de ceux du second ordre, s épaississent et se lignifient pendant leur parcours dans l'intérieur
Fig. 127. du cylindre ligneux, de manière à faire partie mtégrante du bois; dans l'écorce, au contraire, elles restent, la plupart du temps, avec des parois minces qui ne s’incrustent pas (Fig. 427). |
Le cours des rayons médullaires n’est pas, comme on pourrait le supposer d’après une coupe transversale, parallèle à travers toute la longueur du tronc, mais ils forment plutôt des plans cellulaires, de longueur et d'épaisseur variables, interposés entre les cellules allongées verticalement qui constituent les zones ligneuses : cette structure ressort clairement d'une coupe longitudinale tangentielle (Fig. 127 bis). Les cellules de ces rayons sont, en général, dirigées horizontalement et, par conséquent, en sens inverse de celles dont se compose la partie fibro-vasculaire du bois.
La plupart des arbres sont pourvus de rayons médullaires d’une seule espèce, tandis que d'autres présentent l’un à côté de l’autre des rayons larges et des rayons plus étroits. Lorsqu'ils sont larges et courts, les fibres et les vaisseaux du bois se contournent, en
Fig. 127. Coupes systématiques, l’une transversale, l’autre longitudinale, dans le plan d’un rayon, à travers une branche d'un arbre dicotylédoné et rapportées à une échelle d’un simple grossissement à la loupe. Sur la coupe transversale À on voit à gauche de larges rayons médullaires de premier et de second ordre (b), tandis qu’à droite on a dessiné des rayons étroits (e). Sur la coupe longitudinale B, au contraire, on afiguré, à la partie supérieure, de longs rayons médullaires (1), et à la partie inférieure des rayons courts (4) consistant en un petit nombre de couches cellulaires superposées : ». représente de part et d’autre la moëlle ; æ. l’origine des faisceaux vasculaires qui sont interrompus d’une part par les formations annuelles, et d’autre part par les rayons médullaires; 1, 2et 3 sont trois couches annuelles et concentriques de bois ; en 5 se trouve le cambium ou zone génératrice ; de 3 à y l’écorce secondaire ; de y à z l'écorce primaire qui se termine par la couche de périderme z. Comparez la coupe transversale du Tilleul (Fig. 74).
veau rayon médullaire. L'apparition de nouveaux rayons médullaires ne peut donc se poursuivre que dans le cambium. Sur une coupe longitudinale et tangentielle à travers la couche de cambium, on constate en effet la même distinction que dans l'écorce et le bois complètement formé, entre les cellules de cambium allongées verticalement qui deviennentfibres ou vaisseaux, et les cellules plus courtes destinées à continuer la formation des rayons médullaires.
général, autour d'eux etprennent une direction curviligne, tandis que s'ils sont étroits et allongés le cours du bois n'est presque pas modifié (Fig. 128). 3
À l'exception des Conifères et des Cycadées, le bois de tous les
arbres contient des vaisseaux ; les trachées ne se trouvent, en général,
Fig. 127 Bis. que dans l'étui médullaire, par conséquent à la partie intérieure et la première formée du faisceau vasculaire qui se prolonge sous le cône végétatif presque jusque dans la feuille. Ces trachées sont chez les Conifères et les Cycadées remplacées par des cellules allongées, épaissies en forme de spirale. Les vaisseaux, qui se forment plus tard et qui se trouvent dans les couches ligneuses, se composent toujours de cellules beaucoup plus courtes et sont ordinairement ponctués ; 1ls se développent beaucoup plus rarement en vaisseaux scalariformes.
Le bois de presque tous les arbres à feuilles membraneuses contient, outre les fibres proprement dites et les vaisseaux, une autre espèce de cellules constituant le parenchyme ligneux: elles consistent en cellules plus courtes qui se forment, commecellules-filles, dans l'intérieur d’une toute jeune fibre. Ce parenchyme ligneux contient en abondance, comme les rayons médullaires, des composés hydrocarbonés, par exemple de Pamidon, et il reste comme eux plein de sève pendant de longues années. Au lieu de ponctuations, ce parenchyme possède des pores. Après leur développement parfait, les fibres proprement dites et les vaisseaux ne Contiennent pas de sucs: ceux-ci disparaissent en premier
Fig. 127 bis. Coupe longitudinale tangentielle à travers le bois du Pinus picea : h. cellule ligneuse ; m. rayon médullaire ; 4. ponctuation (gross. 200 fois).
Fig. 128. Coupe idéale à travers différents bois, suivant une direetion longitudinale et tangentielle pour mettre en lumière les rapports des éléments fibro-vasculaires du bois avec les rayons médullaires : a. rayons médullaires fort étroits comme chez les Conifères ; b. rayons médullaires fort larges comme chez les Lauriers et le bois d’Acajou (Swietenia mahagoni) ; e. rayons
médullaires de deux sortes, les uns larges les autres minces, comme chez le Hêtre et le Chêne ‘(gross. à la loupe).
lieu hors des vaisseaux à la suite de la résorption de leurs parois transversales et ensuite des fibres ponctuées par la résorption des parois qui séparent les canaux des ponctuations (Tupfelcanäle) (voyez p. 23). Les fibres ou cellules ligneuses sont allongées, effilées aux deux Fig. 129. bouts et, en général, ponctuées (Fig. 129). Lorsque au lieu de ponctuations elles possèdent des canaux poreux, dont le diaphragme n’est pas résorbé, elles restent plus longtemps pleines de sève et peuvent même dans ce cas élaborer des matières amylacées, comme, par exemple, chez le Datura arborea et le Bochmeria rubra où le parenchyme ligneux fait défaut.
Le bois de quelques Conifères est creusé de conduitsrésinifères verticaux et horizontaux; ce sont de vastes lacunes intercellu-
690% 00 95 0200000 ote = 02 S
hr } ment ne sont pas lignifiées, mais dont les parois sont restées délicates, et qui sécrètent de la résine dans la lacune (Fig. 130). Chez d’autres espèces la résine s’amasse dans l'intérieur des cellules du parenchyme ligneux.
Le cylindre ligneux s'accroît au moyen du cambium de ses faisceaux vasculaires situé dans la zone génératrice ; cet accroissement a lieu soit d'une manière continue, soit d’une manière périodique. Quant à la performation du bois, elle varie d’après la manière dont l'arbre élabore sa sève. Le bois que nos arbres produisent au prin-
Fig. 129. Cellules isolées par la macération du bois de Moquilea (El Cauto): g. cellule vasculaire ; k. cellule ligneuse ; Ap. parenchyme ligneux ; #. cellule des rayons médullaires. Le mode d'épaississement de la cellule vasculaire varie d’après le genre d’épaississement des cellules limitrophes.
Fig. 150. Coupe transversale d’un conduit résinifère du bois de Pinus sylvestris : a. cellules ligneuses ; b. cellules minces ; c. cellules sécernantes proprement dites qui environnent la lacune.
temps est formé de cellules plus larges et plus faiblement épaissies que celles du bois produit en automne : tout accroissement cesse en hiver. Il en résulte qu'aux fibres minces et fortement épaissies de l'automne succèdent, au printemps suivant, d'autres fibres larges et faiblement incrustées. Ce fait est la cause en vertu de laquelle les anneaux annuels de bois se distinguent les uns des autres (Fig. 75) (1). On ne les observe pas lorsque la croissance s'opère sans interruption ; c’est au contraire chez les Conifères qu'ils sont le plus distincts.
L'écorce des arbres et même de toutes les plantes dicotylédonées en général, se compose, ainsi que nous l'avons vu plus haut, de deux parties qui diffèrent essentiellement par leur mode de formation : l'écorce primitive où primaire existe déjà dans l'embryon et dans l'ébauche de la nouvelle pousse; l'écorce secondaire, formée postérieurement, se développe au moyen de la zone génératrice avec laquelle se confond le cambium des faisceaux vasculaires (Fig. 127).
