‹ Les architectes par leurs œuvres (volume 2)Chapitre 24 sur 276 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

tectes Lecointe et Gilbert, que fut construite en France (1841) la première prison cellulaire : celle de la Nouvelle-Force (aujourd'hui de Mazas), et l'architecte a trouvé de nombreux imitateurs. Des hôlels, des tombeaux et les écuries royales du Roule, depuis onglemps détruites, complètent l'œuvre de Lecoinle, qui mourut à Versailles le 9 avril 1858.

Le collaboraleur de Lecoinle à Mazas était un ancien polytechnicien que sa vocation pour l'architecture conduisit dans l'ate-* lier de Vignon, chargé, comme on l'a dit, de la construction de la Madeleine, Émile-Jacques Gilbert, né à Paris, le 4 septembre 1793.

Les progrès de son instruction furent assez rapides pour qu'il obtint en 1820 le second prix, puis, en 1822, le premier grand prix d'architecture. C'est au retour de son voyage en Italie que le gouvernement lui confia l'érection de l'Ecole vétérinaire d'Alfort, puis, en 1840, de l'asile de Charenlon. En 1856, il collabora avec Bruzard, alors architecte en chef delà Préfecture de police, au plan de la nouvelle Préfecture destinée à remplacer les bâliments dans lesquels se tenait la Cour d'appel. Après la mort de Bruzard il se donna comme collaboraleur Dubois et Diet qui, de 1857 à 1869, restaurèrent et agrandirent avec lui l'ancien Palais de Justice.

On doit encore à cet artiste la nouvelle Morgue, l'achèvement du dépôt de mendicité de Villers-Cotterets et les nouveaux bâtiments de l'hospice de Bicêlre. Nommé membre de l'Institut le 26 novembre 1853, en remplacement de Fontaine, inspecteur général des bâtiments civils en 1863, décoré, en 1845, de la croix de chevalier de la Légion d'honneur dont il devint officier en 1860, correspondant de l'Institut royal des architectes britanniques et de l'Académie des beaux-arts de Saint-Pétersbourg, l'un des fondateurs de la Société cenfrale des architectes de France, Gilbert est mort à Paris, le 31 octobre 1874.

Puisque nous nous occupons ici des maisons de détention, n'oublions pas de dire que peu d'années après la construction de la prison de Mazas disparaissait la prison pour dettes établie, en 1826, rue de Clichy, sur l'emplacement de l'hôtel du baron Saillard, par l'architecte Lemarié, dont le nom seul nous est connu. Nous savons cependant que Lemarié construisit depuis l'hôtel de ville de Quimperen 1829 et la chapelle de Notre-Dame-

des-FJammes, à Bellevue, au lieu même de la catastrophe arrivée le 8 mai 1842 sur le chemin de fer de Paris à Versailles. Cet architecte ne figure plus sur les annuaires à partir de 1850.

Revenant aux théâtres de Paris, nous signalons celui du Gymnase-Dramatique appelé primitivement théâtre de Madame, qui date de 1820 et eut pour architectes Auguste Rougevin, Hurtault et Louis Régnier, marquis de Guerchy. Ce dernier, né vers 1780, s'était déjà occupé de la restauration du Vaudeville, rue de Chartres, incendié en 1828. Collaborateur de Huvé dans la construction du nouveau théâtre de l'Opéra-Comique (salle Ventadour , de Guerchy était achilecte de l'Hôtel des Invalides et du ministère de la marine, lorsqu'il mourut du choléra, à Paris, le 7 mai 1 832. Nous ne savons de Rougevin qu'une chose, c'est que, nommé architecte des Invalides en 1832, il conserva ces fonctions jusqu'en 1839 et mourut en 1877 âgé de quatre-vingt-cinq ans.

Le Théâtre-Lyrique du boulevard du Temple, commencé en 1846 et inauguré le 20 février 1847, a été compris dans l'expropriation décrétée en 18G3; il était l'œuvre, ainsi que la salle des concerts de la rue Tailbout, de Pierre-Anne de Dreux, né à Paris le 28 mai 1788 et mort dans la même ville en 1849. Elève de P( n ier et de Fontaine, premier prix de Rome en 1815, il visita l'Italie, 1' I strie, la Grèce, l'Asie Mineure, et publia le résultat de ses recherches architecturales dans ces pays. Auteur d'une chapelle et du presbytère de Sainl-François-d'Assise à Paris ainsi que de maisons et de châteaux importants en province, de Dreux mourut, laissant plusieurs projets, notamment celui d'un monument à Casimir Perier, non exécuté.

l ue plaque de marbre scellée sur la façade del'ancien théâtre de la Gaîlé du boulevard du Temple, également compris dans l'expropriation de 18G5, portait ce qui suit :Théatrede laGaîté incendié

LE 21 FÉVRIER 1835 ET RÉÉDIFIÉ LA MÊME ANNÉE, RorjCLOT ARCHI- TECTE ] nous ne savons rien, ni de la vie, ni des autres œuvres de Rouclot, rien non plus sur Allaux, architecte, en 1831, du théâtre des Folies-Dramatiques du même boulevard, aussi disparu.

Le théâtre du Cirque-Olympique, bâti le 31 mars 1827 (également boulevard du Temple et également détruit), avait eu pour architecte Benoît-Alexandre Bourla, né à Paris en 1 792, qu s'occupa spécialement de la construction des théâtres, parmi lesquels on peut citer ceux de Joigny, de Limoges, de Tournay,

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