CHAPITRE XIV
Élève d'Alvino à Rome, Antonio Cipolla, né à Naples en 1823, mourut à Rome en 1872. Ses travaux, outre un édifice à Frascati qui ne nous est pas désigné, consistent dans un projet de façade pour la cathédrale de Florence et dans l'exécution du véritable palais destiné à loger la Banque nationale italienne, qu'il acheva en 1865. A Rome, Cipolla a construit, en 1870, les écuries royales et, en 1871, dirigea la décoration des appartements royaux dans le Quirinal. On lui doit aussi la jolie chapelle de style renaissance de la place Saint-Silveslre.
M. Francesco Azzuri, ancien président de l'académie de Saint-Luc et président actuel de la Société des amis de l'architecture à Rome, est né dans celte ville en 1831 et fut d'abord élève, à l'université, des professeurs San Bartolo et Seveni, puis se perfectionna dans son art par plusieurs voyages en Europe. Jeune encore il se fit remarquer parla construction du Théâtre dramatique, œuvre classique, et dans celle du palais de la République de Saint-Marin, pour la construction duquel il adopta la forme ogivale. Cependant c'est dans l'édification des bâtiments hospitaliers que M. Azzuri a acquis la notoriété dont il jouit en Italie. Ceux qu'il a élevés à Rome sont des modèles du genre. Du reste, les maisons, les villas, les tombeaux dont il a été l'architecte portent fous la marque d'un talent développé par les plus sérieuses études.
Luigi Canina, le maître de Montiroli et de beaucoup d'autres architectes contemporains, fut plutôt un archéologue qu'un architecte. Il commença par consigner ses recherches sur les édifices de Rome dans un ouvrage ayant pour titre : Lîarchitettura antica, etc., accompagné d'un plan topographique très exact de la Ville éternelle. Le succès de cet ouvrage de Canina engagea le gouvernement romain à le charger (1840) des fouilles de l'ancien ïusculum, puis ensuite des « Voies », puis enfin (1 850) de celles du Forum : ces fouilles amenèrent la découverte du plan de la basilique Irsilia. Protégé par la reine de Sarclaigne, il fut nommé par elle professeur d'archilecture à l'Académie de Turin et put ainsi, sans souci du lendemain, publier les ouvrages que nous indiquons ci-après. Mais disons auparavant que Canina était né à Casale le 24 octobre 1795 et qu'il est mort à Florence le 17 avril 1855, chevalier de l'ordre de l'Éperon, membre de plusieurs académies et correspondant de l'Institut
de France. S'il n'a attaché son nom qu'à l'entrée de la villa Borghèse, il a signé un grand nombre d'ouvrages parmi lesquels nous citerons : Bicerche suif architettura più propria dei tempi cristiani, etc.; (1843); Gli edifizj di Borna antica (2 vol., 1854); Storia e topografia di Borna antica (2 vol., 1831); Descrizione delf antico Tusculo (1841); L? antica cilta di Veii (1847); Supplemento ed agguinte ail opéra del Desgodetz, etc. (2 vol., 1849- 1852); t Antica Etruria marittima (2 vol., 1847-1850); V Architettura dômes tica; La prima parte délia Via Appia; Délie basiliche cristiane, etc.
M. Pio Piacentini naquit à Rome le 15 septembre 1846, il fréquenta l'atelier de Vespignani dont on n'a pas oublié la biographie et eut l'honneur d'être l'architecte du palais destiné à l'exposition des beaux-arts, inauguré le 21 janvier 1883. Ce palais de style classique a attiré sur lui les regards de toute l'Italie et est, assurément, l'édifice le plus important de la Rome moderne. Du reste, M. Piacentini a vu classer parmi les premiers son projet pour le monument national de Victor-Emmanuel.
Après le palais de l'Exposition, nous devons citer le palais de justice de Rome, vaste ensemble de constructions qui n'est pas encore achevée, mais dont on peut juger, dès maintenant, la grande valeur architecturale. L'auteur de cet édifice est M. Guglielmo Calderini, né à Pérouse où il fit ses premières études et où il édifia une grande maison ouvrière avec des bains publics. 11 avait pris part à presque tous les concours ouverts en Ilalie lorsqu'en 1887, il vit classé le premier son projet pour la construction du palais de justice.
Nous ne parlerons que pour mémoire du ministère de la guerre de M. le colonel du génie Garavaglio, auquel a succédé un autre colonel, M. de la Penna, ainsi que du ministère des finances, œuvre de l'ingénieur Canevari, qui n'ont que de fort lointains rapports avec l'architecture.
En faisant l'historique de la façade de la cathédrale de Milan (vol. II, page 234), nous avons donné les noms de Pollak (écrit par erreur Pollaer) et d'Amati comme étant ceux des successeurs de Pellegrino Tibaldi et de Francesco Costelli.
C'est, en effet, un Viennois, élève de l'architecte italien Piermarini, qui, de 1790 à 1805, continue les travaux commencés à la cathédrale de Milan. Léopold Pollak avait acquis une cer-