L'écorce primitive est d'abord entourée d’un épiderme : pour le reste elle se compose de tissu alimentaire ou parenchyme qui contient généralement de la chlorophylle ; les rayons médullaires ne la traversent pas, mais s'arrêtent à sa limite intérieure.Chez certains Conifères, cette écorce primaire contient des conduits résinifères verticaux qui, chez le Sapin, l'Epicea et le Mélèze, ont la même constitution que ceux de la feuille et qui, chezle Pin, possèdent un épiderme sécernant composé de deux plans de cellules (Fig. 18). Le Mélèze et l'Araucaria du Brésil présentent en outre, dans l'écorce secondaire, des méats résinifères isolés, sphériques ou cylindriques, et tous les Conifères qui sont pourvus de lacunes à résine disposées horizontalement dans les plus grands rayons médullaires en ont aussi dans l'écorce secondaire, observation qui a été faite la première fois par Hugo Mohl (2). Les:
(1) L'examen superficiel d’une coupe transversale ne suffit pas pour faire conclure à la présence des cercles annuels. En effet, un certain arrangement en forme de bande du parenchyme ligneux peut produire des cercles concentriques qui ressemblent aux cercles annuels, en outre une coloration claire des fibres formées en dessous de ce parenchyme simulent aussi des cercles concentriques (Araucaria brasiliensis). Maïs ces pseudo-couches concentriques sont rarement fermées et continues, caractère qui distingue les véritables zones annuelles. Le microscope peut seul, dans les cas douteux, trancher la question de savoir si le bois est formé de couches annuelles concentriques : celles-ci sont en effet constamment reconnaissables par quelques rangées de cellules tabuliformes, appartenant au bois d’automne (Quercus, Fagus, Castanea, Juglans, Bertolletia, Oreodaphne), et à la suite desquelles vient un bois de printemps, à larges cellules, ou bien une couche en forme de bande de parenchyme ligneux (Prunus lusitanica.)
(2) V. Mon, über die Gewinnung des venetianischen Terpenthins. Botanische Zeitung 1859.
canaux résinifères verticaux se trouvent également dans l'écorce primaire des Cupressinées et des Taxinées, qui n’en possèdent pas dans le bois.
L écorce de formation secondaire est, comme le cylindre ligneux, traversée par les rayons médullaires ; elle renferme les fibres du liber et des tubes criblés qui, avec le parenchyme libérin, constituent toute la partie libérine du système vasculaire. Pendant que le bois s'épaissit par la formation de nouvelles couches ligneuses, cette partie de l'écorce s'agrandit aussi au moyen du cambium propre au système vasculaire ; ses faisceaux et ses rayons médullaires qui les séparent continuent à croître à l'aide de la zone génératrice. Il résulte de là que l'écorce secondaire qui environne immédiatement le système central de la tige se prête à l'augmentation en diamètre de ce dernier. L'écorce primitive qui, de son côté, entoure l'écorce secondaire, s'accroît également à mesure que le tronc s'épaissit par la multiplication et par l'expansion de ses cellules propres. En résuméle liber se produit par la partie extérieure des faisceaux vasculaires, tandis que chaque couche ligneuse se forme au moyen de leur partie intérieure.
L'épiderme de l'écorce est ordinairement percé de stomates, mais il meurt en général dès la première année de vie du rameau à la suite de la formation d’une couche subéreuse. Cette formation n'est d'ailleurs pas toujours limitée à l'écorce primaire, mais elle peut s'étendre au parenchyme de l'écorce secondaire; elle arrête l'émission de la sève vers les tissus restés en dehors et provoque par conséquent leur mort; ce phénomène est la cause pour laquelle certaines écorces sont crevassées (Borke, Rhytidoma), et d'après ce qui précède, on voit que cette partie rude et fendillée de l'écorce représente, soit de l'é- .corce primaire, soit de l'écorce secondaire, et que toujours elle consiste en une couche morte par suite d’une formation sous-jacente de liége.
Les divers parenchymes de l'écorce, au nombre desquels on doit compter le tissu de l'écorce primaire, les rayons médullaires et le parenchyme du liber, se lignifient fréquemment à certains endroits et d'une manière déterminée, comme chezle Hêtreet le Platane: chez d'autres arbres, au contraire, ces cellules conservent leur consistance herbacée. Il arrive aussi fréquemment que les fibres du liber, quoique ébauchées, ne parviennent pas à un état parfait de développement ; elles se lignifient plus ou moins tôt, suivant la nature de la plante.
Le cambium, c'est-à-dire ce tissu qui constitue la zone généra-
trice interposée entre le bois et l'écorce, se compose de cellules à pa-
rois très-délicates et de deux espèces différentes, savoir : 1° de cellules allongées verticalement et qui par une partition longitudinale produisent d'un côté des vaisseaux et des fibres ligneuses et de l’autre des fibres libérines et des tubes criblés, ce qui donne lieu à l’accroissement du système vasculaire, et 2° de cellules plus courtes, placées horizontalement et au moyen desquelles les rayons médullairesse propagent à travers les nouveaux tissus (1).
La cellule ligneuse ou fibre prend naissance à la suite d’une division longitudinale tangentielle d'une cellule verticale de cambium : celle-ci forme deux cellules-filles (Fig. 15) dont l’une devient une fibre et l’autre reste cellule de cambium et suit l'exemple de sa cellulemère. La jeune fibre s’allonge ensuite aux deux extrémités qui s’effilent ; elle croît en largeur dans le sens du rayon médullaire. Si elle appartient à la formation du printemps elle devient carrée sur sa coupe transversale (Fig. 75 a), mais si elle est engendrée en automne, elle s'étend moins, conserve davantage sa forme lamellaire primitive et en revanche s'épaissit beaucoup plus fort (Fig. 75 b). Cette fibre ligneuse est, en général, pourvue de ponctuations (mat Tüp/eln versehen), c'est-à-dire de pores dont le canal s’élargit à la base et présente par conséquent, lorsqu'on les regarde par en haut, la figure d’un grand cercle (aréole de la ponctuation [des Tupfelhofes]) au milieu duquel l'embouchure du canal poreux apparaît comme un cercle plus petit (Fig. 15 et 16) (2). |
Les cellules du parenchyme ligneux résultent de la partition trans-
oo mm
(1) Naegeli a, dans son Traité sur la croissance de la tige et de la racine chez les végétaux vasculaires, donné des noms nouveaux à ces deux parties, connues déjà depuis longtemps, du système vasculaire, savoir celui de Xylème à la partie ligneuse, et de Phloème à la partie libérine, et il à ainsi rendu son exposition presque insupportable. En outre, Naegeli n’accorde pas assez de considération aux vues et à l'argumentation de ses adversaires, de sorte qu'il est impossible de tirer une conclusion certaine de ses propres assertions.
(2) Je distingue les ponctuations fermées et les ponctuations ouvertes. Ces dernières ne se présentent que dans les cellules qui ont déjà perdu leur sève, par exemple dans les fibres et les vaisseaux remplis d’air et dans les cellules qui ne servent plus à lacirculation des rangées supérieures et inférieures des rayons médullaires des Pinus. La paroi des fibres et des vaisseaux qui servent encore à la circulation, est, au contraire, pourvue de ponctuations fermées. Cette distinction est importante pour les phénomènes physiologiques en ce que les ponctuations ouvertes ne servent plus à l’endosmose, mais permettent le passage direct des fluides et des corps solides qui peuvent s’y trouver en suspension, comme je l'ai démontré par l'injection du earmin et d’autres matières colorantes solides. (Bot. Zeitung, 1859, p. 258.)
versale d'une fibre développée depuis peu, bien que déjà effilée à ses deux extrémités (Fig. 129 Ap.) (1). Lorsque l’on dissout la matière intercellulaire du bois on obtient souvent ces cellules encore réunies et entourées de la membrane de la cellule-mère ; leurs parois transversales sont horizontales et leurs parois latérales n’ont jamais de ponctuations ouvertes mais sont la plupart du temps pourvues de pores.
