CHAPITRE. XII
faits alors par Baltard aux bâtiments annexes de l'Hôtel de Ville et architecte des nouvelles barrières, sous la direction de M. Jay, il fut nommé, en 1860, inspecteur de première classe. C'est en 1865 que M. Aldrophe a commencé la construction du Temple consistorial israélite de la rue de la Victoire dont le style semble inspiré par l'architecture romano-byzantine des édifices du moyen âge dans les pays rhénans. L'édifice a été inauguré en 1874, et M. Aldrophe a également construit, dans le même style, la synagogue de Versailles inaugurée le 22 septembre 1886; enfin il a attaché son nom à la chapelle sépulcrale d'Adolphe ïhiers au cimetière de l'Est (1887). Il est officier delà Légion d'honneur et membre de plusieurs ordres étrangers.
La synagogue de la rue des Tournelles, inaugurée le 15 septembre 1875, ressemble assez à celle de la rue de la Victoire. La façade principale en est à deux étages de pilastres, percés de fenêtres et surmontés d'un fronton demi-circulaire avec rosace au centre. Elle a pour architecle M. Marcellin Emmanuel Varcollier, né à Paris le 10 février 1849, élève de Baltard auteur aussi de la nouvelle mairie de Montmartre qui vient d'être inaugurée.
Pour terminer ce que nous avions à faire connaître des édifices religieux élevés à Paris pendant la seconde période du xixc siècle, disons que l'architecte Pierre Louis Armand Etienne Pollet, né à Paris le 16 novembre 1831, a installé dans un local précédemment occupé par l'institution Hiolle, boulevard Saint-Michel, une mosquée à l'usage des élèves de l'école égyptienne dont le plan et la décoration ont été relevés dans un des numéros de la « Revue de l'Architecture » (année 1876).
Fidèles à notre programme, si nous rappelons ici les noms de Pierre Manguin, né le 12 février 1815, mort en 1870, élève de Lebas et de l'École des beaux-arts, c'est parce qu'il a organisé les cérémonies ordonnées en mémoire des victimes de Juin 1848, et qu'attaché à la commission des monuments historiques il a exécuté la restauration de l'église de la Ferté-Bernard (Sarthe) et de la crypte de l'église Saint-Laurent à Grenoble. Nous en dirons autant de M . Nicolas Crépinet, né à Paris le 1 6 octobre 1827. Pos sesseur d'une clientèle de choix pour laquelle il a élevé à Madrid l'hôtel du Crédit espagnol (1858) et l'hôtel des Roches-Noires à Trouville, il avait été attaché aux travaux dutombeau de Napo-
léon en 1859 et a élevé aux Invalides le tombeau du roi Joseph.
A mentionner seulement M. Varé, architecte paysagiste, parce qu'il fut le collaborateur d'Alphand, lorsque celui-ci fut chargé de dessiner le bois de Boulogne ainsi que nos autres promenades publiques, et encore Antoine Marneux, élève de l'École des beaux-arts en 1816, mort à Beauvais en 1845, auquel on doit l'ornementation de la Madeleine, de Saint-Vincentde-Paul, des monuments de Juillet, à Paris et de Boulogne-sur- Mer, de l'Arc de Triomphe de Marseille, puis parce qu'il fut l'auteur du grand escalier (ancien) de l'Hôtel de Ville et de quelques parties de cet édifice.
Imaginez quelques baraques en bois occupées par quelques exposants (101) et rangées autour d'un Temple (?) à l'Industrie dans un coin du Champ-de-Mars, tel fut l'aspect de la première Exposition nationale française, ouverte en 1798. En 1801 et en 1802, sous le ministère de Chaptal, des portiques (en bois toujours) furent installés dans la cour du Louvre. L'idée avait fait peu de chemin, mais on commençait cependant à en discuter la valeur, et en 1 800, le gouvernement organisa, sur l'esplanade des Invalides, une quatrième exposition industrielle, qui comprenait 124 baraques en bois. Malheureusement les guerres de l'Empire et les désastres qui vinrent clore la période impériale, ne permirent pas de constater quels avaient pu être les progrès de notre industrie depuis 1806, et c'est en 1819 seulement, que fut reprise cette idée d'une exposition simultanée de tous les produits industriels de la France. Les expositions de 1819 et de 1823 s'ouvrirent dans les salles du Louvre ; puis, quatre ans après, c'est dans la cour même du Louvre que les industriels groupèrent les œuvres dues à leur travail, tandis qu'une exposition des œuvres de peinture et de sculpture des artistes de l'époque avait lieu dans les salles du premier étage. Le résultat obtenu, relativement satisfaisant, engagea le gouvernement à favoriser ces sortes d'exhibitions qui demeurèrent d'ailleurs nationales et, en 1834, les étrangers purent contempler pendant quelques semaines l'Exposition sous la forme de quatre baraquements élevés sur un soubassement en maçonnerie, aux quatre angles de la place de la Concorde. En 1839, c'est-à-dire cinq ans après, nouvelle exposition dans le grand