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CHAPITRE IX

Hollande en 1795, de Wailly fut envoyé dans ces pays en qualité de commissaire pour recueillir les objets d’art qui ont orné nos musées jusqu’en 18 15, époque à laquelle la France fut condamnée «à la restitution de ses conquêtes. Nommé membre de l’Institut à sa création, cet architecte mourut en 1798, après avoir envoyé à Cassel, où il a été conservé, le plan d’un palais pour le landgrave de Hesse. Un hôtel pour le marquis d’Argenson rue des Bons-Enfanls, décoré par le peintre Lagrenée et le sculpteur Pajou, des maisons pour un sieur Duvivier, rue de Richelieu, et la maison du statuaire Pajou, rue de la Pépinière, eurent également de Wailly pour créateur. Son collaborateur à l’Odéon, Marie-Joseph Peyre, était élève de Jossenay et Loriot, et comme de Wailly, grand prix d’architecture et membre de l’Académie (1 7G7). Il lulla énergiquement pendant toute sa vie, avec son ami et collaborateur, contre le mauvais goût de l’époque et mourutau château de Choisy-le-Roi, dont il élail contrôleur, le 18 août 1785. En dehors du théâtre de l’Odéon, il ne laissa d’ailleurs que fort peu d’œuvres d’architecture : la maison de Lepreslre de Naubourg, boulevard de l’Hôpital, et la restauration de l’hôtel du Nivernais, rue de Tournon, aujourd’hui caserne des gardes de Paris, sont seules à mentionner.

Le fils de Marie-Joseph, Antoine-Marie Peyre, né à Paris le 24 février 1770, élevé à l’école des meilleurs artistes de son temps, eut, néanmoins, une vie assez agitée puisque, aide de camp du général La Fayette, il dut disparaître jusqu’au 9 Thermidor ; mais, tout en conservant sa passion pour l’état militaire, il exécuta comme architecte du Palais de justice et du Musée des monumenls français, des travaux bien entendus, notamment l’appropriation des salles de la Conciergerie et la restauration de ses voûtes. Les salles de spectacle qu’on doit à Peyre fils sont : celle de la Gaîté fondée par Nicolel en 1670, ouverte après sa reconslruction en 1800, puis détruite par un incendie, le 21 février 1835; celle de Soissons (1819), celle de Lille (1823). On lui attribue aussi les abattoirs de celte dernière ville; à Paris, le marché Saint-Martin, la charpente en fer du marché des Blancs- Manteaux (1810) (exécutée d’après le projet de Delespine), le corps de garde du quai de la Grève, l’amphithéâtre du Conservatoire des arts et métiers, des additions à l’Asile des sourdsmuets, notamment l’école et, hors de Paris, les restaurations de

la maison d’Écouen, de l’école vétérinaire d’Alfort et l’hôtel de ville de Béthune. Parmi les projets laissés par cet artiste, nous citerons au hasard : un projet de réédification de l’Odéon (celui de Chalgrin fut adopté), un projet de transformation de l’église de la Madeleine en temple de la Victoire (celui de Vignon l’emporta), le projet d’un palais de l’Industrie et d’un palais pour le roi de Rome, etc., etc. Antoine-Marie mourut le 25 février 1843 d’après les uns et le 24 mai d’après Lance; mais un troisième membre de la famille des Peyre illustra également ce nom déjà destiné à ne point périr.

Peyre Antoine-François, dit le Jeune, frère de Marie Joseph et son élève, né à Paris le 5 avril 1739, avait obtenu le grand prix d’architecture en 1762 et fait de consciencieuses études sur les monuments de l’ancienne Rome. Membre de l’Académie d’architecture en 1777, il fut délégué par elle pour élever, sur la demande de l’électeur de Trêves, un palais à Coblenlz ; Sainl- Germain-en-Laye lui doit une église : celle de la communauté des dames de Saint-Thomas-de-Villeneuve, et Paris, celle delà Charité. Comme architecte de Saint-Germain et de Fontainebleau, Antoine-François a rendu aux arts et à la Francel’immense service de sauver de la destruction, pendant la période révolutionnaire plus de six mille statues et bustes en marbre exécutés d’après les meilleurs originaux antiques. Il mourut à Paris, le 7 mars 1823, membre de l’Institut, laissant plusieurs ouvrages sur l’architecture.

Les œuvres d’architecture de cet artiste ont été publiées et renferment des projets très remarquables : celui fait pour l’agrandissement de la Bibliothèque, ceux faits pour le château de Versailles et pour la Chapelle expiatoire ; un projet de couvent, un autre d’académie d’équitation; des projets d’une salle de spectacle et d’un arc de triomphe; des mémoires sur l’achèvement du Louvre et sur l’agrandissement du Musée, etc.

Les auteurs de la petite salle Molière, rue Saint-Martin (car ils étaient deux), s’appelaient Boursault et Malherbe; c’est tout ce que nous savons de ces architectes. Le théâtre Favart (l’Opéra-Comique de la place Boïeldieu, détruit d’une façon si épouvantable par un incendie récent), fut commencé en 1781, et achevé en 1783 par Jean-François Heurtier, architecte du roi, inspecteur des bâtiments de la couronne et membre de

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