‹ Les architectes par leurs œuvresChapitre 9 sur 232 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

son œuvre prouve du moins une fécondilé d'imagination remarquable et c’est peut-êlre elle qui ne laissa pas à son talent, appuyé sur des connaissances solides, le temps de se développer assez pour produire une œuvre digne de lui. Nous donnons d’ailleurs la liste des édifices élevés par Scamozzi, liste considérable, eu égard à la brièveté de la vie de cet architecte; mais nous devons ajouter qu’à peine âgé de vingt-deux ans, il était chargé par les chanoines de San Salvatore de Venise, d’ouvrir des jours dans les coupoles de leur église fort obscure et dessinait, pour les comtes Oddi, un projet de palais qui lui fit beaucoup d’honneur, quoiqu’il n’ait été jamais exécuté.

Les constructions religieuses de Scamozzi sont : la façade de l’église San Gaëtano de Padoue, Saint-Nicolas de Tolentino, l’église d 'Ogni Santi, Saint-Lazare des Mendicanti , l’église et le couvent des Théatins à Padoue, l’église et le couvent de San Michèle; à Venise, dans l’église de la Caritâ, le tombeau du doge Nicolas da Ponte, dansl’église San Giuseppe, celui dudoge Marino Premoni, enfin des chapelles sur le mont Celice; la porte de la sacristie dite Zanopito dans l’église Saint-Pierre et Saint- Paul, la chapelle du doge à Saint-Marc de Venise; également à Venise, la façade de San Giorgio Maggiore exécutée sur les dessins de Palladio et l’hôpital de la Charité sont aussi de Scamozzi. L’église Cœlestia rotunda qu’il avait commencée fut brusquement interrompue et à son projet d’une cathédrale à Salzbourg fut préféré celui de Fischer d’Erlach, architecte de Vienne. Parmi les nombreux palais qu’il éleva dans toute l’Italie, mentionnons : les palais Cornaro, Contarini et Duodo à Venise; le palais Strozzi à Florence, le palais Ravaschieri à Gênes ; le palais Trissino, le palais Bonni Longaraetle palais del Commune (ce dernier commencé par Palladio) à Vicence; la maison Priuli à Ferrare ; le palais Nuovo inachevé et le vestibule du palais de la Zecca ; une quantité de villas et de maisons de plaisance pour les grands seigneurs de Venise, Padoue, Vicence, etc.; la villa Mandria et la villa Lorilgia près Padoue pour les Contarini ; une maison de plaisance pour le cardinal Cornaro sur l’emplacement appelé il Paradiso à Castelfranco ; des villas à Vicence, pour la famille Trissino; à Venise, pour les Trissinoet les Strozzi; près de Lunico, pour les Pisani ; près de Dodo, la villa Ferrala; près de Trévise, pour la famille Priuli ; une maison de campagne à Larii. 2

miga, la villa Feramosca à Barbantano, la villa Verna sur la route de Sienne; à un mille de Padoue la villa de la famille Molino ; à Sarmego la maison de plaisance des seigneurs Godi ; à Verla la villa Verlati. Il construisit à Sabionella un théâtre (qui n’existe plus) pour Vespasien Gonzague et acheva le Théâtre olympique de Vicence, œuvre, nous l’avons dit, de Palladio. Il posa la première pierre de la forteresse de Palma dans le Frioul en 1593 et fut chargé, peu de temps après, d’achever le palais des Nouvelles P rocuraties à Venise. Ici Scamozzi se permit d’altérer le plan de Sansovino en ajoutant un troisième ordre qui forme le second étage qu’il n’acheva pas d’ailleurs, et Baldassare Longhena, à qui ce soin fut confié, n’a point modifié le dessin de Scamozzi; c’est donc à cet architecte seul que doivent revenir les critiques malheureusement trop justes que provoque la vue de l’édifice au milieu de ceux qui l’entourent. Nous avons mentionné l’œuvre du constructeur, celui de l’écrivain se compose d’un traité intitulé fastueusement « l’Architecture universelle », qui devait comprendre douze livres mais qui, en réalité, au moment où il fut publié, en 1615, ne présentait et n’a compté depuis que six livres, quoique le frontispice de l’ouvrage en promît dix : le sixième, livre de la seconde partie qui traite des cinq ordres, est de beaucoup supérieur à tous les autres où l’auteur « prodigue une érudition superflue et mal digérée », dit Milizia. Scamozzi mourut à Venise, avant de l’avoir achevé, en 1616.

L’église Saint-Benoît fut commencée par Simeone Sorellavers 1590, à l’époque même où Scamozzi était à l’apogée de sa réputation. L’autel de l’église Saint-Jean et Saint-Paul (Sainanipolo) l’oratoire de San Girolamo, le mausolée Contarini dans l’église San Antonio, édifié en 1555 par San Micheli, ainsi que la décoration de la vieille bibliothèque et du palais ducal, sont d’Alessandro Vittoria(l), né en 1525 à Trente. Les travaux de Vittoria se trouvent le plus souvent absorbés dans les grandes compositions de Sansovino, de Palladio et de San Micheli; mais sa personnalité se dégage toutes les fois que cela lui a été possible; c’est ainsi que l’ordonnance architecturale de la chapelle du Bosaire (église de SanZanipolo), qui est de sa main, se recommande par son ampleur et son goût profond. Cet architecte est

(I) L’artiste se donnait le nom de Victoria ainsi qu’il résulte de la mention qui figure sur le tombeau de Contarini : Faciabat Alessander Victoria, etc.

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