‹ Les architectes par leurs œuvres (volume 2)Chapitre 42 sur 276 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

servatoire dont les dispositions grandioses peuvent rivaliser avec celles des plus beaux établissements de ce genre. Pour compléter la nomenclature des œuvres d'Abric, nous citerons l'école normale d'institutrices, l'hôtel de la succursale de la Banque de France; le temple de l'Église réformée de Ganges en style roman. Condamné, jeune encore, par la maladie, à renoncer à sa carrière, Abric est mort en 1871.

A Valence (Drôme), nous mentionnerons, en passant, la cour d'assises et le tribunal civil élevés, de 1824 à 1827, par Joseph Chambord, architecte du déparlement de la Drôme, qui donna également les plans du séminaire de Valence. Dans toutes ces constructions, l'architecte a fait usage d'arcades couvertes entourant des cours intérieures; à Orange et à Carpentras (Vaucluse), on se contente de restaurations et d'additions aux palais de justice, mais l'architecte Alexandre- Juste Frary, né à Paris en 1779, obtient la construction du théâtre d'Avignon, construction qu'il termina en 1834. Nous verrons tout à l'heure combien peu dura l'œuvre de Frary. Elève de Percier, de Barthélémy et de Vignon, Frary avait concouru pour le projet du « Temple de la Gloire », pour celui du monument du général Desaix et pour celui d'un monument historique où Louis XVIII figurailentre saint Louis et Henri IV. Frary abandonna d'ailleurs de bonne heure le département de Vaucluse pour revenir à Paris, où il exécuta des travaux particuliers et où ilmourut le 20 mai 1834 , membre de la Société des antiquaires de France; Frary consigna d'ailleurs les souvenirs de son passage dans le Comtat-Venaissin dans deux ouvrages intéressants publiés l'année de sa mort. C'est à l'architecte Léon Feuchére, né vers 1800, qui était élève de Delespine, et décorateur à l'Opéra depuis 1829, qu'échut la mission de reconstruire, de 1846 à 1847, le théâtre d'Avignon, œuvre de Frary, qui venait de s'écrouler. Il donna aussi les plans du théâtre de Toulon vers la même époque ; mais ses plans furent modifiés par Charpentier. (Voir plus haut la biographie de cet architecte.) En 1849, architecte du département du Gard, Feuchére éleva enfin l'hôtel de la préfecture de Nîmes, où il est mort le 4 janvier 1857, chevalier de la Légion d'honneur. Joseph-Prosper Rénaux, architecte seulement de l'hôtel de ville d'Avignon et d'une église de syle ogival élevée à Bollène (Vaucluse), était plutôt un antiquaire; mais nous ne pouvons oublier les travaux importants auxquels

il consacra presque toute sa vie, dans le but. de reconstituer tous les édifices élevés par les Romains pendant leur séjour dans le midi de la Gaule. Né à Alais en 1794 et d'abord ingénieur des ponts et chaussées, il se prit d'une véritable ardeur pour la science archéologique, éveillée en lui par la découverte qu'il fit des traces d'un cirque et d'une ancienne salle de jeux publics devenue souterraine par la construction du château des Papes, auquel elle servait de crypte. En 1826, il restaurait, sous les ordres de Caristie, l'arc de triomphe d'Orange, puis découvrait les restes d'un autre arc de triomphe enfoui dans les constructions du palais épiscopal de Carpenlras, ceux de l'arc de Cavaillon, d'un théâtre, de thermes et d'un aqueduc (1832-1840). Nommé le 14 avril 1843 membre correspondant du Comité des monuments historiques, il procéda au déblaiement du théâtre romain d'Arles et enfin à la restauration du cloître de Sainte-Trophime dans la même ville ; inutile d'ajouter qu'il augmenta considérablement les richesses du musée de la ville d'Avignon, où il mourut le 11 août 1853.

Michel-Robert Penchaud, qui, dans un espace de trente années, couvrit d'édifices Marseille et le département des Bouchesdu-Rhône, était né à Poitiers le 24 décembre 1772 et avait aidé d'abord son père dans la construction des châteaux de Verrière et de Dissais, que celui-ci élevait alors en Poitou. Après avoir étudié dans l'atelier de Percier, il était nommé, en 1803, architecte de la ville de Marseille, puis, peu après, du département des Bouches-du-Rhône. Marseille lui doit: le jardin botanique et le pont qui lui est conligu (1803-1810), les fontaines de la place Royale et de la place Montyon, la caserne de gendarmerie, le temple prolestant, le grand hospice construit sur la rade, l'arc de triomphe élevé aux vainqueurs du Trocadéro, le pavillon d'entrée du lycée, la Porte Majeure, des agrandissements exécutés au lazaret, la chapelle du Porl-Dieudonné, l'église Saint- Remy, la maison d'arrêt (1813-1831), enfin tous les travaux de voirie faits à Marseille de 1803 à 1830. Hors de celte ville, Penchaud fut l'architecte du palais dejustice de Draguignan(1824), de la fa<;ade du dépôt de mendicité d'Aix,dela maison de dépôt d'Orgon, du palais de la Cour d'Aix (1822-1823), de l'abaltoir de Tarascon. Penchaud allait exécuter le projet terminé d'un établissement d'aliénés, lorsqu'il fut mis brusquement à la

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