La cellule vasculaire ou le vaisseau, prend, comme la fibre, son origine dans une cellule verticale de cambium, mais elle ne s’allonge que pour autant que l'organe dans lequel elle se trouve s'accroît encore lui-même, comme, par exemple, les trachées et les fausses trachées de l'étui médullaire. Dans les formations postérieures, au contraire, les vaisseaux s'étendent davantage en diamètre et deviennent en conséquence beaucoup plus larges que toutes les autres cellules du bois. On trouve cependant chez quelques plantes, comme les Moquilena et
Tectona, des passages de la fibre au vaisseau, le milieu seul de la cellule formant un renflement et se comportant comme une cellule vasculaire, tandis que les deux extrémités sont allongées et amincies comme dans une cellule fibreuse (Fig. 129 g). Les vaisseaux s’épaississent d'un grand nombre de manières différentes (voy. p. 29 et 30); leur paroi transversale disparaît avec la sève (2).
Les cellules à liber ou fibres corticales proviennent également de la division d'une cellule verticale de cambium, mais elles sont beaucoup plus difficiles à suivre dans les diverses phases deleur développement ; elles s’effilent aux deux bouts, et s'allongent ; il est même probable que les fibres libérines extraordinairement longues de quelques plantes et qui dépassent assez souvent de 5 à 10 fois l’étendue des cellules de cambium, proviennent de ce que plusieurs cellules placées à la file l'une de l’autre se fondent ensemble pendant leur jeunesse. Ces fibres croissent peu en largeur, mais, par contre, elles s'épaississent considérablement, parfois jusqu'à la disparition à peu près complète de leur cavité intérieure ; elles se ramifient quelquefois, ne sont jamais ponctuées, mais abondamment pourvues de canaux poreux.
(1) Sous le nom de division longitudinale, je désigne ici la partition parallèle à l’axe longitudinal de la tige ou du rameau, et sous celui de division transversale celle qui lui est perpendiculaire.
(2) Lorsque les vaissaux sont ponetués, le diaphragme de la ponctuation disparaît avec la sève, parfois même d’un seul côté seulement, quand le vaisseau n’est en contact que d’un côté avec une autre cellule sans liquide intracellulaire.
Les tubes criblés ou cribriformes (siebrühre) naissent d'une manière analogue au moyen de cellules de cambium allongées verticalement, mais ils se distinguent des fibres du liber par leur mode particulier d'épaississement. (Voy. plus loin.)
Enfin le parenchyme du liber correspond dans son développement au parenchyme ligneux en ce que plusieurs cellules-filles se développent par une scission transversale dans une cellule verticale du cambium. |
Nous avons, en résumé, distingué dans la partie ligneuse des faisceaux vasculaires trois espèces de cellules : les cellules vasculaires, les cellules fibreuses et les cellules parenchymateuses, et nous retrouvons dans l'écorceégalement trois espèces différentes decellules,savoir: les tubes poreux, les fibres corticales et le parenchyme libérin.
Les cellules des rayons médullaires proviennent également du cambium; cependant celles qui appartiennent aux rayons médullaires préexistant dans le bois et dans l'écorce ne sont pas engendrées par les cellules allongées verticalement du cambium, mais elles résultent d'une formation cellulaire à l'intérieur des cellules courtes dela zone génératrice. On pourrait considérer ces dernières comme constituant le cambium à rayons médullaires, par opposition avec le cambium à faisceaux vasculaires. Quant aux nouveaux rayons médullaires, ils naissent, au contraire, dans certaines cellules verticales du cambium qui, par une division transversale, se transforment en cambium à rayons médullaires.
Il résulte des observations que nous venons de consigner, que le cambium des faisceaux vasculaires et celui des rayons médullaires se maintient, sous la forme de la zone génératrice, entre le bois et l'écorce, parce que, chaque fois que ses cellules se multiplient par division, tant du côté du bois que vers l'écorce, l’une des nouvelles cellules engendrées devient à son tour cellule de cambium et se comporte de la même manière que sa cellule-mère. Pendant la durée de la végétation, 1l n'existe donc pas de limite bien tranchée entre le cambium et le Jeune bois, ni entre le cambium et la nouvelle écorce. Il en est autrement en hiver : pendant cette période le cambium constitue une couche de quelques rangées de cellules, inactives en ce moment, et interposées entre les dernières cellules du bois d'automne et les cellules les plus récentes de l'écorce secondaire. Le cylindre ligneux s'accroît, par conséquent, du côté extérieur, au moyen du cambium, et ce même cambium épaissit l'écorce secondaire en se transformant
en tissus nouveaux le long de sa surface intérieure : en outre il se maintient et se perpétue dans la zone génératrice.
Tout le monde sait que l'écorce n'acquiert jamais un développement aussi considérable que le bois; en d’autres termes quela multiplication des cellules n'est pas aussi rapide du côté de l'écorce que du côté du bois. Le Hêtre et le Charme peuvent être invoqués comme preuves à l'appui.
Après avoir appris comment le bois et l'écorce se forment et comment ces deux importants organes sont, en général, constitués, nous allons nous occuper spécialement des bois indigènes les plus connus. Tandis que, suivant l’âge de la branche, l'écorce subit des transformations importantes, la structure du bois, au contraire, ne change plus chez nos arbres, dès le moment où la portion de tige à laquelle il appartient cesse de s’allonger. L'étui médullaire seul, étant la partie du cylindre ligneux la première formée, est toujours constitué autrement que le bois proprement dit qui ne commence à se montrer que lorsque la branche ou la tige ne croît plus en longueur. Quelques arbres des tropiques, notamment beaucoup de ces végétaux grimpants qui constituent le groupe des lianes, présentent souvent de notables différences de structure entre le centre et la périphérie de leur bois.
Le bois qu'une jeune plantule ou qu’une innovation issue d’un bourgeon développe au printemps, possède déjà, dès l'automne suivent, toutes les propriétés particulières qu'il doit avoir. On distingue même dans un jeune arbre d'un an, le bois de printemps et le bois d'automne bien que les vaisseaux du premier cercle annuel soient en général plus étroits que de coutume. Chez les Conifères, principalement chez ceux qui sont pourvus de canaux résinifères creusés dans le bois, on trouve ces canaux dans la première couche ligneuse qui se dépose. Les années suivantes produisent donc peu de changements dans la structure du bois; chaque nouveau printemps amène une formation de fibres larges et peu épaissies et à chaque nouvel automne correspond une zone de cellules plus étroites et plus solidement incrustées. Chaque année 1l se forme ainsi une couche ligneuse et les rayons médullaires secondaires se multiplient d'une manière déterminée. Tout cela fait que le nombre des cercles annuels indique le nombre de périodes de végétation que l'arbre a parcourues.
Le bois des Conifères et des Cycadées est d’une structure plus simple que celui des arbres à feuilles membraneuses; 1l ne renferme pas de vaisseaux proprement dits, ce qui fait que leurs fibres sont
plus larges que celles des autres arbres. L'étui médullaire, au lieu d'être formé de trachées, consiste en cellules allongées épaissies sous une forme spiraloïde. Les rayons médullaires sont, en général, minces et composés d’un seul plan de cellules; il en résulte que les fibres ont une direction presque verticale, de sorte que le bois se fend facilement et suivant une ligne droite. Le parenchyme ligneux n'existe pas ou . bien on n’en trouve que quelques groupes isolés (chez les Taxinées, les Cupressinées et l’Araucaria) formés de cellules pleines de résme, ou bien entourant les lacunes résinifères verticales, comme chez le Pinus canariensis. L'existence de ces conduits à résine verticaux ou bien horizontaux, dans l’intérieur du bois, constitue un caractère particulier à certains Conifères, comme le Pin, l'Epicea et le Mélèze.On peut, d’un autre côté, apprécier à la loupe, ou même à l'œil nu, la structure uniforme des bois résineux et notamment l'absence de vaisseaux qui chez les autres bois se présentent sur une coupe transversale sous la forme de trous plus ou moins grands. Les cercles annuels sont, en général, fortement marqués et le bois d'automne est d'une coloration plus foncée. L'Araucaria du Brésil se distingue des autres Conifères, chose à laquelle Güppert(1)n’a pas prêté assez d'attention dans sa protestation dirigée contre moi, par l'absence des limites de croissance et des conduits résineux dans le bois. Le bois des Conifères varie beaucoup, suivant sa constitution particulière, et suivant les circonstances dans lesquelles 1l s'est développé. Ainsi, par exemple, le bois d'If possède une grande dureté et il est fort lourd ; celui de la racine de Mélèze, au contraire, est mou et léger ; le bon bois de Pin, d'Epicea et de Méleze est imprégné de résine, tandis que celui du Sapin en est dépourvu. La valeur vénale d'un bois dépend de sa structure anatomique (2).
