CHAPITRE II
en 1826, puis nommé architecte en chef du Palais-Bourhon après 1833, il dut construire dans la cour de ce palais la salle provisoire des députés après la révolution de 1848 et réparer les bâtiments de la Manutention du quai de Billy, après l'incendie de 1855. De Joly a laissé un fils, architecte comme lui, Edmond- Jean-Baptiste-Théodore-René, né à Paris le 7 avril 1824. A sa sortie de l'École des beaux-arts, M. de Joly fut nommé architecte diocésain de Maine-et-Loire, puis architecte du Corps législatif. C'est lui qui fut chargé de l'installation de la salle du Congrès au palais de Versailles, pour recevoir les députés et les sénateurs réunis à l'effet de nommer un nouveau président de la République. Officier de la Légion d'honneur depuis 1872, il est demeuré architecte du Palais-Bourbon jusqu'au moment de sa mort, arrivée le 25 septembre dernier.
Le gouvernement delà Restauration, moins centralisateur que l'Empire, dut assurer les services des différents ministères qui avaient été l'objet d'une division nouvelle. Les travaux d'appropriation de la plupart d'entre eux, de 1817 à 1826, furent confiés à un élève de Percier, François-Hippolyte Destailleur, né à Paris le 22 mars 1787. Destailleur, qui avait voyagé en Italie, était déjà connu par différents travaux qu'il avait exécutés en province, tels que la construction de la petite église de Caulincourt, la restauration du château de ce nom, la construction des châteaux de Frémigny et de Dienville en Champagne. Le gouvernement eut aussi la pensée d'élever un nouvel Hôtel des postes à proximité du palais des Tuileries et choisit, à cet effet, un emplacement compris entre les rues de Rivoli, de Castiglione et du Mont-Thabor ; la construction en fut confiée, de 1826 à 1831, à Destailleur, mais l'édifice, une fois construit, fut affecté au ministère des finances (celui qui a été réduit en cendres en 1870). Créé chevalier de la Légion d'honneur à cette occasion, Deslailleur surveilla l'exécution de l'hôpital de Saini-Mandé, comme successeur d'un architecte dont le nom seul nous est connu, Percier (1), qui en avait donné le plan, puis en 1833, il fut nommé architecte de la Monnaie. En dehors des travaux que nous venons de mentionner, Destailleur fut l'architecte d'un nombre
(1) Nous n'avons rien trouvé, dans les biographies de Charles Percier, qui nous autorise à lui attribuer cet édifice.
considérable d'hôtels et de maisons, tant en France qu'à l'étranger, parmi lesquels nous nous contenterons de citer celui qui porte le numéro 55 delà Wilhelmstrass à Berlin, et l'hôtel du baron Delmas, avenue de Marigny à Paris. De 1845 à 1840, Deslailleur fut absorbé par l'édification du passage Jouiïroy, qu'il construisit avec la collaboration de Romain de Bourges, son gendre, et mourut à Paris le 15 février 1852.
A Ti mis, le grand séminaire et le inusée, édifiés de 1824 à 1825, sont l'œuvre de Bernard-Mathias Guérin, né à Paris vers 1790. Après avoir commencé la peinture chez David, il étudia l'architecture dans l'atelier de Percier et était inspecteur, vers 1814, des travaux de conslruclion du grand élablissement thermal de Bagnolles-les-Bains (Orne), ce qui ne l'empêcha pas de présenter, en collaboration avec Huvé, un projet de théâtre pour la ville de Tours, construit en 1825 el détruit depuis par un incendie; nommé architecte de la ville de Tours et de la cathédrale, il occupa cette situation jusqu'en 1837 et mourut le 30 juillet 1839, laissant (probablement) un fils, Charles-Etienne- Gustave, né à Bagnolles-les-Bains en 1814, élève de Huvé, architecte diocésain du département d'Indre-et-Loire et membre de la Commission des monuments historiques. Guérin fils a sans doute construit plusieurs maisons et hôtels particuliers, soit à Tours soit dans les environs, mais s'est surtout fait remarquer par l'élude qu'il a laissée d'un vitrail de la cathédrale de Tours représentant la légende de saint Fustachc.
Un des inspecteurs de Deslailleur, alors qu'il élevait les bâtiment- du ministère des finances, fui Paul-Marie Letarouilly, devenu architecte en chef du Collège de France (1831 à 1842), qui lui doit l'achèvement de- sa façade sur la place Cambrai, les pavillons qui bordent la rue Saint-Jacques el le portique ménagé pour communiquer d'une cour à l'autre. Mais cet. architecte, né à Coutances le 8 octobre 1795, élève aussi de Percier, et mort à Paris en octobre 1855, doit être déjà connu de nos lecteurs par le grand ouvrage auquel il consacra la plus grande partie de sa vie el à l'occasion duquel il fut décoré; cet ouvrage a pour titre : Édifices de Rome moderne, et comprend 3 volumes grand in-folio ornés de trois cent cinquante-cinq planches gravées, ainsi que le plan de Borne. La mort de Letarouilly l'empêcha de publier un autre ouvrage sur le Vatican, qu'il avait commencé.