CHAPITRE I
Lorellc élevée, nous l'avons vu, par Lebas, de l'abattoir de Saumur et des dessins pour servir à la décoration des chapelles de Notre-Dame de Paris.
L'église de Bercy fut l'œuvre, en 1823, de André-Marie Châtillon, né le 7 décembre 1782, à Paris où il est mort le 11 septembre 1850. Elève de Percier et grand prix d'architecture en 1809, après avoir obtenu déjà deux seconds prix en 1803 et 1801, Châtillon n'est guère connu que par la conslruction de cet édifice el la restauration de l'église Saint-Maurice à Lille (1827-1828). Nous ne parlerons pas, et pour cause, du marché des Patriarches qu'il construisit en 1830, ce qui n'empêcha pas Châtillon d'être arcbilecle-voycr de la ville de Paris, architectedu palais de laLégion d'honneur et l'un des fondateurs, en 1845, avec Garnaud, de la Société centrale des architectes. Il eut du reste, comme architecte de l'église de Bercy, un collaborateur qui eut moins de notoriété encore (pie son maître, Jean-Baptiste- Auguste Bastière, né à Bordeaux en 1792, auteur d'un projet de palais de justice et de prisons pour la ville de Lille qui ne fut pas exécuté, et architecte de la majeure partie des maisons de la rue Bourg-l'Abbé.
C'est à la collaboration des architectes A.-J. Moutier et Alexandre-Jacques Malpièce qu'est due l'église paroissiale de Saint-Germain-en-Laye, édifice de 1824. Moutier, sur lequel nous ne possédons aucun renseignement biographique, avait commencé à élever, place Louvois, sur ses dessins, mais en collaboralion avec Malpièce, le monument destiné à remplacer l'ancien Opéra, après l'assassinat du duc de Berry, lorsque la Révolution de 1830 vint interrompre leurs travaux. Le monument projeté fut remplacé par la fontaine de Viseonti qu'on y voit aujourd'hui. A Cherbourg, Moutier construisit la maison d'arrêt et laissa une monographie ornée de dessins du palais Farnèse, monographie publiée en collaboration avec Quanlinel (de 1824 à 1827). Quant à Malpièce, né à Paris, le 27 février 1789, élève de Hurtault, il n'est connu, en dehors de la collaboration que nous venons d'indiquer, que par un projet de restauration du château de Villers-Colterets (1842) et une étude du château féodal de Coucy.
L'architecte de l'église paroissiale de Vincennes, construite de 1826 à 1830, fut également chargé, en 1 840, conjointement
avec Godde, dont nous venons de donner la biographie, de la restauration de l'Hôtel de Ville de Paris; il s'appelait Cicéron- Jean-Baptiste Lesueur et était né à Clairefontaine (Seine-el- Oise), le 5 octobre 1794. Élève de Percier et de Famin, il avait remporté en 1816 le second grand prix et en 1819 le premier grand prix d'architecture; il publia en collaboration avec le peintre Alaux et avec Félix Callet deux ouvrages dans lesquels il résumait les éludes qu'il avait faites pendant son séjour on Italie, éludes qu'il n'eut guère {«occasion d'appliquer, sinon dans la construction de quelques maisons ou châteaux à Paris et en province ou dans celle du Conservatoire de musique de Genève commencé en 1854 par Félix Callet cl qu'il termina en 1857. De 1833 à 1850, il fut chargé avec Godde de l'agrandissement de l'Hôlel de Ville de Paris donl il dirigea seul les travaux de 1850 à 1S52; il les continua conjointement avec Victor Baltard de 1852 à 1854. Lesueur mourut à Paris, le 19 décembre 1883, chevalier de la Légion d'honneur, commissaire-voyer de la ville de Paris, professeur de lliéorie à l'Ecole des beaux-arts depuis 1852 el membre de l'Institut depuis 1 846.
Le premier temple Israélite delà capitale date également delà Restauration; c'est celui de la rue Nolre-Dame-de-Nazarelh qui fut élevé, de 1819 à 1820, par Sendrié el Jacob Silveyra, ce dernier né à Bordeaux en I 785. Les bâtiments d'exploitation des Messageries générales de l'époque sont également dus à la collaboration de ces deux architectes. Nous ne possédons aucun renseignement biographique sur Sendrié; quanta Silveyra, il acheva rhô tel de l'ambassade d'Angleterre (faubourg Saint-Honoré) et le château de Bagatelle au bois de Boulogne, construisit les écuries de lord Seymour, à Sablonville, etc., et mourut à une époque que nous ne pourrions indiquer. Dans les départements, à quelques lieues de Paris, à Dreux (Eure-et-Loir), Louise-Marie- Adélaïde de Bourbon-Penthièvre, mère de Louis-Philippe Ier, avail fait construire, avant sa mort arrivée en 1821, sur l'emplacement d'une collégiale de Saint-Etienne, la chapelle sépulcrale des princes d'Orléans. L'édilice se compose d'une rotonde d'un diamètre de 12m,50 surmontée d'une coupole percée d'une lanterne et précédée de quatre vestibules. Les tombeaux des membres de la famille d'Orléans sont dans une crypte construite au-dessous de la chapelle; architecte : Cramailler sur lequel