CHAPITRE XIV
et fit ses éludes à l'université de sa ville natale. Venu à Rome pour fortifier ses connaissances en mathématiques et en architecture, il suivit quelque temps les cours de Tortolini, de Ventaroli et de Cavalieri, ainsi que de Sarti et de Poletti à l'Académie de Saint-Luc. De retour à Palerme, il prit part, au mouvement révolutionnaire qui devait amener l'indépendance de l'Italie et, en 1860, était élu professeur d'architecture à l'Université. Chargé ensuite de l'enseignement de cette science à l'école d'application ouverte aux ingénieurs, il devint, peu après, directeur de l'école. En 1864, la municipalité de Palerme ayant ouvert un concours pour la construction d'un théâtre, Basile vit son projet classé le premier et obtint le privilège de la construction de l'un des plus beaux théâtres de l'Europe, construction qui n'est pas encore terminée aujourd'hui. Mais, outre le théâtre « Massimo » qui a étendu sa réputation hors des limites de la Sicile, Basile était déjà connu en France par sa façade de maison italienne à l'Exposition universelle de 1878 ; il a attaché, du reste, son nom au théâtre de Girgenti, au cimetière de Monreale et de Mistrella, au théâtre de Militello, etc. Membre de plusieurs académies et président du collège des ingénieurs de Palerme depuis sa fondation, il y est mort le 16 juin 1891, laissant un fils, Ernesto Basile, né à Palerme en 1857 et déjà connu par le monument de Calatifini et par l'érection du palais destiné à l'exposition nationale de Palerme (1891-1892).
Hors de l'Italie, à Trieste, c'est un Italien, Domenico Gorti, qui a construit l'Hôtel-Dieu, hospice dont la construction a coûté 700,000 florins. Nous ne savons pas autre chose.
Les architectes espagnols de ce siècle n'ont pas trouvé sans doute l'occasion de produire des œuvres d'une certaine importance, quoique nous ayons relevé dans les grandes villes de l'Espagne des édifices dont les auteurs avaient droit certainement à une place dans notre ouvrage : A Madrid, le palais des députés, inauguré en 1850, le théâtre Royal (opéra), commencé en 1818 et inauguré en 1850 ; le théâtre espagnol de la plaza Santa Anna, construit au commencement de ce siècle, le théâtre de las Variedadès, calle Magdalene; le théâtre de la Comédia, qui date de 1875, le cirque de la plaza del Rey, la Zarzueia de la calle de Jovellanos, le théâtre d'Apollo, le théâtre de la Princesse, l'Alhambra de la calle de la Libertad, la Fabrica de
monédas (hôtel des monnaies), l'appropriation d'une église à la salle du Sénat, sont des œuvres du xixe siècle.
L'alcazar de Tolède, devenu l'école militaire, a été reconstruit en partie, après un incendie qui l'a consumé en 1887, l'hôtel de ville de Murcie, celui de Burgos, celui de Tafalla, celui de Mataro. L'église paroissiale d'Alcala de Ghisbert, à trois nefs avec une façade percée de trois portails, la cathédrale de Lérida et des théâtres dans presque toutes les grandes cités espagnoles, à commencer par le théâtre du Licéo, de Barcelone, datent également d'une cinquantaine d'années. Mais les architectes contemporains auxquels nous nous sommes adressés, par excès de modestie ou par négligence, ne nous ont envoyé aucun document et la liste des biographies des architectes espagnols se trouve ainsi considérablement réduite, à notre grand regret ; nous devions en avertir le lecteur.
Quoiqu'il ne soit pas à proprement parler de notre siècle, puisque, né le 27 février 1719 à Madrid, il y mourut le 21 janvier 1772, nous devons mentionner ici les œuvres d'Alexandre Gonzales Velasquez, fds d'un sculpteur qui commença par être peintre et étudia ensuite l'architecture dans l'atelier de Bonavia. C'est sous les ordres et sur les indications de ce maîlre qu'il éleva l'église San Antonio à Aranjuez; puis il commença par la réfection de l'église du couvent de Valleca, à Madrid, et la construction de celle du couvent de Justinian à Cuença. Quoique exemptes des fautes qu'on remarque dans toutes les œuvres de l'école de Churriguerra, celles que nous venons de citer de Gonzalès ont moins d'importance que l'enseignement donné par cet architecte comme membre, puis comme vice-président de l'académie de San Fernando, enseignement auquel il consacra les vingt dernières années de sa vie.
Tomas Domingo, né à Cervera, en Catalogne, fut d'abord tailleur de pierres et maçon. Venu à Madrid, il apprit l'architecture à l'académie de San Fernando, fut nommé professeur d'architecture à l'école de dessin de Grenade en 1819. Il dessina nombre de tabernacles, de retables, les églises paroissiales de Alboludici,de Solao, de Montillama, l'église de Loja,un ermitage à Granadilla, finit l'église de Cadix et répara ou construisit des ponts et des chaussées de la province.
Plutôt ingénieur qu'architecte, Alejandro Milan s'est fait