Le bois du Sapin (Abies pectinata) est blanc et assez compacte, les cercles annuels sont nettement distincts; il est presque sans odeur
(1) Voy. Gôppert, sur les forêts pétrifiées du Nord de la Bohème et de la Silésie (Ferhandlung der schlesischen Gesellschaft, de 1858-1859, p. 5). J'ai examiné des troncs d'Araucaria brasiliensis de Madère, d’un pied de diamètre, ainsi que des branches et des racines de l’âge le plus différent, et nulle part je n'ai discerné de véritables cercles annuels. La disposition concentrique des éléments fibro-vasculaires du bois ne suffit pas, en effet, pour constituer des couches annuelles, comme la Betterave, et bien d’autres bois dont le parenchyme ligneux est en forme de bandes, en font foi. ;
(2) Pour examiner au microscope un bois ou une écorce, il convient de les observer sous trois coupes différentes, savoir : 1° une coupe transversale perpendiculaire à l'axe longitudinal du tronc ; 2° une coupe longitudinale suivant les rayons médullaires (coupe radiale), et 5° une coupe longitudinale perpendiculaire aux rayons médullaires (coupe tangentielle).
et dépourvu de lacunes résinifères : les rayons médullaires, assez longs, sont formés, en largeur, d’un plan de cellules. Les fibres de la racine atteignent, en général, un diamètre double de celles du tronc et elles sont ordinairement pourvues de deux séries de ponctuations, tandis que celles du tronc n'en possèdent jamais qu’une seule série. Les rangées des rayons médullaires sont épaissies d’une manière uniforme, c'est-à-dire qu'il n'existe pas de différence entre les rangées supérieures et celles du milieu : toutes leurs cellules laissent voir de petits pores arrondis, mais pas de ponctuations (Fig. 131). Le bois de Sapin se débite très-facilement et en feuilles fort minces : il est à peu
Fig. 151: Fig. 132.
près exclusivement employé pour la fabrication des boîtes et il est très-convenable pour les tables d'harmonie et les tuyaux d'orgue. Les gros troncs qui vont en samincissant d'une manière à peu près insensible vers la cime fournissent d'excellents mâts,des bois de support et des arbres de moulin. Mais ce bois ne possède pas autant de force de portée que celui moins élastique du Pin et de l'Epicea ; lorsqu'on
Fig. 151. Coupe longitudinale du bois de Sapin, parallèle à un rayon médullaire : a. la limite d'un anneau annuel ; à droite de cette limite le bois d'automne, à gauche du bois de printemps(k ); e. les cellules du rayon médullaire (gros. 200 fois).
Fig. 132, Coupe longitudinale dans du bois de Pin, pratiquée parallèlement à un rayon médullaire : . fibres ponctuées du bois printannier ; y. cellules de la partie moyenne du rayon médullaire, munies de vastes pores simulant des perforations ; æ. cellules extérieures du rayon médullaire avec de petites ponctuations et des épaississements à contours déliés.
emploie le Sapin dansles cintrages on a soin, pour empêcher la flexion des poutres, de les faire joindre par leurs extrémités taillées en dents de scie. D'après Bechstein (1), le bois de Sapin surpasserait en durée tous les autres bois de construction (?) et il seraitencore aussi dur que le tissu osseux, après trois ou cinq siècles d'usage. Comme bois à brûler, le Sapin vient après l'Epicea.
Le bois d'Epicea (Picea vulgaris Lx) présente des zones annuelles distinctes ; 1l n’est pas aussi blanc que le Sapin, qu'il égale en dureté et en compacité et 1l répand une odeur résineuse. Les rayons médullaires sont composés d’un plan de cellules; ils ‘sont assez longs et, comme chez le Sapin, constitués uniformément; leurs cellules ne sont pas ponctuées. Les cellules ligneuses ou fibres de la racine sont beaucoup plus larges que celles du tronc et elles sont, en conséquence, généralement pourvues de deux rangées de ponctuations. Les cellules du bois d'automne présentent des stries spiraloïdes très-nettes que l’on ne trouve pas chez le Sapin. Ces stries ainsi que les conduits résinifères les uns verticaux, les autres horizontaux, qui manquent totalement chez le Sapin, fournissent deux excellents caractères distinctifs pour le bois d'Epicea. Grâce à sa constitution résineuse, cette essence offre beaucoup d'avantages pour la construction et le chauffage, mais il est moins flexible que le bois de Sapin. Ne devenant pas aussi gros que ce dernier, il ne fournit pas à la marine des mâts aussi forts : par contre il.est, par la résine qu'il renferme, beaucoup mieux approprié aux Constructions hydrauliques. Il est susceptible d’une très-longue durée, comme me l'ont témoigné les vestiges de charpentes conservés dans les murs de l’une des plus anciennes ruines de la Thuringe, le château d'Ehrenstein, près de Remda : ce bois était parfaitement intact et il avait seulement bruni. La résine d'Epicea s’extrait de ce bois {voir enfra).
Le Pin (Pinus sylvestris) fournit un bois blanchâtre, d'une odeur résineuse et dont la dureté surpasse quelquefois celle des deux essences précitées. Les rayons médullaires sont à une rangée de cellules, mais beaucoup plus courts que chez le Sapin et l'Epicea ; ils ont environ 8 cellules de long. Les rangées supérieures et inférieures de ces rayons montrent, lorsqu'on fait une coupe longitudinale qui leur est parallèle, des formes élégantes d'épaississement parsemées de petites ponctuations, tandis que les rangées intermédiaires possèdent de
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(1) Bechstein, Forst-und Jagdwissensehaft. Bd. [. p. 765.
