‹ Les architectes par leurs œuvres (volume 2)Chapitre 13 sur 276 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

de monument à élever aux victimes du siège de Lyon, avait élé chargé (de 1826 à 1832) de la restauration de la partie du Grand- Théâtre de Lyon faisant face au côlé est de l'Hôtel de Ville, conjointement avec Pollet, et celle du cloître gothique de Saint- Vincent à Chalon-sur-Saône. Décoré en 1862, professeur à l'École des beaux-arts de Lyon depuis 1823, Chenavard prit sa retraite en 1860, mais ne mourut qu'en 1874, laissant un grand nombre d'ouvrages parmi lesquels nous citerons ceux dont voici les titres : Sur le goût dans les arts (1831). — Lyon antique restaurée^ 850). — Relation d'un voyage dans le Levant fait en 1843 et\ 844 (1869), ainsi que plusieurs recueils décompositions architecturales. Le collaborateur de Chenavard au Grand-Théâtre de Lyon, Jean Pollet, était né dans celte ville, en 1796. Après avoir construit une chapelle à Campvert près Lyon en 1825, il restaura en 1830 l'église d'Àinay, édifia dans la primaliale Saint-Jean de Lyon les chapelles de la Vierge et du# Sacré-Cœur en 1834, et mourut le 28 juin 1839, léguant à la ville une magnifique collection de tableaux anciens. Un élève de Chenavard et de H. Labrouste, Antoine Couchaut, né à Genève de parents français, le 15 avril 1813, donna le dessin de la nouvelle façade de l'église Saint-Pierre, à Lyon. Cet architecte construisit aussi dans le département de la Loire l'église de Saint-Paul-en-Jarret et mourut à Lyon le 20 juin 1849, laissant un ouvrage ayant pour titre : Choix d églises byzantines en Grèce. Vers la même époque (1836), un architecte dont nous ne connaissons que le nom, Tréput, éleva l'église de Saint-Evremond dans le département de la Loire.

Plus à l'est, dans la Haute-Savoie, Prosper Dunant, né à Lalhuile en 1790, mort le 2 juillet 1878, élevait dans ce département les églises de Favages et de Taxinges et donnait le dessin des châsses, de saint François de Sales et de sainte Chantai qui existent dans l'église actuelle delà Visitation.

A Marseille, Pascal-Xavier Coste, élève de Penchaud et de Labadie, né dans cette ville le 28 novembre 1787, fut, à sa sortie de l'École, nommé architecte deMehemet-Ali, vice-roi d'Egypte, pour lequel il reconstruisit la forteresse d'Aboukir et traça le plan du canal d'El Mahmoudiéh. De retour en France, Coste s'associa à Vincent Barrai pour la construction de l'église paroissiale de Saint-Lazare (1833-1837). Nous ne connaissons pas d'autres œuvres importantes de Barrai, qui était né le 8 mai 1800

et mourut à Marseille le 9 mars 1854, architecte diocésain du déparlement des Bouches-du-Rhône. Quant à Coste, il eul le bonheur, après de nombreuses vicissitudes, de voir adopté par la chambre de commerce de Marseille le projel de construction de la Bourse dont celte ville est dolée depuis 18o2. Attaché avec M. Flandin à l'ambassade de France en Perse, membre correspondant de l'Institut depuis 1854 et officier de la Légion d'honneur, Coste mourut à Marseille le 4 février 1879.

C'est à un ingénieur devenu architecte dans les dernières années de sa vie qu'Albi doit la prison, le grand séminaire, L'aménagement de la nouvelle préfecture sur les Lices et la grande voie qui fait communiquer la préfecture avec la cathédrale. Mariés. Jean-François, dit du Vergniet, était né en 1 758 à Albi, ville pour laquelle il conserva toujours un profond attachement et où il mourut en 1851, chevalier de la Légion d'honneur. Nous avons dit qu'il fut d'abord ingénieur. Fn cette qualité il construisit le pont sur la Sésia, qui appartenait alors à la France, et commença de nombreuses améliorations dans le Cantal, dont il fut nommé ingénieur en INI 2 ou 1813. Mais ce qui mérite à Mariés une place dans notre ouvrage, plus justement encore, à notre avis, que les travaux divers ci-dessus mentionnés, c'est la conduite courageuse qu'il tint à une époque où rattachement aux souvenirs du passé était suspect et pouvait envoyer un citoyen à l'échafaud : c'est, en effet, à lui qu'on doit la conservation de Sainte-Cécile d'Albi, vendue comme bien national et dont la destruction était déjà arrêtée.

Nous ne pouvons résister au désir de citer la lettre qu'il écrivit à Roland, alors ministre de l'intérieur, le 5 novembre 1792, lettre qui sauva ce remarquable édifice de la destruction : « Monsieur le ministre, je m'empresse de vous avertir que la hache de la destruction est prèle à frapper la belle cathédrale d'Albi, qui est un des plus magniliques monuments que la piété des hommes ait élevés dans le moyen Age à la gloire de l'Être

Suprême.

« Déjà les funestes formalités sont remplies pour les démolir et pour livrer ces précieux débris au plus offrant.

« Je les mets, Monsieur le ministre, ainsi que l'édifice imposant qui les renferme, sous votre protection tulélaire, puisque vous avez eu la générosité de joindre au titre de

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