CHAPITRE XIV
italiennes aux Autrichiens en 1854 et en 1866. Ingénieur attaché à l'administration des chemins de fer d'Italie, M. Franco fut aussi professeur d'architecture à l'école des beaux-arts de Venise et a fait partie de plusieurs commissions artistiques instituées par le gouvernement italien.
Elève de l'université de Padoue et de l'académie des beauxarts de Venise où il fut nommé professeur adjoint d'architecture en 1856, puis, en 1860, professeur d'architecture à l'académie des beaux-arts de Milan, M. Camillo Boito est né à Rome le 30 septembre 1836. Ses principaux travaux sont : les écoles élémentaires et les musées de Padoue construits dans un style du moyen âge assez personnel, le cimetière de Gallarate et les écoles élémentaires de Milan, ainsi que plusieurs conslructions parliculières ; mais M. Boito est surtout un crilique d'art remarquable et s'est fait, comme tel, une situation considérable en Italie.
Caregaro Antonio Négrin, né à Vicence en 1821, est l'un des architectes italiens dont la carrière a rencontré les plus nombreuses occasions de se produire. Si chacune de ses œuvres n'a pas une importance considérable, leur réunion forme un bagage que peu d'architectes contemporains pourraient présenter ; nous n'en citerons, pour celte raison, que quelques-unesdanslaVénélie, à Vicence, à Padoue, etc. A Vicence, il fut l'architecte de la « nou^ velleSchio », le quartier ouvrier de cette ville; à San Orso, l'église, la villa, les jardins; à Longa, l'église paroissiale; à Padoue, le jardin public; à Sainte-Sophie et à Saint-Boniface, la mairie et les écoles; à Rive de ïrento, le théâtre; à Voghera, l'école élémen= taire des garçons sont de lui; il éleva tous les bâtiments de la place d'Arzignano (Vénétie) et ceux de l'établissement de bains de Recoaro près de Vicence, etc. M. Négrin s'est fait en Italie une réputation comme architecte paysagiste.
Annibal Forcellini naquit en 1827 à ïrévise, où il exerça la profession d'ingénieur du génie civil depuis 1855; en 1856 il se fixa à Venise, mais ce ne fut qu'en 1873 qu'il passa à la direction des bâtiments de la ville. Al'architecte ingénieur on doit larestauration du palais ducal de Venise. Son nom est lié aussi à l'établissement du cimetière de cette ville qui abandonna son projet adopté pendant la construction, et à celui de l'hôpital des fous dans l'île de Saint-Clément dans lequel Forcellini n'eut que le
rôle d'un collaborateur. Il mourut à Trévise le 27 août 1891.
Giovanni Selva professa l'architecture à l'académie de Venise après avoir fait ses études à Rome; devenu surintendant des bâtiments et jardins publics, il construisit , vers 1820, l'église de Possagno, village dans les environs de Venise. Cet édifice, dont les plans furent, suivant quelques auteurs, donnés par le sculpteur Canova dont les restes sont inhumés en cet endroit, est orné d'un porlique percé de trois entrées. Une monographie en a été publiée sous le titre : Du temple d'Antoine Canova et de la ville de Possagno.
Ajoutons à ce qui vient d'être dit que Cusi, architecte italien et classique, a construit à Côme le nouveau théâtre précédé d'un portique hexaslyle corinthien et quePietro Pestagalli, architecte milanais, a élevé à Novare, en 1833, l'école des arts et métiers fondée par la comtesse Bellini. 11 était du reste déjà connu par la construction du toit, en marbre blanc, delà cathédrale de Novare, il décora en 1817 la chapelle souterraine de Borommeo et érigea dans cette ville le maître autel de l'église San Fedele, il restaura aussi dans l'église San Marco la chapelle délia Madonna.
Architecte de la ville d'Ivrée, à la sortie de la vallée d'Aoste, Carlo Ponzio Vaglia éleva l'hôpital de la ville et mourut en 1832; nous ne connaissons pas autrement cet architecte. Nous sommes plus heureux avec Arborio Edoardo Mella, né à Verceil en 1808, fils du comte Emmanuel qui était ingénieur. Ses études scolaires achevées en 1827, Mella apprit l'architecture sans maître, et cependant ce fut àlui que l'on confia la restauration du « dôme » de Casale, puis celle des églises d'Acqui et de Vinlimille, des collégiales d'Alba, de Saluées, de Chieri, des églises de Saint-François à Verceil, de Mirabello, de Monlicelli d'Ongina, de San Ilario à Casale-Monferralo, d'Arcisale, de Rossignano, de Ville-Neuve d'Asti, de Fubine di Govone, la construction des églises de ïorgoron et de Gresson de Maranzana, de S. Zita, du Sacré-Cœur et de Saint-Jean-Évangélisle,à Turin, etc. En Norvège, à Berghen,on nous signale aussi une église construite sur les plans de Mella. Passionné pour l'architecture du moyen âge, Mella publia, en 1857, un ouvrage sur celte architecture. Créateur dans son pays natal d'une école de beaux-arts et membre de plusieurs académies, il est mort à Verceil le 18 janvier 1884.
