CHAPITRE I
de l'Opéra. Dès ce moment, Fontaine et Percier commencèrent une association que la mort seule put interrompre. C'est ainsi qu'ils restaurèrent l'hôtel de M. de Chauvelin à Pari et les châteaux de la Malmaison, de Saint-Cloud, de Compiègne, de Versailles, de Fontainebleau, de l'Elysée, du Louvre et des Tuileries; les résidences souveraines de Laeken, d'Anvers, de Briilh, de Mayence, de Strasbourg, de Uome, de Florence, de Venise. C'est à eux que l'on doit également le dégagement du château des Tuileries, le percement de la rue de Rivoli, la fontaine de Desaix, place Dauphine, le grand escalier du musée du Louvre, aujourd'hui détruit. Mais l'œuvre la plus considérable qu'aient exécutée les deux artistes, est assurément l'arc de triomphe du Carrousel, reproduction fidèle, il est vrai, des arcs anciens, mais étudié jusque dans ses moindres détails et auquel les colonnes en marbre rose du vieux château de Meudon donnent une pointe de coloration qui atténue heureusement la froideur de l'œuvre.
Le plus vaste plan (inexécuté) qui ait occupé l'esprit de Fontaine et de Percier, pendant une parlie de leur vie, est celui d'une somplueuse résidence que Napoléon se proposa de faire élever, à Lyon d'abord et à Paris ensuite, sur les hauteurs de Chaillol. Percier, dont la santé était déjà altérée, renonça, en 1814, à la parlie active de sa profession; Fontaine, alors devenu architecte de Louis XVI II , acheva seul les travaux commencés sous l'Empire par les deux amis, puis éleva seul, de 1815 à 1826, la chapelle expiatoire de la rue d'Anjou. Architecte de Charles X, Fontaine décora la galerie du Louvre dans laquelle ont été placées les collections d'antiquités égyptiennes et grecques; architecte du duc d'Orléans, il éleva au Palais-Royal la galerie dite d'Orléans; architecte de Louis-Philippe, il construisit la cage du grand escalier d'honneur des Tuileries. En province, parmi les travaux qui occupèrent son activité et dont il serait difficile de donner la liste, mentionnons seulement l'Uôtel-Dieu de Pontoise, commencé en 1823 et achevé en 1827.
Percier, membre de l'Institut depuis 1811 et du Conseil des bâtiments civils, officier de la Légion d'honneur, mourut à Paris e 5 septembre 1838. Fontaine mourut dans la même ville le 10 octobre 1853, fait par Louis-Philippe commandeur de la Légion d'honneur, chevalier de l'ordre de Saint-Michel et mem-
LES AECHITliCTES PAR LEURS OEUVRES.
bre de l'Institut, comme son collaborateur Percier. Les deux artistes, auteurs ensemble de plusieurs ouvrages qui se trouvent dans toutes les bibliothèques, trouvèrent de vaillants collaborateurs dans Alexandre Dufour et dans Louis-Martin Berthault, dont le talent sut disposer, en se conformant au goût de l'époque, les jardins et les parcs des résidences impériales. Dufour, né en 1760, condisciple de Percier et Fontaine à l'Académie, inspecteur, puis architecte du palais de Versailles, de 1810 à 1831, dirigea les travaux « exécutés en prolongement du boulevard de l'Impératrice à la rencontre du chemin de Trianon », ainsi que la création du nouveau jardin du roi. Dufour fut l'architecte de l'entrée du château de Savigny-sur-Orge et mourut chevalier de la Légion d'honneur le i" février 1835. Berthault, né à Paris en 1771, commença par transformer les jardins de la Malmaison, de Compiègne, de Saint-Leu-Taverny, de Pont- Chartrain ; il dessina ensuite ceux de la Jonchère, de Clichy, du Raincy, etc. ; puis, à Borne, celui du Monte Pincio, autrefois occupé par les jardins de Salluste. Berthault, qui aurait construit le palais du roi de Borne si la dynastie de Napoléon avait survécu au César français, mourut architecle du roi et chevalier de la Légion d'honneur en août 1823.
A côté des quatre ou cinq artistes qui résument dans leurs travaux l'architecture du premier empire, nous allons mentionner maintenant quelques artistes de valeur dont les œuvres, pour la plupart, n'ont pas survécu à leurs auteurs. D'abord, Lecomte, qui était architecte des Tuileries lors de l'événement du 3 nivôse, éleva avec Gisors l'échafaudage destiné a la transformation de la salle où devait siéger le conseil des Cinq- Cents au Palais-Bourbon, et eut pour successeurs Percier et Fontaine; Auguste Hubert, élève de Peyre le Jeune, grand prix d'architecture en 1784, qui, de 1793 à 1793, fut ordonnateur des fêles nationales avec le peintre David et exécuta, sous le premier Empire, divers travaux de restauration dans l'église de la Sorbonne ; Courtépée, qui, lauréat, à plusieurs reprises, de l'Académie en 1802 et 1807, est mentionné honorablement pour son projet de « Temple de la Gloire » et fut chargé, en 1808, de L'appropriation de l'hôtel de Bohan au service de l'Imprimerie impériale; Antoine-Laurent-Thomas Vaudoyer, né à Paris le 21 décembre 175<i, mort le 27 mai 1840, également élève de