grands pores que l'on pourrait facilement prendre pour des trous (Fig. 132). Le bois du Pin possède, comme celui de l'Epicea, des conduits à résine les uns verticaux, les autres horizontaux, mais la constitution toute particulière de ses rayons médullaires suffit amplement pour le faire reconnaître. Le Pin des Alpes (Pinus pumulo) qui porte, comme le Pin commun ,une double aiguille invaginée à la base, produit un bois dont l'anatomie est analogue à celle-ci ; le Pin de Lord Weymouth (Pinus strobus), dont chaque gaïîne produit cinq aiguilles, se distingue en ce que les pores des cellules médianes de ses rayons médullaires ne sont pas tout-à-fait aussi vastes ; en outre chacune de ces cellules porte de un à quatre pores, tandis que celles du Pin commun n'en contiennent qu'un ou deux au plus. Le bois du Pin des Canaries (Pinus Canariensis), dont les cercles annuels sont aussi fortement marqués que ceux de nos Conifères, présente des conduits résinifères d'une largeur extraordinaire (90/400 de millimètre de diamètre) et d'autres plus petits et horizontaux dans les rayons médullaires. Les fibres ligneuses du vieux bois sont entièrement remplies de résine
solide; les rayons médullaires sont constitués par une rangée de cel-
lules et atteignent une longueur moyenne; dans les rangées du milieu on rencontre des pores assez grands, mais dans les séries extérieures on ne retrouve pas l'épaississement dentelé qui distingue notre Pin et qui n'existe d'ailleurs pas non plus dans le Pin Weymouth. Les fibres sont beaucoup plus larges et beaucoup plus fortement incrustées que chez toutes les autres espèces de Pin que je connais. Il paraîtrait donc que tous les Pinus proprement dits posséderaient deux espèces de rayons médullaires ; les rangées extérieures de ces rayons sont ponctuées et, comme les fibres ponctuées, ils perdent leur sève de bonne heure et en même temps le diaphragme de leurs ponctuations; les rangées du milieu, au contraire, possèdent de larges pores, et, d’après la saison, conduisent soit de l'amidon, soit d’autres matières granuleuses mélangées à des gouttelettes de résine; elles se trouvent en liaison avec les conduits à résine verticaux et entretiennent au moyen de ceux-ci un courant de sève à travers le vieux bois. Ces séries cellulaires moyennes des rayons médullaires de Pin se comportent donc comme la généralité des cellules qui constituent les rayons médullaires de l'Epicea et du Sapin. Les conduits résinifères verticaux du Pin des Canaries sont entourés d’un parenchyme ligneux dont les parois transversales sont réticulées. Quant à la racine de notre Pin commun,
elle se compose de larges fibres, souvent pourvues de deux rangées
de ponctuations. Le Pin fournit à la marine ses meilleurs mâts, bien qu'ils n’égalent pas en hauteur ni en force ceux du Sapin; grâce à la résine dont il est comme injecté, il constitue un excellent bois de construction, bien convenable surtout pour les travaux hydrauliques ; commecombustible, ilest à peu près sur la même ligne que l'Epicea. On ; sait que le goudron du commerce s'extrait du bois de Pin. Sa racine surtout est riche en résine, elle fournit des fallots pour l'éclairage et elle est spécialement propre à la distillation du goudron. Le vieux bois du Pin desCanaries est presque impérissable, tant 1l est imprégné de résine. Les charpentes des vieilles maisons construites à Téneriffe, à . l'époque de la Conquête (1402), etles colonnes du Patio aux Grandes Canaries sont encore aussi bien conservées que si le bois venait d’être abattu ; la résine en suinte même encore en été
Le jeune bois de Mélèze (Larix europæa) est blanchâtre ; le bon bois, au contraire, est coloré en jaune rougeâtre surtout dans la racine, et il est alors beaucoup plus dur que dans l'état de jeunesse. Les rayons médullaires sont assez longs (presque 12 cellules) et ont l'épaisseur d'une rangée de cellules qui ont, comme chez le Sapin, une structure uniforme ; on rencontre aussi des conduits à résine verticaux et d’autres horizontaux. Les anneaux annuels sont, en général, plus longs que ceux des Conifères que nous avons cités précédemment ; d’ailleurs le tronc du Mélèze s'épaissit plus vite, parce que les nombreuses feuilles aciculaires dont il est revêtu, lui permettent d'élaborer plus de bois que les autres Conifères. Les cellules du bois d'automne sont, comme chez l'Epicea, pourvues d’une bande roulée en spirale serrée. Le bois de la racine est léger et coloré en jaune ; il est, pour la plus grande partie, composé de cellules de printemps fort larges et qui possèdent souvent trois rangées de ponctuations ; il n’est pas rare que ces cellules surpassent trois fois le diamètre des cellules correspondantes du tronc ; aussi le bois de la racine du Mélèze est-il d’une grande légèreté. D'après Bechstein, le Mélèze acquerrait sous l'eau une dureté supérieure à celle du Chêne et de l’Aune et il serait aussi propre que ces essences aux constructions navales. |
Le Sapin du Brésil (Araucaria brasihiensis), et probablement tous les : autres Araucaria, est le seul Conifère que je sache n'avoir pas de cercles annuels et il se distingue par là de toutes les autres espèces encore vivantes. Le bois du tronc présente des fibres très-étroites avec une seule rangée de ponctuations, tandis que le bois de la racine dont les cellules sont 4 à 5 fois aussi larges, montre de 2-4
rangées de ponctuations dont l'auréole est beaucoup plus grande que celle des ponctuations du bois du tronc (Fig. 76). Les rayons médullaires n ont qu'une rangée de cellules ; ils sont courts et très-faiblement épaissis. Le bois d’Araucaria est particulièrement caractérisé par cette structure des rayons médullaires, l'absence de cercles annuels et de conduits à résine ; quant aux fibres larges à plusieurs rangées de ponctuations, c'est un caractère commun à un grand nombre de racines de Conifères, notamment du Mélèze. Le bois du tronc est très-compact et pesant; celui de la souche est proportionnellement beaucoup plus léger. La disposition des ponctuations qui, d’après Goëppert, est très-serrée, pourrait à peine être invoquée comme un caractère.
L'arbre géant de la Californie, le Wilhingtoma gigantea, a un bois blanc et très-léger, constitué de zones annuelles étroites, mais bien marquées et dans lesquelles le bois d'automne forme une bande d’une faible épaisseur. Les rayons médullaires sont à une rangée de cellules, d’une longueur très-variable (de 4 à 20 cellules) et faiblement épaissis; les ponctuations sont grandes et allongées, les cellules à résine peu nombreuses et les conduits résinifères manquent complétement.
L'If (Taæus baccata) fournit un bois très-compact, pesant et presqu'impérissable ; 1l croît très-lentement et forme des cercles annuels très-minces; au lieu de lacunes résinifères, il possède des cellules à résine isolées qui correspondent au parenchyme ligneux ; les fibres présentent toutes une bande spirale à enroulement très-large; les rayons médullaires sont longs et à une rangée de cellules. Ce bois est fort recherché des tanneurs; il reçoit un beau poli et, coloré en noir, il est connu sous le nom d'Ébène allemand.
Le parenchyme ligneux résinifère semble être propre aux Conifères qui ne possèdent pas de conduits à résine, par exemple aux Taxinées, aux Cupressinées et aux Cèdres; il est peu développé chez le Sapin. Les véritables vaisseaux, que l'on ne rencontre pas chez les Conifères proprement dits, commencent à se montrer chez l'Ephedra. Les perforations rondes, percées dans la paroi transversale oblique des vaisseaux, sont caractéristiques pour ces plantes. — Les vaisseaux des Ephedra représentent une transition remarquable entre les fibres et les vaisseaux; ils sont pourvus de deux rangées de ponctuations, tandis que les fibres, qui n’ont que la moitié de leur longueur, possèdent une seule série de ces ponctuations. L'Ephedra forme habituellement un simple arbuste, de sorte que son bois est
sans valeur. Le bois de Guetum est encore à peu près inconnu, d’ailleurs comme l’organisation du reste de la plante. Les ponctuations des fibres qui, chez les Conifères, forment le bois de printemps, ne se montrent, en général, que sur la paroi située dans la direction du rayon, tandis que dans le bois d'automne, au contraire, elles se : présentent aussi, quoique plus rarement, dans la direction de la tangente (Fig. 75). Chez l'Ephedra, elles se trouvent dans les deux directions.
Le bois de Chêne (Quercus pedunculata et sessihflora) possède des rayons médullaires de deux espèces, les uns plus larges, les autres plus étroits; les premiers sont déjà visibles à l'œil nu soit sur une coupe transversale soit sur une coupe longitudinale qui leur est perpendiculaire ; ils apparaissent, dans ce dernier cas, sous la forme de petites raies minces, verticales, situées l’une à côté de l’autre à des distances déterminées ; le menuisier leur donne le nom de fibres miroitantes (Sptegelfasern). Le bois frais, d’une coloration jaunâtre, se fonce très-rapidement à l'air ; il est compact, assez pesant et, vu à la loupe, semble très-poreux à cause de ses larges vaisseaux (15-50/400 mill.) Il se compose de fibres fortement épaissies et de vaisseaux ponctués plus ou moins larges entre lesquels le parenchyme ligneux se présente en bandes et en groupes irréguliers (1). Les rayons médullaires minces sont à une rangée de cellules, ils ont jusque 46 cellules de longueur ; les rayons larges ne sont pas en aussi grand nombre que chez le Hêtre, mais ils sont beaucoup plus longs; placés l'un au-dessus de l’autre, ils forment des rangées verticales ; le cours des fibres ne serpente donc pas chez le Chêne au même point que chez le Hêtre. La moëlle est pentagonale dans la tige et dans les branches (Fig. 61); dans la racine elle est circulaire et à peine distincte (Fig. 162). Le bois de la racine est plus léger que celui du tronc : toutes les espèces de cellules, et particulièrement les vaisseaux, y sont plus larges (presque 90/400 de mill.); les fibres, au lieu d'une seule rangée de ponctuations, en possèdent deux. Les cellules de la moëlle qui, arrivées à un certain âge, se lignifient, lorsqu'elles sont encore fraîches, conduisent de l’amidon comme le font les cellules des rayons médullaires et du parenchyme ligneux. Les cercles annuels sont distincts, mais, en général; ils ne sont, dans la racine, reconnais-
(1) Les vaisseaux les plus larges se présentent dans le bois de printemps immédiatement à la limite du bois d'automne, caractère particulier pour le Chêne et pour le Châtaignier.