GHAPIT RE XIV.
La ville de Turin, abandonnée aujourd'hui pour Rome par les princes de la maison de Savoie dont elle fut le berceau, s'efforça de se maintenir à la hauteur de son rôle de capitale jusqu'au jour de l'annexion de Rome au nouveau royaume d'Italie.
Nous aurons cependant à citer peu d'édifices religieux de ce siècle; après avoir rappelé que Ferdinand Bonsignori éleva, de 1797 à 1818, l'église de Gran Madré de Dio, nous aurons à citer la chapelle de Saint-Joachim, dans l'église de la Santissima Annunziata, qui eut pour architecte Carlo Rondoni, architecte du roi de Sardaigne en 1819, restaurateur du château royal de Montcalieri et du château de Rivoli, auteur de divers opuscules sur l'architecture.
M. Carlo Ceppi, originaire de Turin, nous appartient comme architecte de l'église Saint-Jean de Turin et de Notre-Dame de la Neuja à la Spezzia. Possesseur d'une clientèle particulière choisie, il a en Italie la réputation d'un véritable artiste. Restaurateur du campanile de l'église Santa Croce à Turin, du palais de Carignan à Racconigi et du théâtre de cette ville, Giovanni Battisto Borra fut surtout un architecte d'hôtels et de villas. On lui doit les dessins qui accompagnaient l'ouvrage publié en Angleterre, à la fin du dernier siècle, sur les Ruines de Palmyre et de Bolbec. Ce fut Giuseppe Talucci qui mil la dernière main à l'église Saint-Philippe de Néri de Turin et donna le dessin du portail latéral sur la rue de l'Académie (1836). Professeur à l'université de Turin, Talucci est l'architecte du Palais de l'université qu'il éleva en 1823, ainsi que d'un hôpital d'incurables fondé par le prêtre Barrucci. Nous ignorons d'ailleurs la date de sa naissance et s'il est encore vivant.
Parmi les édifices civils datant de notre siècle, Turin compte un théâtre assez élégant et qui peut contenir 1600 spectateurs, le théâtre Scribe, destiné (autrefois) à la représentation de pièces françaises : architecte, en 1859, M. Giuseppe Bollati dont le nom seul nous est connu. La Mole Antonelliana, commencée en 1863 pour être synagogue, a été consacrée, comme souvenir national, à Victor-Emmanuel. L'édifice couronné d'une coupole d'aspect étrange, d'une hauteur de 165 mètres, est l'œuvre d'Alessandro Antonelli, né en 1798 et mort en 1888, auquel on doit aussi la coupole de San Gaudenzio de Novara, sœur, par la forme, de la « Mole Antonelliana », mais moins
élevée, puisque l'édifice n'atteint que 121 mètres de hauteur.
Mentionnons enfin le palais provisoire qui reçut à Turin les membres du premier Parlement italien et dont les architectes furent MM. Amedeo Peyron et Paolo Camotto, sur lesquels les renseignements biographiques nous manquent absolument.
En Sicile, c'est un élève de David Leroy, le Français Dufourny, né h Paris le 5 mars 1754, qui commence le siècle, comme architecte. Parti pour l'Italie en 1782, il y resta treize années, dont trois en Sicile. Palerme lui doit son école de botanique et son observatoire ; il y donna aussi les dessins de la pépinière établie dans le domaine royal « délia Morgana ». Membre de l'Institut de France dès le premier temps de sa créai ion, il succéda à David Leroy comme professeur à l'école royale d'architecture et publia le « Rapport sur les beaux-arts » présenté à l'empereur par la quatrième classe de l'Institut. Dufourny est mort en 1818, laissant de nombreux dessins et une quantité considérable de fragments d'architecture antique qui figurent aujourd'hui dans les collections de noire Ecole des beauxarts.
Mario Musemucci était né à Catane en 1778 et mourut en 1852. En 1820, il fut nommé ingénieur des ponts et chaussées de la province de Catane, en 1829, professeur d'architecture civile à l'Université, et, en 1830, membre de la commission des antiquités et beaux-arts de cette ville. Il fut enfin choisi, en 1845, pour représenter la Sicile au congrès des savants italiens rassemblés à Naples. Ses seules œuvres exécutées sont la prison provinciale de Catane et le cloître du couvent des Bénédictins de cette ville. Parmi les projets qu'il a laissés et auxquels le malheur des temps n'a pas permis de donner suite, nous citerons la façade de l'église de ce couvent, la réunion de l'hospice des Pauvres à celui des Orphelins, le tribunal et l'intendance de Catane. Musemucci a beaucoup écrit: on a réuni, à Catane, de 1845 à 1851, les plus importantes de ses dissertations sous le titre : Opère archeologiche ed artistkhe di Mario Musemucci, 2 vol. in-8°. Un monument lui a été élevé dans l'église Santa Agata la Vetere de Catane par l'architecte Patti, dont le nom seul nous est parvenu par suite de cette circonstance.
Giovanni Battista Filippi Basile naquit à Palerme en 1825