CHAPITRE III
outre le palais de l'ambassade, la fontaine de Top-Hané, pastiche réussi de la belle architecture arabe. Toulouse se contenta alors d'une restauration de l'ancien tribunal, et elle fut confiée à un architecte toulousain, Antoine Laforgue, né en 1782 et devenu, en 1822, architecte du département de la Haute-Garonne. Nous ne citerons de Laforgue, à Toulouse, outre cette restauration, que la construction de l'église et du couvent de la Visitation; mais, hors du chef-lieu, il restaura à Muret la sous-préfecture et construisit le tribunal et la halle au blé, puis les églises de Cierp et d'Argut-Dessus. Enfin, on lui doit les premiers bâtiments de l'établissement thermal de Baguères-de-Luchon. Nous ignorons la date de la mort de Laforgue. Marie-Joseph-Urbain Vitry, né à Toulouse le 2 juillet 1802, et mort dans la même ville le 27 septembre 1863, reçut la mission de construire les édifices que la désertion de Laurecisque avait dû faire ajourner. C'est en 1839 que la caserne de gendarmerie s'éleva sur les nouveaux plans et sous la direction de Vitry, auquel Toulouse devait déjà les fontaines de la place de la Trinité et de la place duPuy (1826), l'abattoir (1828), le nouveau cimetière (1830), la barrière du pont des Minimes (1832), la barrière du pont Saint-Sauveur (1834) et le monument commémoratif de la place La Fayette. Vitry fut ensuite chargé, en 1844, de la construction de l'observatoire, du théâtre des Variétés et de l'École de médecine; enfin, lorsqu'il fut décidé, en 1858, d'ouvrir à Toulouse une exposition des beaux-arts, ce fut à Vitry qu'on en confia l'organisation. Il est mort chevalier de la Légion d'honneur, inspecteur de l'école des beaux-arts de Toulouse, secrétaire perpétuel de l'académie des inscriptions et belles-lettres de la même ville et membre de plusieurs sociétés artistiques et archéologiques de France.
C'est en 1840 seulement que Toulouse songea à se donner une Bourse de commerce; les architectes de cet édifice (car ils sont deux) s'appellent Jean-Antoine Raynaud, né à Toulouse le 13 juillet 1785, architecte du château d'eau, de 1821 à 1828, et Jean- Joseph-Noël Bonnal, né également à Toulouse, le 24 décembre 1805. Bonnal avait été chargé de la restauration du théâtre en 1847 et de celle de l'église Saint-Martin du Touch l'année suivante. L'un des premiers, parmi les architectes du midi de la France, il suivit le mouvement artistique à la tête du-
quel s'étaient placés Lassus et Gau, et mourut à Toulouse le 21 mars 1880. Son collaborateur Raynaud l'avait précédé depuis longtemps clans la tombe, puisqu'il était décédé le 26 janvier
Montpellier vit s'élever, au commencement du siècle, la nouvelle façade de son Ecole de médecine, qui eut pour architecte Claude-Mathieu de Lagardette, né vers 1770, élève de David Leroy, grand prix en 1701 et architecte aussi de l'école de chirurgie de Toulon. De Lagardette, qui mourut en 1804, est surtout connu par l'ouvrage, ayant pour titre les Ruines de Pxstum, déjà cité dans le volume précédent, et par son Essai sur la restauration des piliers du Panthéon. Il présida, dit Lance, à l'érection de la Sainte Montagne de la place du Marlroi qu'Orléans, comme la plupart des grandes villes de France, voulut posséder en souvenir de la Révolution et qui a disparu depuis longtemps. Le musée Fabre et l'école de dessin de Montpellier sont également de cette époque et eurent pour architecte Jean- Joseph Boué, élève de Percier et Fontaine, né à Salellos (Aude), le 25 avril 1784. Montpellier lui doit aussi la nouvelle façade de l'église Saint-Mathieu; Lodève et Beaucaire, leurs hôtels de ville. Boué mourut à Montpellier, professeur d'architecture, le 27 octobre 1808.
Un élève de Boué, qui entra ensuite dans l'atelier de Debret, grâce aune bourse municipale, Charles Abric, né à Montpellier en 1799, continua l'édification de Montpellier. Titulaire d'une mention honorable obtenue au concours de 1828, Abric crut devoir fortifier, par un séjour de quelques années en Italie, ses connaissances d'architecte. Revenu à Montpellier en 1830 et nommé presque aussitôt architecte en chef de cette ville, il commença la série de ses travaux par la reconstruction presque entière de la maison centrale; les prisons départementales de Montpellier, de Béziers, de Saint-Pons furent également réédifiées par lui, d'après les principes énoncés dans le mémoire d'Abel Blouet. Le palais de justice, assemblage incohérent de bâtiments mal reliés entre eux, fut entièrement rebâti dans des proportions monumentales et telles qu'il constitue un des édifices les plus remarquables de la province. La Faculté de médecine était dépourvue de salles convenables pour recevoir ses belles collections ; Abric érigea, pour les contenir, une galerie ou cou-