CHAPITRE IL
avec Happe (disparue également). Nous ne parlerons pas des projets d'obélisques, de temples et de monuments commémoratifs créés par l'imagination de Sobre et qui ne furent pas exécutés.
L'architecte du Vaudeville et de l'Opéra fut François Debret, né à Paris le 21 juin 1777, membre de l'Institut. Élève de Percier, lauréat du concours ouvert par le gouvernement en 1797 pour l'embellissement des Champs-Elysées, il fut pris par la conscription en 1798. Envoyé à Brest comme artilleur de la marine, il profita de ses loisirs pour y élever une petite salle de spectacle. Inspecteur ensuite de Percier et Fontaine, lorsqu'ils exécutèrent les travaux du sacre de Napoléon Ier à Notre-Dame, il partit bientôt, sur le conseil de ses maîtres, pour l'Italie avec l'intention de relever tous les travaux auxquels Vignole avait altaebéson nom. Il s'associa dans celte recherche le futur architecte deNolre-Dame-de-Lorette, Lebaset lesdeux jeunes artistes commencèrentlapublica lion desœuvres de l'architecte italien; mais des travaux imporlanl s les attendaient à leur retour en France. Nous avons dit ce qu'avait produit Lebas, Debret fut nommé archilecte de Notre-Dame, puis de l'église de Saint-Denis (1813), en remplacement de Célerier. Il y exécuta des travaux considérables jusqu'en 1846, époque à laquelle on lui donna pour successeur Viollel-le-Duc, ce qui ne l'empêcha pas de restaurer, en 1818, le théâtre de la Porte-Saint-Martin et en 1819 la salle Louvois où on jouait l'opéra. Mais son oeuvre principale est la construction de la nouvelle salle de l'Opéra de la rue Lepelletier deslinée à remplacer celte salle Louvois dont nous venons de parler et dont la démolition avait été ordonnée après l'assassinat du duc de Berry. Commencé le 1 ï août 1820, l'Opéra, qui avait coûté 8,376,000 francs, était terminé l'année suivante, grâce au concours dévoué des collaborateurs de Debret : Duban, Grillon et l'auteur du présent ouvrage. Le succès obtenu par l'architecte le fit charger l'année suivante (1822) de la construction du théâtre des Nouveautés de la place de la Bourse et de l'édifice destiné à l'École des beaux-arts sur l'emplacement de l'église et du cloître des Pelils-Augustins. Debret en avait déjà construit la plus grande partie lorsqu'on l'obligea à abandonner l'œuvre commencée parce qu'il ne voulait rien céder des droits que lui donnait son passé. Architecte de nombreuses demeures particulières tant à Paris qu'aux environs de Paris, membre de
la Légion d'honneur et de l'Institut des architectes britanniques, Debret est mort à Sainl-Cloud, le 19 février 18o0.
11 eut comme collaborateur à Saint-Denis Marie Ménager, architecte du dépôt de mendicité et, depuis, de la manufacture de porcelaine de Sèvres. Du reste, nous ne possédons que ces seules indications sur la vie et les œuvres de Ménager. Un autre Mesnager, prénommé Jean-François-Julien, décédé architecte des prisons du département de la Seine, fui chargé de la construction du dépôt de mendicité de Villers-Cotterets et érigea la statue de Louis XIII sur la place Royale, ainsi que les fontaines qui ornent celle place. Il était né à Paris le 2 4 mars 1783, était élève de Delagardelte et avait, en 1800, partagé avec Valot le premier grand prix. La récompense de ce succès académique semble avoir été, pour Mesnager, la construction de l'ancien marché, à fourrages de la rue La Fayette (devenu le temple protestant de la rue Chauchat), du marché au charbon de bois de la rue de la Roquclte et du Grenier d'abondance (détruit par l'incendie en 1871). Mesnager est mort le 9 août 18ii'i.
L'architecte du théâtre de l'Ambigu-Comique fut un élève de Bélanger, déjà connu pour avoir restauré la salle Favart; il se nommait Jean-François-Joseph Lecointe et était né à Abbeville le 21 juillet 1783. Nommé inspecteur des travaux exécutés par son maître à la halle aux blés et à l'un des abattoirs de Paris, il fut associé à Ilitloriï lorsque celui-ci organisa les cérémonies funèbres du duc de Berry, du prince de Condé cl de Louis XVIII. Mais on confia à Lecointe une œuvre absolument différente de celles dans lesquelles il avait pu, jusque-là, mettre à profil les enseignements de l'École. La réforme pénitentiaire avait été mise à l'ordre du jour par les travaux de M. de Beaumont et de Tocqueville sur les pénitenciers américains, et le gouvernement, avant de prendre une détermination quelconque, voulut se renseigner sur les moyens pratiques d'introduire cette réforme en France. Blouet comme architecte et M. Démet/ comme magistrat, furent chargés d'aller aux Élats-Unis recueillir les nolions propres à faciliter en France l'établissement de nouveaux pénitenciers. Après un séjour de quatre mois en Amérique, Blouet et M. Demelz rentrèrent en France munis d'une abondante récolte de matériaux de toute nature dont le résumé fut publié parle ministère de l'intérieur . C'est alors, sur les plans des archi-