‹ Les architectes par leurs œuvres (volume 2)Chapitre 6 sur 276 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Peyre et grand prix d'architecture en 1783. Lorsqu'en 1793 un décret de la Convention eut supprimé l'Académie des beauxarts, Vaudoyer, aidé dans ses généreuses intentions par David Leroy, résolut de créer une école particulière dans laquelle les jeunes Français se destinant à la -profession d'architecte pussent du moins puiser l'enseignement des principes de leur art. Les deux amis obtinrent d'ouvrir leur atelier dans une des salles du Louvre et, sur leurs maigres émoluments de professeurs, prélevèrent une somme deslinée à former des prix pour les élèves les plus studieux et les plus intelligents de leur classe. Lorsqu'en 1795 l'Institut fut établi et que les études des différentes sections de l'Académie des beaux-arts eurent été réorganiséesT Vaudoyer y reprit ses. fonctions de secrétaire. C'est lui qui fut chargé, en 1804, de l'installation de l'Institut au palais des Quatre-Nations. En 1800, Vaudoyer prit part au concours établi pour élever un « Temple à la Gloire » et son projet obtint le second prix ; il fut ensuite appelé à fournir les plans d'une École des beaux-arts qui devait êlre élevée sur le quai d'Orsay; mais l'emplacement de la fulure école ayant été destiné au ministère des affaires étrangères, son projet ne fut pas exécuté. Vaudoyer fut d'ailleurs chargé de travaux importants à Paris : notamment l'agrandissement des bâtiments du Collège de France, la restauration de l'église de la Sorbonne, de l'Observatoire, du marché des Carmes, de l'ancienne bibliothèque Sainte- Geneviève, etc. En province, Vaudoyer aussi restaura le château de la Grange pour le général La Fayette dont il était l'ami ; il a signé trois notices publiées en 1806-1812 et 1830 sur la Madeleine, sur le théâtre de Marcellus à Rome (dont il exposa une restauration) et sur le château de Madrid.

Julien-David Leroy, dont le nom a déjà été plusieurs fois prononcé, était un vieillard lorsqu'il résolut, avec Vaudoyer, de sauver d'une ruine presque fatale l'architecture française, en substituant ses leçons particulières à celles de l'Académie disparue dans la tourmente révolutionnaire. Fils du célèbre horloger Leroy, il était né à Paris en 1728, avait étudié l'architecture dans les ateliers de Jossenay et Loriot, avait obtenu le grand prix en 1750 et était professeur de l'Académie depuis 1774 lorsque celle-ci fut supprimée. Le professorat auquel David Leroy consacra toute sa vie ne lui permit pas d'élever quelque-

œuvre architecturale importante, mais les archéologues connaissent de lui ses écrits : Ruines de la Grèce (1767), Histoire de la disposition des Temples chrétiens depuis Constantin le Grand jwqvïà nous (1764), La Marine des anciens peuples expliquée (1777), etc. Après la mort de David Leroy, arrivée le 27 janvier 1803, une médaille fut frappée en son honneur au moyen d'une souscription ouverte entre tous ses élèves, parmi lesquels figurent les noms de Vignon, Percier, Lehas, Debray, Bonnevie, Joly, elc.

Un architecte contemporain de Vaudoyer, Jacques-Charles Bonnard, né à Paris le 30 janvier 1765 et élève de Benard, avait remporté, en 1788, le premier grand prix, concurremment avec Tardieu. Chargé de restaurer le palais des Tuileries pour le rendre habitable, lorsque Louis XVI fut ramené de Versailles à Paris, Bonnard se mit à l'œuvre; mais les événements de 1792 suspendirent les travaux et l'architecte crut devoir émigrer. Il ne revint en France que sous l'Empire; succédant alors à Benard comme architecte du ministère des affaires étrangères, Bonnard dut faire, en 1810, le plan d'un nouvel hôtel destiné à loger les services de ce ministère et remplacement choisi fut le quai d'Orsay ; mais l'empire tomba, le gouvernement de la Bcstauration manqua de fonds et ce ne fut, comme on le verra plus lard, qu'en 1 833 que Lacornée put commencer l'édifice projeté. Celui-ci reçut d'ailleurs une destination nouvelle et devint le palais de la Cour des comptes el du conseil d'Etat. Bonnard ne fut pas plus heureux avec son projet d'Hôtel des postes qu'il comment a d'exécuter en 1811 et dut ahandonner en 1822; il mourut à Bordeaux, membre de l'Institut, le 28 octobre 1818.

Jean Trepsat, qui n'a attaché son nom qu'à la construction de la fontaine (aujourd'hui disparue) de l'Esplanade des Invalides, dut à un accident la faveur dont il jouit auprès de Napoléon I" et sa nomination d'architecte des Invalides. Un des éclats de la machine infernale qui éclata le 3 nivôse sur le passage du premier consul lui brisa une des cuisses et cette blessure en nécessita l'amputation. Nous ajouterons seulement que Trepsat était encore architecte des Invalides ainsi que des palais de Versailles et de Trianon au moment de sa mort arrivée en 181o. Mentionnons également un élève de Percier et Fontaine, Etienne- Germain Bastard, né en 1786, qui semble avoir mis la dernière

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