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CHAPITRE III

du Rivet, à Auvos. Mondet a construit de plus, à Nîmes, l'église de Saint-Baudile, inaugurée le 28 octobre 1877, qui appartient au style ogival de la fin du xiiic siècle, légèrement modifié, avec une abside carrée et deux flèches élancées qui flanquent le grand portail. Son projet a été, de plus, classé le premier au concours pour l'érection de la cathédrale de Buenos-Ayres (1882), mais nous ignorons s'il a été exécuté.

Deux autres architectes bordelais de la même époque ont témoigné, dans les constructions particulières qu'ils ont élevées, de leur goût artistique et de leurs connaissances, cesont : Pierre Clochar, né .à Bordeaux en 1774, plutôt dessinateur qu'architecte; Gabriel-Joseph Durand, né à Bordeaux en 1792, élève de Bonfin fils, qui a élevé en 1852 l'abattoir général de celte ville et celui de Libourne.

Le département de la Charente eut le bonheur de trouver dans son architecte départemental, Abadie, à une époque où tout était à créer, un artiste capable de comprendre et de diriger le travail de transformation nécessité par les besoins du service politique et administratif qu'on y créait.

Paul Abadie, né le 22 juillet 1783, à Bordeaux, y commença ses études d'arcbitecture dans l'atelier de Bonfin et les continua dans celui de Percier et Fontaine; attaché comme inspecteur à la construction de l'escalier du Louvre exécuté par ces deux architectes, puis successivement au ministère des finances {ex-hôtel des Postes), rue de Rivoli, et aux travaux qu'exécutait alors Bonnard comme architecte en chef des manufactures de tabac, c'est en 1818 qu'Abadie vint se fixer à Angoulême. Il y a laissé : le palais de justice inauguré en 1828, sur la place du Mûrier, l'hôtel de la préfecture près le remparl de l'est, terminé en 1832, le portail néo-grec de l'église Saint- André, église romane du xi° siècle, la façade dans le même goût du Dépôt des minutes desnotaires, installé dans le palais roman des comtes de Taillefer,les abattoirs, une partie des prisons, les halles, le lycée que termina son fils, et enfin l'église Saint-Jacques du faubourg de Lhoumeau, au portique dorique, avec clocher dans le senlimentitalien, achevée en 1840; l'hospice général, édifice du xvie siècle, lui doit aussi des agrandissements notables exécutés de 1826 à 1828.

Hors d' Angoulême, Abadie fut l'architecte de la sous-préfecture et du palais de justice de Ruffec ainsi que des prisons de

RufYec et de Confolens. Il mourut le 3 décembre 1868, à Bordeaux, où il s'était retiré depuis quelques années, membre correspondant de l'Institut, chevalier de la Légion d'honneur depuis 1836, et laissant un fils appelé comme lui Paul, et architecte comme lui, dont nous retracerons la vie lorsque nous ferons l'histoire de l'architecture en France pendant la deuxième moitié de notre siècle.

Dans la Charente-Inférieure, à Rochefort, nous n'avons à citer que la construction d'un édifice important, l'église paroissiale de Saint-Louis, élevée en 1835 par un architecte bordelais, Jean-Félix Garde, né le 29 juillet 1779, mort à Rochefort le 22 juin 1853, architecte aussi du collège communal (1828 à 1830) et de la halle de cette ville (1851).

L'architecte du département des Deux-Sèvres, Pierre-Théophile Segrétain, né à Niort en 1798, avait élé nommé, à sa sortie de l'Ecole polytechnique, professeur de stéréotomie à celle des ponts et chaussées; mais il avait eu toujours un goût très prononcé pour l'architecture, et alors se fit nommer architecte de son département ; il y éleva plusieurs édifices importants, notamment l'hôtel de la préfecture de Niort, de 1828 à 1832, le palais de justice, une église à Chef-Boutonne et un temple protestant. Ou lui attribue encore la restauration de la plupart des édifices religieux du département des Deux-Sèvres. Segrétain mourut à Niort en novembre 1864, laissant un projet de prison pour celte ville, projet approuvé par le ministère au moment de sa mort.

A Nantes, pendant les premières années de la période dont nous faisons l'histoire, les architectes ne manquent pas ; ce qui manque, c'est la valeur artistique des édifices qu'ils y ont élevés; que dire, en effet, du pelit palais de la Société des beaux-arts bâti par François-Léonard Scheult, second du nom, né à Nantes le 11 avril 1771 et mort le 1er mars 1840, beaucoup plus connu par les châteaux qu'il fil élever en Anjou et en Touraine ; de l'abattoir commencé le 10 avril 1826 par Jean-François Demolon, né en 1790, décédé le 22 octobre 1856 à Nantes, alors même qu'on sait que le coût de cel abattoir s'est élevé à 830,000 francs; de Mathurin Pécot et de Pierre Pécot, nés à Nozay, élèves de Questel, auteurs du passage de la Basse Grande Rue à Nantes, de Burond et de Durand-Gasselin, constructeurs, en 1843, du passage

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