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CHAPITRE III

L'architecte auquel le département des Basses-Pyrénées doit la plupart des édifices, plus ou moins importants, élevés de 1817 à 1837, s'appelait Jean Latapie, était né à Jurançon, le 2 mai 1784, et élait élève de Percier. Restaurateur de l'hôtel de ville de Pau, en collaboration avec Famin, il y construisit le marché, la halle, le grenier public ainsi que l'église Saint-Louis, place Royale, un lazaret de terre à Urdos, de 1817 à 1822, un lazaret maritime à Bayonne en 1823, un hôtel de ville et des halles pour la ville de Nay, et mourut le 12 avril 1837, laissant un projet d'église et de théâtre pour la ville de Pau.

Parmi les architectes assez nombreux que vit naître le pays bordelais de 1780 à 1815, trois seulement se distinguèrent par des œuvres importantes. Au premier rang, Pierre-Alexandre Poitevin, qui, né à Bordeaux le 24 février 1782, dut vivre pendant sa première jeunesse du produit de ses leçons comme professeur de dessin. Protégé par la famille de Marcellus, qui avait reconnu son tempérament d'artiste, il put entrer enfin, en 1809, dans l'atelier de Percier, et c'est \k qu'il acquit les connaissances nécessaires à la profession d'architecte. Au sortir de cet atelier, il fut nommé architecte du département de Lot-et- Garonne, qui lui doit le palais de justice d'Agen, le palais de justice, les prisons et l'hôtel de ville de Marmande. Nommé alors architecte du département de la Gironde, il est chargé, en 1820, de la transformation de l'abbaye d'Eysses en maison centrale, puis, à Cadillac, de la transformation du château d'Ëpernon en une prison de femmes et de la construction de l'hospice des aliénés, de l'établissement du presbytère de Langon (1823) et du lazaret de Trompeloup près Pauliac, sur la Gironde (1825). Ses travaux à Bordeaux sont les suivants : restauration des églises Saint- André et Saint-Nicolas, érection de portails pour les églises Saint-Seurin et Saint-Eloi, érection des colonnes rostrales de la place des Quinconces tt du monument de l'archevêque Daviau dans la cathédrale. Poitevin est mort à Bordeaux le 7 avril 1859, auteur d'un Abrégé de ï histoire des arts publié en 1848.

Les deux Burguet s'occupèrent surtout des services hospitaliers de Bordeaux : à Jean Burguet, né dans cette ville en 1783, où il mourut le 17 mars 1848, on doit l'hôpital général Saint- André, sur la place d'Armes, et des agrandissements considérables à l'hôpital Saint-Jean; il fut également l'architecte du

temple anglican et de la salle de concert dite salle Franklin. Charles-Bernard Burguet, son neveu et son élève, né le 10 décembre 1821, vint étudier l'architecture dans l'atelier de Lebas; nommé, en 1848, architecte de la cbambre de commerce et des hospices el, en 1851, de la ville de Bordeaux, il construisit le marché au bétail, le grand marché, le marché « des grands hommes », appropria l'ancien collège des jésuites aux besoins du nouveau lycée, puis fut chargé de nombreuses restaurations à l'église Saint-xAlichel, au Grand-Théâtre, à l'hôtel de ville, à l'hôpital de Saint-André, etc. ; président de la Société des architectes de Bordeaux, qu'il avait fondée, il est mort dans cette ville le 9 mars 1879.

Un des principaux édifices de Bordeaux, le palais de justice, fut construit, en 1844, sur les plans de Joseph-Adolphe de Thiac, né à Bordeaux le 4 juillet 1800, fils d'un autre architecte bordelais, Pierre-Jean-Baptiste, élève de Louis, qui pendant vingt ans jouit auprès de ses compatriotes d'une certaine notoriété, mais n'a laissé aucune œuvre susceptible d'être mentionnée ici. Elève de son père d'abord, puis de Vaudoyer et Lebas, Joseph de Thiac compléta ses études en Italie, de 1824 à 1828. Revenu à Bordeaux, il fut nommé, en 1830, architecte du département de la Gironde et y construisit aussi la prison, l'hôtel de la poste et l'institution des sourdes-muettes. De Thiac, chevalier de la Légion d'honneur depuis 1840, est mort au Bouscal le 24 décembre 1865. Jean-Jules Mondet, élève de Labbé et Danjoy, naquit a Bordeaux le 28 novembre 1834. Depuis 1859, il exécuta dans le Bordelais au moins cinquante églises ou clochers et plusieurs châteaux. Parmi ses principaux travaux nous citerons : l'église de Costets en Dorthe (1863-64), l'agrandissement de l'église catholique de Bazas et la restauration de la porte du Groquet à Bazas (1864), la restauration de l'église Notre-Dame d'Ureste (ancienne abbatiale) (1871-72); à Bordeaux, l'église Notre-Dame-de-Lorette (1873) et le presbytère de Sainle-Eulalie ; les restauration générale et reconstitution partielle de l'église Saint-Biesse (1880) et l'église du Sacré-Cœur (1884), les églises de Sainte-Hélène et des Audenge. Le Lot-et-Garonne lui doit la restauration de l'église de Gouland, la construction de l'église de Puymiclos et de Notre-Dame de Tonneins. En 1885-1886, il fit la restauration générale et l'appropriation de l'ancienne abbaye

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