‹ Les architectes par leurs œuvres (volume 2)Chapitre 177 sur 276 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

carré des Champs-Elysées, puis cinq ans après, en 1844 et enfin en 1849, on consacra presque un million à cette manifestation de l'art et de l'industrie français.

Nous avons dans notre deuxième chapitre mentionné le nom de J. B. de Joly comme élant celui de l'architecte des expositions de 1823 et de 1826; l'architecte qui fut chargé d'installer les quatre dernières s'appelait Moreau, ainsi que nous l'avons indiqué également. Enfin, l'édifice élevé par les architectes Viel et Cendrier dans le carré Marigny, aux Champs-Elysées, à l'occasion de l'exposilion de 1855, fut un véritable palais, destiné aux expositions annuelles des œuvres d'art... et d'une foule d'aulres.

Jean Marie Victor Viel était né à Paris le 31 décembre 1796 et était élève de Vaudoyer et de Lebas ; il est mort le 7 mai 1863, sans laisser d'autre ouvrage connu. Quant à Cendrier, nous avons donné sa biographie, en faisant connaître les principaux architectes lyonnais. Mais dans l'intervalle qui s'était écoulé entre l'année 1849 et l'année 1855, l'Angleterre avait mis à exécution une idée éclose, dit-on, dans un cerveau français, celle de faire appel non plus seulement à ses propres industriels, mais aux industriels du monde entier, afin de réunir les produits les plus divers dans un même local, de les comparer entre eux et de faire profiter l'industrie nationale des améliorations de forme ou de fond conslalées par les membres des jurys.

C'est ainsi qu'en 1850, l'architecte de jardins Paxton, constructeur de plusieurs grandes serres en fer et en verre, proposa à l'Angleterre le « Palais de Cristal') . Nous avons dit, en faisant la biographie de cet architecte, que sa proposition avait été acceptée et que son œuvre, démontée pièce par pièce, se trouve aujourd'hui hors de Londres, à Sydenham, et a été transformée en musée d'art et d'histoire naturelle. Dans la conslruction du Palais de l'Industrie de 1855, les architectes n'ont pris de l'ingénieur anglais que les immenses berceaux vitrés pour couvrir leur hall central et les bas-côtés, le surplus de la construction est en moellons et en pierres de taille. Mais alors (pas plus que de nos jours, d'ailleurs), on ne s'est préoccupé des moyens propres à aérer et à tempérer la chaleur étouffante d'aussi vastes édifices.

Les Expositions de 1867 et de 1878 au Champ-de-Mars et au Trocadéro eurent lieu toutes les deux dans un palais de fer et de ni. 22

tôle, à l'exception toutefois de la galerie des beaux-arls dont les murs étaient en maçonnerie, essentiellement circulaire avec un jardin comme point central, jardin autour duquel rayonnaient toutes les galeries de l'Exposition, et il faut dire que l'effet perspectif de ces galeries l'emporlait de beaucoup, sous le rapport du pittoresque, sur l'effet des galeries en ligne droite. L'exécuteur de ce plan original était M. Kranlz, ingénieur en chef, qui voudra bien nous permettre de ne pas nous occuper de lui dans un ouvrage réservé aux seuls architectes. De l'Exposition de 1878 nous sont restés le palais du Trocadéro qui est l'œuvre commune, nous l'avons dit, de Davioud et de M. Bourdais, dont nous avons donné la biographie et le pavillon de la Ville de Paris démonté et réédifié dans les Champs-Elysées où on peut le voir aujourd'hui, dont l'architecte fut M. Joseph Antoine Bouvard, né à Saint-Jean-de-Bournay (Isère) le 19 février 1840, élève de Conslant-Dufeux et de l'École des beaux-arts.

M. Bouvard entra dans le service d'architecture de la ville en 1864 comme conducteur des travaux de l'église Saint-Laurent; successivement sous-inspecteur, inspecteur et architecte du service municipal, il fut chargé de la section de l'administration centrale en juin 1871. Il est aujourd'hui membre du conseil des bâtiments civils, inspecteur général du service d'architecture de la ville de Paris, depuis juillet 1802, officier d'académie, officier de la Légion d'honneur et grand officier de divers ordres étrangers. Architecte, nous venons de le dire, du pavillon de la Ville de Paris à l'Exposition de 1878, M. Bouvard, qui organisa l'exposition de la Ville à Vienne en 1873, fut celui du palais central à l'Exposition universelle de 1889. Ses principaux travaux à Paris sont des groupes scolaires, la caserne de la garde républicaine, rue Schomberg, le bâtiment des archives de la Seine, des slations pour les voitures d'ambulance, des refuges de nuit, des établissemenls municipaux de désinfeclion et la Bourse du travail. Il fut aussi chargé de l'achèvement de l'hôtel Carnavalet.

L'architecte du palais du Champ-de-Mars fut M. Léopold Amédée Hardy, né à Paris le 7 mars 1839, élève de l'École des beaux-arts, auteur de l'église souterraine de Lourdes. Membre de la Société centrale depuis 1871, M. Hardy est officier de la Légion d'honneur.

Page 1