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Fig. 205 (7). Coupe transversale d’une graine mûre de Gui: a. l’albumen ; b. et b. deux embryons ; c. un cotylédon de l’un d’eux (gross. 8 fois).
Fig. 206 (8). Un Gui (B) de 3 ans fixé sur un rameaude Sapin (4)dont l'écorce a été enlevée pour étudier la marche des racines du parasite (grand. natur..).
sa racine à travers l'écorce jusqu'au bois de l'arbre sur lequel il s'est fixé, et se nourrit en partie aux dépens de la sève de cet arbre, en partie au moyen de ses propres feuilles et de son écorce verte; sa racine traverse, d’ailleurs, l'écorce du sujet et c’est dans le bois qu’elle s'implante. De là vient que les Guis provoquent souvent sur les arbres des renflements semblables à ceux qui se forment sous les Balais de sorcières. J'ai vu dans le Rauhthal, près de Jena, un viel Erable déformé de la manière la plus singulière par des Guis : toutes ses branches étaient noduleuses et comme rachitiques, et les Guis qui avaient déterminé ces tubérosités étaient morts pour la plupart et avaient même disparu depuis longtemps. Les oiseaux qui se nourrissent de baies, se chargent de disséminer, à de grandes distances, la graine du Gui; celle-ci germe toutefois sans que leur intervention soit indispensable et même quand elle est encore renfermée dans l'intérieur du fruit, mais dans cet état elle ne saurait s'attacher à une branche.
Au contraire, la graine y est solidement fixée, quand elle se trouve mélangée aux excréments desoiseaux, et c’est là ce qui a donné lieu à cette croyance erronnée qui suppose que, pour germer, les graines de Gui doivent absolument passer par l'estomac des oiseaux. Le Gui pousse très-lentement et ne développe chaque année qu’un seul mérithalle muni de deux feuilles opposées; il se multiplie au moyen des graines et par des Jets émis par sa racine et qui se font jour à travers l'écorce : ce phénomène s’observe notamment quand un vieux Gui a été brisé, de sorte que, pour l'extirper, 1l faut absolument sacrifier la branche dont il a pris possession. Le Loranthus, voisin du Gui, croît sur les Chênes en Autriche.
Un très-grand nombre de plantes inférieures vivent aux dépens des produits de la décomposition des bois et des écorces. C'est ainsi que l'on rencontre dans le creux des vieux arbres toute une armée de Champignons et sur leurs écorces des Lichens, des Mousses et des Hépatiques. Ces végétaux ne rendent pas l'arbre malade, maisils sont
Fig. 207 (9). Un Gui (B) de quatre ans, également sur le Sapin (4). Les racines de Gui courent entre l'écorce (a) et le bois, et ses sucoirs pénètrent même dans le bois du Sapin (grand. nat.).
Fig. 208 (10). Coupe transversale d’une branche de Sapin (4) qui sert depuis 7 ans de support à un Gui (B): a. l'écorce du Sapin ; a l'écorce du Gui ; y. une racine du Gui, qui réunit les sucoirs l’un à l'autre (grand. nat.).
Fig. 209 (41). L’extrémité d’un rameau de Gui qui, entre deux jeunes pousses, porte trois petites haies (grand. nat.) /
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plutôt un indice de son état maladif. Dans plusieurs endroits du Thurimger-Wald, le Mélèze réussit très-bien jusqu'à l’âge de 20 ans, et pendant ce temps les Mousses le respectent, mais passé ce terme, le même arbre se porte moins bien et il est aussitôt envahi par les longs filaments blancs de ces Lichens qui constituent le genre Usnea. Les arbres qui vivent dans des stations humides ou moites sont ordinairement très-moussus à leur surface; ceux dont l'écorce est rude et déchirée portent un nombre beaucoup plus grand de cryptogames que les espèces à écorce lisse : cela vient de ce que l'humidité de la pluie et de la rosée se rassemble dans les crevasses de cette écorce, détermine une certaine décomposition et prépare ainsi le sol qui est nécessaire au développement des plantes et des animaux inférieurs. Dans les vallées des bois humides de Madère et de Ténériffe, les Mousses et les Hépatiques prospèrent on ne peut mieux en compagnie des Lycopodiacées et des Fougères; les rhizomes du Davalha canariensis, fougère d'une grande élégance, grimpent en serpentant le long des tiges de vieilles Laurinées, comme chez nous une autre Fougère, le Polypodium commune, aime à se nicher dans la tête des Saules pourris où l'on trouve d'ailleurs avec elle une flore souvent fort nombreuse.
