‹ Les architectes par leurs œuvres (volume 2)Chapitre 22 sur 276 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

D'abord employé des postes et télégraphes, Louis Moreau avait été nommé architecte d'arrondissement et avait dans ses attributions l'entretien delà Chambre des députés, du ministère de l'intérieur et du commerce, de l'Esplanade des Invalides. C'est sans doute en cette qualité qu'il fît construire les baraquements disposés pour recevoir les produits envoyés à notre Exposition nationale sur la place de la Concorde en 1834 et en 1848. Moreau disparut en 1860 après avoir construit dans les Champs-Elysées l'hôtel de Mmc Le Hon, bien remanié depuis.

Ce sont seulement des restaurations que nous pouvons mettre au compte de Julien-François Clément, né en 1768 à Paris, où il mourut le 14 mars 1835 : restauration avec Le Père de la salle Louvois, rue Richelieu, en 1801, de la Comédie-Française, en 1813, enfin, de la maison de la Légion d'honneur de Saint- Denis dont il exécuta la chapelle et le grand dortoir. Nous en dirons autant de l'élève de Percier et Fontaine, Jules-Frédéric Bouchet, qui, pourtant, avait obtenu le second grand prix en 1822. En effet, Bouchet, né en 1799 à Paris où il est mort le 16 janvier 1860, après trois années d'études en Italie, dut se résigner toute sa vie au rôle d'inspecteur : inspecteur des travaux de la Bibliothèque royale en 1829, des bâtiments de la Cour de cassation en 1834, du tombeau de Napoléoi>de 1842 à 1853. Comme dessinateur et graveur, il exposa des dessins qui lui valurent une médaille d'or et, comme chef des travaux graphiques à l'Ecole centrale, il a composé pour ses élèves deux traités élémentaires, l'un de dessin linéaire, l'autre de perspective.

Plus heureux que les précédents , un architecte bordelais, Jacques Lacornée, né le 19 avril 1779 (1), et élève de Bonnard dont il était l'inspecteur, devint , à la mort de son maître, architecte en chef de ce ministère des finances devenu le palais du conseil d'Etat et de la Cour des comptes, qu'il eut le bonheur d'achever en 1838. En 1845, Lacornée commençait la construction des bâtiments destinés à remplacer l'ancien hôtel Berlin, 20, rue Neuve-des-Capucines, où était installé provisoirement le ministère des affaires étrangères. L'emplacement choisi était l'angle du quai d'Orsay et de l'Esplanade des Invalides, mais l'importance des travaux ne permit pas à Lacornée

(1) Le 22 septembre H82, suivant certains biographes.

de voir son œuvre achevée; du resle, inspecteur général des établissements appartenant à la régie des contributions indirectes, Lacornée a exécuté des travaux dans presque tous ces établissements : à Lille, au Havre, à Bordeaux, à Toulouse, à Lyon et à Strasbourg. Second grand prix en 1810, officier de la Légion d'honneur en 1854, Lacornée est mort à Paris deux ans après, en 1856.

Une ordonnance royale du 22 mai 1812 avait affecté l'ancien hôtel Fleury, rue des Saints-Pères, œuvre d'Antoine, ainsi que nous l'avons dit, à l'École des ponts et chaussées; mais l'importance des services de cet établissement nécessita la construction d'annexés considérables et d'une nouvelle façade de l'école sur la rue de l'Université, Ce fut Pierre-Joseph Garrez, né à Paris le 2\ février 1802, grand prix d'architecture en 1830, qui fut chargé des travaux, dont l'exécution (achevée en 1840) donna satisfaction aux besoins de cet enseignement supérieur. On doit aussi la restauration des églises de Moret et de Donnemarie à Garrez, qui mourut en novembre 1852.

C'est un architecte rouennais, Auguste Lejeune, élève de Lebas et Debrel, qui commença à Paris, en 1850, sous l'inspiration du président Genepvois, l'hôtel des commissaircs-priseurs, rue Drouol, terminé par Levasseur après la mort de cet architecte arrivée en 1852, mais auquel M. Paliart a fait postérieurement de nombreuses additions. Lejeune, architecte aussi, pour l'entretien, de la cathédrale de Montpellier, était surtout connu des Houcnnais pour avoir donné le plan du nouveau Jardin des plantes de Iiouen et des constructions qui y furent élevées.

Pendant la première partie du siècle, Paris s'enrichit de théâtres : celui des Nouveautés, devenu le Vaudeville de la place de la Bourse, celui de l'Ambigu-Comique, celui du Gymnase, celui de l'Opéra. Les communes suburbaines, ainsi que quelques grandes villes qui n'en avaient pas encore, sont dotées également de théâtres. Nous allons faire successivement connaître au lecteur les architectes de ces divers établissements; mais nous leur signalerons auparavant un élève de Ledoux, qui appartient plutôt par ses travaux au siècle passé. 11 s'appelait Jean-Nicolas Sobre, et est connu comme l'architecte du théâtre des Jeunes Artistes (détruit depuis longtemps!, ainsi que de la « maison Batave » de la rue Saint-Denis qu'il avait construite en collaboration

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