‹ Les architectes par leurs œuvres (volume 2)Chapitre 20 sur 276 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Né à Paris le 26 mai 1785 el ayant échoué aux examens de l'École polytechnique, Jean-Marie-Dieudonné Biet, plus connu des architectes, ses confemporains, comme ayant collaboré à l'ouvrage publié, de 1836 à 1850, sous le litre : Choix cT édifices publics, etc., étudia l'architecture dans l'atelier de Percier ; en 1824, il éleva l'escalier monumental de la bibliothèque de l'Institut et, de 1832 à 1834, il accrut l'Observatoire d'un cabinet d'expériences, puis remonta pierre par pierre dans les Champs- Elysées un ancien pavillon de chasse de François Ier qui tombail en ruines à Moret près Fontainebleau; Biet , chevalier de la Légion d'honneur, inspecteur des bâtiments civils, mourut à Paris en 1856.

Louis-Nicolas-Marie Destouches, né à Paris le 8 mai 1788, élève de Peyre, Vaudoyer et Percier, obtint le grand prix d'architecture en 1814 et fut, à son retour en France, nommé successivement inspecteur de l'église Saint-Pierre du Gros-Caillou, puis architecte (1823) de l'École vétérinaire d'Alfort, du Muséum d'histoire naturelle et du Panthéon. Au concours ouvert en 1821) pour les embellissements de la place de la Concorde, Destouches n'obtint que la seconde place, quoique son projet ait été préféré par bon nombre de juges compétents; nommé cependant chevalier de la Légion d'honneur, il se contenta d'être l'architecte de nombreuses maisons à Paris, où il mourut en 1851.

Alphonse-Henri de Gisors, fils probablement de Jacques- Pierre de Gisors, breveté élève de Rome le 4 septembre 1779, mais sur lequel nous ne possédons pas de renseignements biographiques, naquit le 3 septembre 1796 à Paris. Élève de Percier et de Guy de Gisors son oncle, il remporta, en 1823, concurremment avec Grisart, le second grand prix. De ce moment jusqu'en 1840, il construisit ou acheva de construire, à Ajaccio, l'hôtel de la Préfecture, la clinique de la Faculté de Paris (1838) (œuvre de Gondouin en 1780), l'amphithéâtre de l'Observatoire (1840), l'École normale supérieure (1841-1 847); il fut chargé également des travaux d'agrandissement exécutés au ministère de l'instruction publique, à la Cour de cassation, etc. Nommé architecte du Luxembourg en 1834, en remplacement, nous venons de le dire, de Provost qui avait refusé de construire des additions dont le résultat devait être de dénaturer l'œuvre de De Brosse, il y éleva la salle provisoire des séances

judiciaires, puis la nouvelle salle des séances de la Chambre des pairs ; il modifia le dessin des parterres, et c'est à cette occasion qu'il déplaça et réédifia la fontaine Médicis, à laquelle il dut faire une façade nouvelle sur la rue de Médicis, attendu que celte fontaine était adossée, dans le principe, à l'hôtel du maréchal Marillac ; il restaura aussi le cloître et la chapelle, fit un nouvel escalier d'honneur, et fut l'organisateur du musée des artistes vivants, dit musée du Luxembourg. Gisors mourut à Paris le 17 août 1866, officier de la Légion d'honneur, membre de l'Institut depuis 1854, ainsi que du Conseil général des bâtiments civils.

Guy de Gisors, l'oncle de Alphonse-Henri, s'appelait Alexandre-Jean-Baptiste, était né à Paris le 20 septembre 1762, et avait été le compagnon d'études de Percier et de Fontaine, dans les ateliers de Sevestre et Chalgrin. Inspecteur delà salle du conseil des Cinq-Cents, au Palais-Bourbon, puis architecte du Palais législatif et des archives de la République, il se distingua dans le concours ouvert en 1807 pour la transformation de l'église de la Madeleine, et obtint la place de président du Conseil des bâtiments, dépendant du ministère de l'intérieur. Chargé, à ce titre, de la construction de l'église de Saint-Vincent, à Mâcon, de l'abattoir de Grenelle, terminé de 1811 à 1812 par Turmeaux et AI. Du Buis, il fut nommé membre du Comité consultatif des bâtiments de la Couronne, du jury d'architecture près l'Ecole des beaux-arts, et chevalier de la Légion d'honneur (6 mai 1821). Guy de Gisors est mort le 16 mai 1835, auteur de divers projets, parmi lesquels nous devons citer, à titre de document caractéristique du temps où il vivait, celui de l'érection d'une bibliothèque (1799), puis d'un opéra (1800), sur ce même emplacement de la Madeleine, et de Thermes (dits de Napoléon), sur la terre-plein du Pont-Neuf (1804).

La construction de la nouvelle salle des députés échut en 1833 à Jules-Jean-Baptiste de Joly, né à Montpellier le 24 novembre 1788, et mort dans la même ville le 3 février 1865.

Elève de Delespine, et second grand prix en 1808, de Joly avait déjà dirigé les travaux d'agrandissement, de réparation et d'installation des ministères de l'intérieur, des affaires étrangères, de l'instruction publique et des cultes. Il s'était également chargé de l'édification des salles ou plutôt « des abris honteux » destinés aux exposants de l'industrie, de 1823 à 1826. Décoré

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