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CHAPITRE I

des Tuileries lorsqu'il fut décidé que la Convention y tiendrait ses séances. Auteur, en 1801, d'un projet de salle d'Opéra sur les terrains de l'ancien couvent des Filles- du-Calvaire, c'est aussi Pierre Vignon qui fit le projet du monument commémoratif élevé en 1816 à Louis XVI sur les terrains de la Villel'Évêque. Nous n'avons d'ailleurs aucun renseignement sur la naissance et la mort de cet architecte cité dans le Dictionnaire général des artistes (1).

La période de l'Empire vit encore s'élever, ou plutôt commencer deux édifices consacrés à la gloire de l'empereur: ce sont l'arc de triomphe de l'Étoile et l'arc de triomphe du Carrousel qu'on a considérés, ajuste tilre, comme offrant le résumé le plus complet des qualités et des défauts de l'architecture impériale.

C'est en vertu d'un décret du 18 février 1806 que fut commencé, le 15 août suivant, par les architectes Chalgrin et Raymond, dont nous avons esquissé la biographie dans le volume précédent, Tare de triomphe de l'Étoile. Disons tout de suite que le projet de Raymond avait été préféré à celui de Chalgrin, mais que l'association qui lui fut imposée avec ce dernier ne tarda pas à amener une sorte de lutte entre les deux architectes et que Raymond, d'une santé délicate et las de discussions qui l'altéraient encore, donna sa démission au commencement de l'année 1810. Chalgrin, resté seul, fit abandonner l'exécution commencée et c'est son projet qui fut définitivement exécuté.

• L'empereur avait voulu un monument gigantesque comme les faits d'armes dont il devait rappeler le souvenir, et, en effet, la hauteur et la largeur de l'arc de triomphe de l'Étoile (49 mètres et 44 mètres) dépassent de 28 mètres et de 20 mètres la hauteur et la largeur de l'arc de Constantin à Rome, le plus haut de tous les arcs antiques connus. Un contre-projet présenté quelques années après l'établissement des fondations par un architecte du nom de P.-F-.L. Dubois ne fut pas adopté, de sorte que Chalgrin put continuer le monument sur ses plans jusqu'à sa mort arrivée, nous l'avons dit, le 21 janvier 1811. À ce moment, l'arc de triomphe s'élevait à la hauteur de 5m,40.

(1) Bellier de la Chavignerie et Louis Auvray, Paris, 1885.

De 1811 à 1813, les travaux furent conduits par L. Goust, l'élève et l'inspecteur de Chalgrin, qui suivit fidèlement le plan de son maître. Nous ne savons encore de lui qu'une chose, c'est qu'il obtint le second prix d'architecture en 1788. A ce moment (1813) la construction avait atteint la hauteur de l'imposte du grand arc. La famille des Bourbons ayant été ramenée sur le trône de France, Louis XVII I se vit contraint d'envoyer une armée française en Espagne pour y rétablir Ferdinand VII chassé par ses propres sujets. L'expédition se termina par la prise du Trocadéro, et une ordonnance royale du 9 octobre 1823 décida que l'arc de triomphe de l'Etoile serait terminé en mémoire de ce fait d'armes. Goust fut alors rappelé, mais on lui adjoignit un élève d'Antoine Peyre, Jean-Nicolas Huyot. Gousl, n'ayant plus que le second rang, se retira en 1829, laissant Huyot diriger seul la construction.

Huyot était né à Paris le 25 décembre 1780. Grand prix d'architecture en 1807, il séjourna six ans en Ilalie et, de là, visila la Grèce, la Turquie, l'Asie et l'Egypte. A Constantinople, il eut occasion de modifier le palais de l'ambassadeur de France et de jeter les fondements de l'hôpital français. Ses travaux d'archéologie en Egypte ont une importance considérable, ainsi que ceux qu'il fit successivement dans l'Asie Mineure et en Grèce. La plus grande partie des resles des édifices anciens de ces conlrées ont été relevés par lui; aussi l'Académie avait-elle cru devoir le récompenser en le nommant à la chaire d'histoire de l'architecture et membre de sa compagnie. Mais la révolution de 1830 arrêta encore une fois l'édification de l'arc de triomphe ainsi que celle du calvaire du mont Valérien dont les matériaux servirent, en 1 8 40, à la construction du fort qu'on y voit aujourd'hui. Huyot mourut h Paris le 2 août 1810, laissant plusieurs projels, notamment ceux de l'église Saint-Charles (devenue Sainte- Clolilde), d'un nouveau Palais de. Justice et d'une nouvelle Préfecture de police, projets refaits par d'autres architectes et exécutés depuis.

Ce fut Blouel, dont nous donnons ci-après la biographie, qui eut l'honneur d'achever l'arc de triomphe en 1836. II modifia l'attique projeté au moyen de la suppression des statues qui devaient le surmonter, mais il le couronna d'une galerie composée de lètes de méduses réunies par un ornement courant

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