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sables qu'au microscope et quelquefois n'existent pas du tout (dans un morceau de racine de 1 1/2 pouce de grosseur provenant du jardin zoologique de Berlin). Souvent employé comme bois de construction et d'usage, spécialement pour les constructions navales et pour les billes de chemin de fer, le bois de Chêne ne pourrait être remplacé par aucun autre pour certains usages. La grande proportion de tanpin qu'il renferme, suffisante, quand il est frais, pour noircir la lame d'un couteau, contribue sans doute en partie à lui assurer sa longue durée. Les tonneaux à vins sont presque toujours fabriqués en bois de Chêne (à Madère et aux Canaries on se sert de bois de Chêne d’Amérique) ; à cet effet le bois est fendu en douves suivant la direction du rayon, parce que, s'il était divisé dans l’autre sens, le vin suinterait à travers les larges rayons médullaires. On l’emploie pour édifier des charpentes à l'abri de l'humidité; il est de vieux bâtiments où on le retrouve encore intact après plusieurs siècles; 1l se conserve d’ailleurs aussi parfaitement sous l'eau; ainsi, le bois d’un navire coulé à fond depuis plusieurs siècles n'était pas corrompu, bien qu'il fut devenu dur comme de la pierre. D'un autre côté le cœur du Chêne se décompose facilement autour de la moëlle, lorsque le tronc ou les branches ont éprouvé de profondes lésions ; c'est dans ce cas l’action combinée de l'humidité et des influences atmosphériques qui amène cette décomposition favorisée par la présence de matières amylacées dans la moëlle, dans le parenchyme ligneux et dans les rayons médullaires.
Depuis quelques années, on imprègne les billes de chemin de fer, pour empêcher leur décomposition, de différents sels métalliques, par exemple de sulfate ferreux (vitriol de fer ou vitriol vert), de sulfate cuivrique (vitriol de cuivre ou vitriol bleu) ou de chlorure zincique. Des essais chimiques auxquels je me suis livré sur des bois de Chêne et de Pin injectés et sous le microscope m'ont convaincu que la solution métallique s'était introduite dans la surface et dans l’aubier du bois, mais qu'elle n'avait pas pénétré plus profondément : je ne suis pas parvenu, à une certaine profondeur, à obtenir les réactions caractéristiques du cuivre, ni par le cyanure ferrico-potassique (ferrocyanate de potasse rouge), ni par le cyanure ferroso-potassique (ferro-cyanate de potasse jaune). Le bois de chêne imprégné de vitriol de fer n'était noirci qu'à l'extérieur et avait conservé à l'intérieur sa coloration habituelle. Les parties intérieures de ce bois, carbonisées et réduites en cendres, ne donnèrent pas non plus de traces sensibles de sels métalliques. Les solutions métalliques ne s'étaient donc
introduites que dans la superficie du bois et n'avaient nullement imprégné les billes dans toute leur épaisseur. L'imprégnation de la surface peut d’ailleurs complétement suffire et mettre l'intérieur du bois à l'abri de l’action de l'air atmosphérique ; seulement, en pareil cas, la bille injectée ne peut plus être hâchée ou raccourcie. Dans l'injection des bois par les solutions métalliques, il importe que le bois soit encore frais et contienne de la sève, parce qu'il n'y a que les parties succulentes qui absorbent la solution ; un procédé particulier d’imprégnation, qui consiste à abattre les arbres à la hâche près de leur base et d’entourer la base du tronc avec une solution saline, est fondée sur cette observation (1).L'endosmose qui est ici en jeu, agit avec plus de force dans le bois vivant que la pompe pneumatique sur le bois sec.
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Le boisde Chêne-liége (Quercus suber), que j'ai étudié sur un mor-
ceau d’un gros tronc provenant des environs de Séville et d’après un arbre qui avait crû à Madère, a la même structure que celui de notre Chêne, seulement les cercles annuels sont moins marqués bien qu'ils soient indiqués par plusieurs rangées de fibres lamelliformes et aplaties dans le sens de la tangente. Les vaisseaux sont larges de 15-40/400 mill. de diamètre. On trouve de gros cristaux dans le parenchyme ligneux. L'écorce de son côté se distingue essentiellement de celle de nos Chênes, par sa formation de hége.
Le bois très-dur du Hêtre (Fagus sylvahca) est coloré en jaune ; on voit, sur une coupe transversale, qu'il est traversé de larges rayons médullaires qui, sur une coupe longitudinale, se présentent sous la forme de taches courtes, brunes, allongées, verticales et qui distinguent suffisamment cette espèce de bois. Les rayons médullaires larges, beaucoup plus nombreux et en outre plus courts que dans le Chêne, déterminent chezles fibres un cours beaucoup plus contourné. Les rayons médullaires minces se composent d'une ou deux rangées de cellules et ont rarement plus de 12 cellules de longueur. Les fibres sont étroites, épaissies si fortement que la cavité intérieure est souvent bien près de disparaître ; entre-elles on trouve des vaisseaux ponctués assez étroits (12-2%/400 de mill.)dont la paroi transversale est rarement scalariforme, souvent perforée d’un trou rond; une certaine quantité de parenchymeligneux est,en outre, répartie entre les fibres ligneuses Les fibres étroites et fortement incrustées prédominent dans le bois de Hêtre; de là sa grande dureté et son violent pouvoir
(1) Voyez le Journal polytechnique de Dingler. 1859.
calorifique. Le parenchyme ligneux, les rayons médullaires et la moëlle renferment de lamidon quand ils sont frais. Le bois de la racine est plus léger, ses cellules sont plus larges et moins épaissies. Le Hêtre ne produit, comme tous les arbres à bois très-compact, que des cercles annuels minces. Sa texture cassante, qui résulte probablement d'un état particulier de son xylogène (matière incrustante), est, en général, un obstacle à son emploi pour les bâtisses : il est, au contraire, fort usité pour les constructions navales, pour les moulins et le charronnage, ainsi que pour certaines applications spéciales, telles que les essieux de roue de voiture ou de moulin : comme combustible, il est au premier rang de toutes nos essences. Il se conserve sous l’eau aussi bien que le bois de chêne.
Le Châtaignier (Castanea vesca), très-voisin du Hêtre, fournit également un bois compact et durable qui, par sa structure, se rapproche fort de celui du Chêne. Comme celui-c1, il possède à la limite du bois de printemps, de très-vastes vaisseaux, mais on n'y rencontre pas les larges rayons médullaires. La paroi transversale des vaisseaux ponctués est, comme chez le Hêtre, en général, pourvue d'une perforation arrondie et il est également rare de rencontrer 1ci des parois transversales laciniées d’une manière scalariforme. Le parenchyme ligneux existe en petite quantité.
Le Charme (Carpinus betulus) possède un bois dont la dureté approche de celle du Hêtre : il n’a pas de rayons médullaires larges, le parenchyme ligneux y forme des rangées simples, et les fibres, trèsétroites, sont, comme chez le Hêtre, fortement épaissies. Les vaisseaux assez larges (15-20/400 millim.) présentent, sur des coupes longitudinales très-délicates de ce bois, une bande spirale assez plane. Les vaisseaux présentent de grandes ponctuations situées tout près l’une de l’autre et leurs parois transversales sont traversées par un trou rond ; les rayons médullaires, assez longs, sont larges d’une ou deux rangées de cellules dont les parois sont fortement épaissies. Comme chez la plupart des bois très-compacts, la limite des cercles annuels examinée au microscope paraît faiblement marquée. Le bois de Charme est employé, à cause de sa dureté, pour faire des roues dentées, des vis et d'autres objets semblables ; c'est aussi de ce bois que sont faits les coins que les bûcherons emploient pour abattre les arbres. Comme pouvoir calorifique, il est un peu inférieur au Hêtre. Il n'est guère employé comme bois de construction et il prend un beau poli.
