CHAPITRE III
grand nombre de projets : notamment ceux d'une chapelle sépulcrale exécutée pour la famille de Monlmélas et du jardin botanique d'Avignon avec musée d'histoire naturelle, ainsi qu'un projet de décoration de la grande salle de l'hôtel de ville à Lyon, projets que sa mort, arrivée le 16 mai 1832, l'empêcha d'exécuter (1). Hôtelard, dont nous ne connaissons pas les autres travaux, était né à Grenoble le 4 février 1784 etestmort le 21 décembre 1867.
La prison de Perrache, à Lyon, le palais de justice sur le quai de la Saône et le grenier à sel, construit en 1828, eurent pour architecte un Parisien, Louis-Pierre Baltard, né le 9j uillet 1764, et qui, dans sajeunesse, avait travaillé comme dessinateur aux projets que faisaient alors Ledoux et Bellanger dans le but a d'embellir Paris ». Après un séjour de quelques années en Italie, grâce à la pension que lui fît le ministre, baron de Breteuil, il succéda en 1792 en qualité de décorateur de l'Opéra à Paris qui venait d'émigrer ; mais bientôt obligé lui-même, parles événements, à quitter cette situation, il se fit attacher, en 1793, au corps du génie, puis à l'Ecole polytechnique (1796) en qualité de professeur d'architeclure. Successivement architecte du Panthéon, des prisons de Paris et de Bicêlre et de plusieurs halles et marchés, il fit construire les chapelles dans les prisons de Sainte-Pélagie et de Saint-Lazare, concourut pour le projet du « Temple de la Gloire » et obtint enfin, en 1818, la chaire de professeur à l'École des beaux-arls. Hors de Paris et de Lyon, il concourut avec Lanloin, en 1824, à la construction des prisons de Droguignan et mouru! le 22 janvier 1846, laissant plusieurs recueils de vues et de plans, notamment ceux qui illustrent l'ouvrage publié par la commission d'Egypte.
Un autre Baltard, Parisien également, prénommé Prosper (qu'il ne faut pas confondre avec Victor dont il élail le parent, et auquel nous consacrons plus loin une page importante), naquit en 1796 et se contenta d'être l'inspecteur de tous les travaux qui furent exécutés, de 1 81 1 à 1818, par Louis-Pierre et par Percier et Fonlaine aux Tuileries et au Louvre. Il est mort, le 19 avril 1862.
(1) Gay, chargé, à l'occasion du sacre de Napoléon, de restaurer le sceptre dit de Charlemagne et conservé, à ce titre, dans le trésor de Saint-Denis, reconnut que ce prétendu sceptre était simplement un bâton de chantre du xive siècle. 11 n'en servit pas moins, restauré, au sacre de l'empereur.
Nommé en 1831 architecte de la ville de Lyon, René Dardel, né dans cette ville le 8 octobre 1796, élève de Huyot, ne cessa presque jusqu'à sa mort, arrivée le 25 septembre 1871, à Coudrieu (Rhône), de travailler pour sa ville natale. Elle lui doit, en effet, la restauration (1832) du palais des beaux-arts, la const ruction de l'entrepôt des liquides (1835), le marché de la Martinière (1836), la transformation intérieure du Grand-Théâtre (1842), l'établissement de la fontaine Saint-Jean (1843), la restauration de l'hôtel de ville (de 1846 à 1854), le percement de la rue delà République (1853), la construction du palais du commerce et de la Bourse, dont la première pierre a été posée le 25 mars 1856. Auteur d'un projet d'église pour le faubourg de Perrache, Dardel est mort officier de la Légion d'honneur à une date que nous ne pourrions préciser. Dardel avait été précédé dans tous ces travaux de restauration par Louis-Cécile Flachéron, né à Lyon le 9 mai 1772 et décédé architecte en chef de la ville le 12 mars 1835. C'est tout ce que nous savons de lui.
Non loin de Lyon, à Saint-Etienne, devenu depuis chef-lieu du département de la Loire, Dalgabio commence la série des édifices nécessités par l'importance qu'acquiert déjà celte ville manufacturière. Jean-Michel Dalgabio, né à Riva (Italie), le 15 septembre 1788, mais naturalisé Français, y élève la « condition » des soies, le palais de justice, l'hôtel de ville (renfermant un conservatoire des arts et métiers, un musée et une école graluile de dessin), une caserne de gendarmerie, une halle, un abattoir, les bureaux de l'octroi, etc.; il y restaure aussi les églises Sainte-Marie et Saint-Thomas et donne le dessin d'un monument élevé à Feurs (Loire) aux victimes de la Révolution. Dalgabio mourut à Lyon le 31 décembre 1852, laissant divers projels, théâtre, hôpital, marché, qu'il n'a pas exécutés.
A signaler dans la Haute-Garonne, d'importants travaux au commencement du siècle. Nous ne parlerons de Pierre-Léonard Laurecisque, élève d'A. Leclère, né à Paris en 1797 et mort le 29 juin 1860, que pour rappeler qu'il avait obtenu, à la suite d'un concours, le droit d'élever à Toulouse le palais de justice, la prison et la caserne de gendarmerie ; car Laurecisque, appelé à Conslanlinople par l'ambassadeur de France auquel on voulait élever une résidence digne de noire pays, ne donna pas suite à son projet. Il préféra se rendre en Turquie, où il laissa d'ailleurs,