Les bois morts sont exposés à deux modes de décomposition : la putréfaction humide (Rothfaule), et la putréfaction sèche (Wesssfaule), quiletransforme en une masse blanche et friable. La décomposition humide est probablement un état plus avancé dela putréfaction du cœur (Kernfaüle), c'est-à-dire de la mort et de la décomposition qui procèdent de l'intérieur dans les vieux arbres, tandis que la putréfaction sèche se manifeste plus ordinairement à l'extérieur, à la suite des blessures par exemple. Les produits qui résultent de cette décompotion sont un peu différents de ceux de la première, parsuite de l'influence de l'air et de la lumière. Cette décomposition est, comme presque tous les phénomènes analogues, accompagnée de Champienons; Ceux-ci provoquent même des fissures dans les endroits qui présentent le moins de résistance, comme les rayons médullaires et la limite des anneaux annuels. Le bois de Marronnier, quand il est’ pourri, a perdu presque toute sa matière ligneuse, et ce qui reste se colore en bleu sous l'influence de l'iode et de l'acide sulfurique, comme tous les tissus cellulaires. La plupart des Champignons qui attaquent les bois ne fructifient pas et sont, par conséquent, d'une détermination fort incertaine.
Une bonne administration forestière doit accorder une égale atten-
tion à tous les phénomènes qui touchent à la vie des arbres et étudier chaque espèce en particulier : elle doit les entourer des conditions extérieures les plus favorables, faire choix d'un bon terrain, dans une station convenable par rapport à l'altitude, au climat, à l'humidité, etc.; elle doit, en outre, ne pas négliger la question de l'aménagement. L'étude des arbres est le point principal de l’art forestier, car, pour bien cultiver un bois, 1l est indispensable de connaître à fond la vie de toutes les espèces qui le composent.
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La forêt et sa vie.
Toutes les plantes sociales donnent, lorsqu'elles occupent une certaine étendue de territoire, une physionomie particulière au paysage. La répartition et la dissémination des végétaux dépendent d’ailleurs, comme nous l'avons vu dans le chapitre précédent, jusqu’à un certain point, du sol, de la station, en un mot de cet ensemble de conditions extérieures qui constituent le climat. Ce sont ces caractères qui im— priment à chaque contrée ses traits principaux, que le tapis végétal vient seulement colorer. Un pays plat et étendu produit une toute autre Impression qu'un territoire montagneux, entrecoupé de vallées étroites ; l'un permet à l'œil d'errer sur un immense horizon dont aucun accident n1 aucune limite ne viennent interrompre l’uniformité, tandis que, dans les pays montagneux, le regard se porte de la montagne dans la vallée et du ruisseau sur la colline, s’il n’est pas emprisonné dans une gorge étroite par les flancs escarpés des rochers.
De même que les plaines sont monotones en elles-mêmes, elles sont de même couvertes d’une végétation très-peu variée. On trouve, en général, chez nous, dans le voisinage des fleuves, des prairies naturelles, des terres cultivées, des champs de blé, des terrains humides et marécageux, des landes ou des sables arides. Des Saules et des Aunes s'élèvent sur les terres humides ; de hauts Peupliers bordent les chaussées ; dans ces vastes espaces stériles, couverts de bruyères, que l’on nomme des landes, c'est une agréable surprise de rencontrer de temps en temps de petits bois de Bouleaux et de Pins qui produisent un heureux changement. Partout dans la vallée, on reconnaît l'empreinte de la main de l'homme : les Peupliers des routes, les Saules
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