Le bois moins compact du Coudrier (Corylus avellana), qui appar-
tient à la même famille, a une structure analogue, maisses vaisseaux, sont dépourvus de bande spirale et ils ont les parois transversales scalariformes.
L'Orme (Ulmus campestris) possède un aubier blanc et un bois brun qui se distingue par la présence de deux espèces de vaisseaux: les uns, larges de 50-60/400 millim., sont nombreux, disséminés et présentent une paroi transversale, traversée d’un foramen rond; les autres n'ont pas plus de 5-15/400 millim. de diamètre, sont ponctués, pourvus d'une bande spirale et se présentent plusiéurs ensemble sous la forme de groupes ou de bandes irrégulières. Le parenchyme ligneux n'existe qu'en petite quantité et il est rempli d'amidon. Les cercles annuels tendent à se confondre par suite de arrangement en forme de bandes des vaisseaux étroits, mais leur existence est néanmoins manifeste (comme chez le Chêne-liége). Les fibres sont très- fortement épaissies; les rayons médullaires sont à une ou deux rangées de cellules et de longueur fort irrégulière. Le bon bois, qui est très-compact, est souvent employé par les charrons et les menuisiers; il est aussi convenable que le Chêne pour les travaux hydrauliques ; à l'inverse du Hêtre, qui est très-exposé à souffrir de la piqûre des vers, le bois d'Orme n'est pas endommagé par eux. Venise repose sur un pilotage de troncs d'Ormes et d’Aunes.Comme bois de chauffage, l'Orme est inférieur au Hêtre.
L'Erable (Acer campestre) et le Frêne (Fraæinus eæcelsior) donnent un bois compact, durable, traversé de rayons médullaires minces, ayant de 1-3 rangées cellulaires d'épaisseur. Les vaisseaux de l'Erable sont ponctuéset, comme chez le Charme, rayés en spirale: chez le Frêne, cesraies sont moins distinctes et ilne paraît pas exister de parenchyme, au moins ne peut-on pas le reconnaître avec certitude au moyen de coupes longitudinales et transversales. Le bois de Frêne est employé à quantité d'ouvrages de menuiserie, il est également travaillé par les charrons et par les fabricants d’avirons; il approche du Hêtre comme combustible. Le bois des Erables a reçu les mêmes applications.
Le Buis (Buxus sempervirens) possède peut-être le plus compact de tous les bois. La limite des couches annuelles, assez visible sous la loupe, sous la forme d'une bande de couleur plus foncée, est moins distincte sous le microscope, parce que le bois de printemps est lui-même fortement épaissi. Les rayons médullaires sont courts, au centre ils possèdent ordinairement deux ou trois rangées de cellules et se ter-
minent par une cellule allongée; les vaisseaux sont étroits et rares 15/400 millim.), avec de très-petites ponctuations et un diaphragme scalariforme ; les fibres sont assez larges et très-fortement incrustées. Le bois de Buis a une grande importance pour la gravure sur bois; il est presque exclusivement employé pour les xyloglyphies ; le meilleur vient du midi de la France etil est probablement originaire d’'AIgérie.
Nos arbres fruitiers appartenant aux genres Pyrus et Prunus donnent un bon bois d'usage spécialement employé pour les ouvages de menuiserie et pour la fabrication des mobiliers ; ce bois prend un beau poh et chez le Pommier, le Poirier, le Cerisier et le Prunier, il montre des flammes semblables à celles de l’Acajou. Ilse distingue, au microscope, par ses vaisseaux beaucoup plus étroits (pas plus de 15/400 de millim. de large) et par ses rayons médullaires plus longs et plus minces, et par conséquent moins renflés au milieu. Le parenchyme ligneux est réparti entre les fibres et paraît être plus abondant chez le Pommier et le Poirier que chez le Cerisier et le Prunier, où il n'existe qu'en faible quantité. Chez le Prunus lusitanica, une couche en forme de bande de ce parenchyme constitue la limite des cercles annuels. Les vaisseaux sont ponctués et1ls sont garnis d’une élégante bande en spirale chez tous les Prunus (Cerisiers, Pruniers, etc.)
Le bois de Noyer présente sur la coupe transversale une disposition rubanée qui est déterminée moins par les cercles annuels qui ne sont séparés que par environ trois rangées de fibres lamellaires, que par le parenchyme ligneux disposé en forme de ruban entre les fibres plus étroites et plus solidement Incrustées. Les rayons médullaires possèdent de 1-5 rangs de cellules; les plus étroits sont courts et moins nombreux que les plus larges, qui sont de 2-4 fois aussi longs que larges et par conséquent ventrus. Les vaisseaux larges (75/400 millim.)dontles parois latéralessont couvertes de grandes ponctuations, sont, en outre, traversés par un trou circulaire. Le vieux bois d'un aspect gris-brun est souvent employé pour les objets mobiliers et vient en grande partie d'Espagne. On peut à peine le distinguer anatomiquement du bois de Noyer d'Amérique (prétenduement du Bertolletia excelsa), qui vient dans le commerce en blocs énormes et qui lui ressemble très-fort par la couleur et l'aspect extérieur, mais qui est plus compact et plus pesant; en outre ses vaisseaux sont plus étroits et ses rayons médullaires plus courts. Les deux bois sont employés aux mêmes usages.
Le Bouleau (Betula alba) donne un bois moù mais tenace ; ses vaisseaux, assez larges, sont formés de cellules courtes, et sont couverts de ponctuations très-petites et très-serrées; leurs diaphragmes sont découpés d’une manière scalariforme; les rayons médullaires sont courts et larges de 1 à # rangées de cellules. Les couches annuelles sont nettement marquées. Ce bois est particulièrement en usage chez les sculpteurs et les tourneurs.
Le bois des Légumineuses arborescentes paraît être souvent caractérisé, comme celui de l'Orme, par l'existence de deux espèces de vaisseaux ; ici aussi les plus étroitsse présentent plusieurs ensemble et sont disposés en forme de bandes; ils sont de plus ponctués et pourvus d’un cordon spira], comme par exemple chez l'Uleæ, le Spartium et le Gemista. Ce boïs est, en outre, caractérisé par des rayons médullaires relativement larges, ainsi que par d'amples vaisseaux. Chez les Robrma, Gleditschia, Haematoæylon Campechianum (bois de Campèche), Caesalpima echinata (bois de Fernambouc), le parenchyme ligneux produit dans le bois une apparence rubanée qui est plus apparente encore Chez l'Erythrina. Les fibres des bois que nous venons de nommer sont, en général, fortement épaissies et, comme à l'ordinaire, le parenchyme ligneux ne possède ici que des parois beaucoup plus minces. La plus grande quantité de matière colorante des bois de teinture se trouve amassée dans les rayons médullaires et dans le parenchyme ligneux.
Le bois d'Acajou (de Saint-Domingue), produit par le Swietenia Mahagoni et renommé à cause de sa belle couleur brune, présente sur une coupe transversale denombreuseslignes concentriques plus claires qui résultent d’une disposition rubaniforme du parenchyme ligneux : ces stries sont tantôt plus nombreuses, tantôt plus rares, ce qui fait varier la valeur du bois. Les vaisseaux, qui sont assez larges (40-60/400 millim.) sont isolés ou accouplés, rarement disposés par rangées de trois à côté l'un de l’autre sur un même rayon ; leur paroi latérale est fortement incrustée et couverte d’une ponctuation très-fine et trèsserrée. Les rayons médullaires, de 3 à 5 cellules, sont larges et courts par conséquent renflés au milieu. Une résine brune suinte dans les vaisseaux et se montre aussi Ça et là dans les rayons médullaires. Ce bois est pesant ; il se distingue de l’Acajou du Honduras qui doit appartenir à un autre arbre et quiest plus léger, par des bandes beaucoup plus minces et plus nombreuses de parenchyme ligneux et par des vaisseaux notablement plus étroits. Dans l'Acajou du Honduras, ces
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vaisseaux Ont une largeur qui va jusqu'à 130/400 mill. et leurs ponctuations sont beaucoup plus étendues. Ces bois se distinguent encore par desrayons médullaires qui, chez le dernier, sont beaucoup plus longs et moins renflés : les vaisseaux et les fibres sont ici remplis d'une résine brune.
