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CHAPITRE XIV

maîlre ; c'est donc dans cette ville que la lutte contre le classique dut être plus violente que partout ailleurs, et nous devons dire que la victoire resta aux classiques, aidés d'ailleurs par les architectes français que Murât, devenu roi par la volonté de Napoléon Ier, y avait appelés.

Tel fut Mazois dont nous complétons ici la biographie (V. page 63). Né le 12 octobre 1783 et élève de Percier, il se trouvait à Rome en compagnie de son ami Achille Leclerc qui venait d'obtenir le grand prix d'architecture, lorsqu'il fut appelé à Naples par Murât qui avait décidé la restauration du palais royal de Portici. De 1809 à 1811, Mazois releva les ruines de Pompéi alors découvertes et celles de Paestum, et recueillit alors tous les documents destinés à l'ouvrage qu'il publia en partie en 1813 (1). Puis, en 1815, il restaura, à Rome, l'église de la Trinilé-du-Mont. Auteur également de l'ouvrage intitulé : le Palais de Scaurus 1 vol. in-8°, Paris, 1822, et Mémoire sur les embellissements de Paris depuis 1800 et chevalier de la Légion d'honneur, membre de l'Institut et du Conseil des bâtiments civils, il est mort à Paris le 31 décembre 1826, avant d'avoir terminé une étude sur les Ruines de Psestum et de Pouzzoles, qui devait faire suite aux Ruines de Pompéi et d'Herculanum.

Tel fut aussi Étienne Chérubin Lecomte, né en 1766, qui vint à Naples, ses études architecturales terminées, et y décora le Palais-Royal pendant qu'il élevait le ministère des finances. Il eut pour successeurs de ses travaux les frères Galli, dit son biographe.

Louis Gasse, élève de Labarre, fît un séjour à Naples de 1809 à 1815, avec son frère Etienne et, avec sa collaboration, construisit la Bourse, les palais des ministères et y traça la promenade de Villa-Reale. Ce dernier, sur la biographie duquel nous ne possédons aucun renseignement, outre sa collaboration avec Louis, construisit l'observatoire de Capo di Monte.

Quoique les œuvres d'un caractère public d'Henry Alvino soient, peu considérables, nous n'en devons pas moins inscrire son nom au même titre que ceux qui précèdent, son enseigne-

(1) Le surplus n'a paru qu'après la mort de l'auteur, par les soins de l'architecte Gau.

ment au collège militaire de Naples, puis à l'institut des beauxarls de cette ville, ayant exercé une grande influence sur la jeune école des architectes de toute la région méridionale de l'Italie. Ses travaux furent à Naples le quartier de la cavalerie, et le palais Benucci, à Castellamare. Lors du concours ouvert pour la construction de la façade de Sainte-Marie-des-Fleurs de Florence, le projet présenté par lui fut fort remarqué, mais il fut néanmoins rejeté parce que l'auteur ne s'était pas suffisamment plié aux exigences du programme. M. Alvino ne se tint pas pour battu et se moqua du jury dans une brochure intitulée Gli Orbi (les aveugles), titre d'ailleurs suffisant, pour expliquer le ton du libelle. A signaler également l'éloge qu'il fit en 1875 de son collègue Cipolla. Membre honoraire des académies de Milan, de Florence, de Bologne, d'Urbino, de Pérouse et de l'académie des sciences et belles-lettres de Naples, il mourut à Home le 7 juin 1876, mais ses dépouilles mortelles ont été transportées à Naples, sa patrie d'adoption.

Le théâlre Sainl-Charles de Naples ayant été incendié en 1816, la reconstruction de l'édifice fut confiée à un architecte toscan venu à Naples pour y exercer sa profession; Antonio Niccolini, c'était son nom, termina le travail le 12 janvier 1817. Il fut également l'architecte de la villa Floridiana et du châleau de la villa Regina Isahella (1809). Auteur d'un ouvrage ayant pour titre Alcune idée sulla risonanza del treatro Najioli, membre de l'académie de Naples en 1822 et de l'académie de Vienne en 1836, Niccolini est mort à une date que nous ne pouvons préciser. Dupays cite encore (1) le chevalier Bianchi comme ayant commencé à Naples, en 1816, l'église Sainl-François-de-Paul, remarquable par son vestibule composé de douze colonnes ioniques et flanqué de deux portiques soutenus par quarante quatre colonnes d'ordre dorique.

A l'autre extrémité de l'Italie, Venise semble un peu abandonnée; peut-être les documents nous ont-ils manqué, loujours est-il que nous n'avons relevé qu'un seul nom d'architecte susceptible d'être présenté à nos lecteurs. Giovanni Meduna était né à Venise en 1810. II apprit l'architecture en fréquentant les ateliers des entrepreneurs de travaux publics de son

(1) Itinéraire en Italie, page 571.

d'après une photographie de Truchelu

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