Le bois de Palissandre laisse voir sur la coupe transversale une suite de rayures concentriques serrées l’une contre l’autre et semblables à celles de l'Acajou; ces rayures sont produites par des bandes de parenchyme ligneux interposées entre des fibres fortement épaissies.Ce bois présente ,en outre ,des dessins irréguliers d’une couleur foncée ,qui proviennent d’un surcroît de coloration dans les fibres. Les vaisseaux sont isolés et larges (100/400 millim.); leur paroi latérale est couverte d’une puissante ponctuation ; les rayons médullaires épais de 2-3 cellules sont courts et environ deux ou trois fois aussi longs que larges. Le bois de palissandre est-très compact et pesant; sa valeur augmente avec le foncé de la couleur et la beauté des dessins. Dans le bois bien foncé, probablement le plus vieux, il existe des groupes de cellules qui sont remplies d'une substance résineuse d’un brun foncé et représentée, dans les vaisseaux, sous différentes couleurs, depuis le jaune le plus clair jusqu'au plus brun, au bleu et au vert; cette substance est, en général, à peu près incolore au centre du vaisseau et trèsfoncée dans le voisinage des parois. Les groupes des cellules qui produisent les dessins foncés sont uniformément colorés en brun.
Quelques Lauriers de Madère, par exemple le Til (Oreodaphne fœtens) et le Vinhatico (Persea indica), dont le bois a la plus grande ressemblance extérieure et anatomique avec l’Acajou de Saint-Domingue et celui du Honduras, fournissent également d'excellents produits manufacturés. Le bon bois noir du Til est encore plus foncé que celui de Palissandre. Les flammes qui embellissent ces différents bois proviennent des bandes de parenchymeligneux ; celles du Gerisier ,du Pommier et du Noyer résidentégalement dansles cercles annuels. Quant à la pyramide de flammes quiest d'une si grande importance dans le placage de ces bois et qui détermine la valeur vénale des blocs d'Acajou, elle provient d’une division du tronc en forme de fourche ; elle tire son origine de l’axe de la fourchette et s'étend en largeur et en hauteur proportionnellement à l’angle de la bifurcation ; le cours du bois est le plus irrégulier à l'endroit où les deux branches se réunissent sur une coupe tangentielle, suivant laquelle on obtient les plaques; le bois de bout (bots coupé transversalement) se trouve donc tout près du bois de long {bois
coupé longitudinalement) : ce qui donne lieu aux flammes estimées en ébénisterie. Les points et les stries foncées qui relèvent ces bois quand ils sont polis représentent des vaisseaux coupés transversalement.
Le bois d'Ebène (Diospyros ebenum), de même que le bois des queues de billard qui appartient probablement à une espèce d’'Acajou | et le bois de Grenadille(Punica granatum), dont on fait en Espagne les meilleures castagnettes, ont, à l’état d’aubier ou de bois jeune, une couleur blanchâtre ou claire ; il n'y a que le bois qui revête une coloration foncée, et que le viel ébène qui soit complétement noir. Si lon examine ces bois à l'endroit où l’aubier passe à l’état de bon bois, on reconnaît que l'ensemble des cellules qui le composent sont enduites à l'intérieur d’une masse noire et charbonneuse qui pénètre partout dans les canaux poreux comme dans l’espace vide des ponctuations vasculaires, de sorte que tous ces tissus semblent imprégnés d'une matière colorante noire. Cette carbonisation du contenu cellulaire et de la couche intérieure d’épaississement qui n’est pas encore lignifiée, part du centre et s'étend ensuite vers la périphérie jusqu'à ce que finalement les cellules paraissent entièrement teintes en noir dans toute l'épaisseur de leur paroi. La carbonisation semble partir du parenchyme ligneux et se propager de lui vers les fibres et vers les vaisseaux. Ce parenchyme ligneux contient, comme nous savons, une grande quantité d'hydrates de carbone dont la composition chimique se transforme facilement et l'on rencontre dans les vaisseaux du bon bois des masses noires excrétées. Si l'on fait bouillir des copaux d’ébène avec une lessive alcaline, celle-ci se colore bien en brun, mais même après une ébulition prolongée avec une seconde lessive alcaline, la coloration noire du bois ne disparaît pas complétement. D’après Mulder, le bon bois contient de l'acide ulmique ; les observations faites sur le bois d'ébène, et que nous venons de rapporter, semblent confirmer cette opinion ou du moins démontrer la transformation de la substance incrustante de certains bois en un charbon d’ulmine. La nigressence du bois d'ébêne repose uniquementsur cettetransformation: la coloration foncée du duramen d'autres essences, telles que le Chêne et le Mélèze, pourrait bien provenir d’une modification chimique analogue du xylogène. Le Til (Oreodaphne fœtens) confirme également celte opinion en ce que son aubier blane et inodore se transforme insensiblement en un bon boistrès-foncé et presque noir qui®dans un tronc fraichement abattu, répand une odeur nauséabonde résultant indubitablement d'une modification chimique concommitante avec le
changement de couleur. Les rayons médullaires à une rangée de cellules du bois d'ébène sont remplis de grands cristaux.
Les Saules et les Peupliers fournissent des bois d’une moindre dureté. Les fibres de ces deux espèces (Sahæ fragilis et Populus nigra) sont larges et faiblement épaissies ; les vaisseaux ponctués sont traversés d'un trou rond {je crois avoir observé une fois chez une autre espèce de Saule des cloisons scalariformes que Hartig figure également) (1). Les rayons médullaires, composés d'un plan de cellules, sont plus courts chez le Saule que chez le Peuplier; malgré cela le bois de ces deux arbres est difficile à distinguer anatomiquement. I] est employé à la confection de quantité de meubles, mais peu en usage dans les constructions. Le charbon de Tremble {Populus tremula) sert à la préparation de la poudre commune, tandis que les menues branches du Padier (Prunus padus) et de la Bourdène(Rhamnus frangula) fournissent le charbon nécessaire pour la fabrication dela poudre fine. Les baguettes de l'Osier (Salix viminals) sont très-convenables pour faire des cerceaux et des objets de vannerie.
Le bois d'Aune (Alnus qglutina) et de Coudrier (Corylus avellana) ont ensemble beaucoup d’analogies anatomiques. A l'œil nu on croit voir sur la coupe transversale, comme chez le Chêne et le Hêtre, de larges rayons médullaires, mais ils disparaissent sousun examen microscopique. Les raies claires qui s'étendent de la moëlle à l'écorce à travers le cylindre ligneux et qui simulent des rayons médullaires, sont produites par des parties ligneuses où les vaisseaux font totalement défaut. Les rayons médullaires proprement dits sont, chez l’Aune et chez le Coudrier, formés d’un ou de deux plans de cellules; les Vaisseaux, nombreux dans certains endroits déterminés du bois, ont une ponctuation trés-fine et fort serrée, et une cloison transversale oblique et scalariforme; le parenchyme ligneux est rare et ne se distingue que sur une coupe longitudinale radiaire. Le bois de Coudrier est plus compact que celui de FAune et les chevrons du diaphragme scalariforme de ses vaisseaux sont plus éloignés que chez ce dernier. Les rayons médullaires du bois d'Aune sont remplis d’une matière brun-rouge et son aubier blanc se colore rapidement de la même nuance à la surface, ce qui ne se manifeste pas chez le bois de Coudrier: il se conserve longtemps sous l’eau, ce qui le fait rechercher pour les constructions hydrauliques, mais il se décompose, au contraire, avec la
(1) T. Hartig, Naturgeschichte der forstlichen Culturgewächse.
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plus grande facilité sous l'influence de l'atmosphère. Il est employé à divers ouvrages de tour, de menuiserie et de ciselure ; comme combustible, il est loin are la valeur du Hêtre, mais il surpasse beaucoup le Saule et le Peuplier. Les baguettes de Coudrier sont employées aux ouvrages les plus fins de sparterie pour lesquels elles peuvent être néanmoins remplacées par plusieurs espèces de Genêt, entre autre par le Spartium Scoparium, qui, à Madère, constitue presque à lui seul d'épais taillis, dans la partie méridionale de l'île, à une altitude de