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CHAPITRE IX

Louis-Ambroise, né à Paris en 1798, plutôt connu par l’édition qu’il a donnée des œuvres de son père et par celle des œuvres de Vitruve (en collaboration avec Tardieu) que par sa construction des messageries Lafille de la rue Saint-Honoré.

Quelques années après la Halle au blé, on construisit le marché Saint-Gervais ou des Blancs-Manteaux dont l’auteur est Pierre-Jules Delépine, né à Paris en 1756, mort en 1825. Membre de l’Institut et professeur à l’Académie royale, Delépine fut aussi chargé de la restauration de l’église Saint-Roch et d’un nombre considérable d’hôtels à Paris. Quant à la construction de la rotonde du Temple, commencée en 1781 et finie en 1788, elle est l’œuvre d’un arcliilecte élève de Moreau et de Boullée : Perrard Montreuil qui, en sa qualité d’architecte du grand prieuré de France, était chargé des travaux de toutes les commanderies de Malte à Paris et en province. On lui doit d’ailleurs l’hôtel de Bénévent, rue d’Anjou-Saint-lIonoré et l’hôtel de la Bouillaie à l’angle de la rue de Provence.

Déjà des hôpitaux pour les malades de la nombreuse population de la capitale, ceux de Saint-Louis, de la Charité, de la Pitié et de nombreux asiles pour les enfants, les vieillards et les incurables s’étaient élevés dans les divers quartiers de Paris; en 1784, sur les terrains du financier Beaujon, Nicolas- Claude Girardin, prix d’architecture en 1772, construisait l’hôpital qui porte encore aujourd’hui le nom du donateur, développant ses 32 mètres de façade sur la rue du Faubourg-Saintllonoré. Mais la grande arcade entourée de bossage qui forme l’entrée, n’offre rien de remarquable à côté de la chapelle dédiée à Saint-Nicolas-du-ltoule, élevée aussi pour le financier par Girardin et qui fut regardée, dans son temps, comme une des meilleures productions architecturales du xvm' siècle. « La nef, écrivent les contemporains de notre architecte, en est ornée de deux rangs de colonnes qui forment les galeries latérales, la voûte en est enrichie de caissons et de sculptures et est éclairée par une lanterne carrée; l’extrémité en forme de rotonde, d’ordre corinthien, constitue le chœur éclairé par en haut et un autel circulaire tient le milieu de cette rotonde. » Girardin avait aussi installé une serre dans le parc de l’hôtel d’Évreux (lisez de l’Élysée), avant sa mort arrivée à Paris le 10 septembre 1 786.

D’un autre côté, depuis Richelieu, les théâtres s’étaient multipliés ; on en avait ouvert dans presque tous les quartiers de Paris. Le nombre en fut accru par la salle du Vaux-Hall ou Redoute chinoise construite, vers 1779, par Munch dans l’enclos de la foire Saint-Laurent. L’architecte Damesme Louis-Emmanuel- Aimé, néà Magny, mort à Paris en 1821 , fut l’architecte du petit théâtre de la rue Chantereine (aujourd’hui de la Victoire) et d’une petite salle de théâtre rue Saint-Martin. Damesme avait travaillé, sous les ordres de Ledoux avec Barnera à Paris (voir page 19*7), puis avec Joseph Bonnevie à Bruxelles où il éleva de 1817 à 1819, le Théâtre-Royal et la prison municipale du Pelit- Sablon achevéeen 1816 par Visquin et Varry. On lui doit aussi le château de Sillery (Seine-et-Oise) et le dessin d u parc de Vitry dans le même département. Le théâtre de l’Odéon eut deux architectes: Peyre Marie-Joseph néà Paris en 1730 et Charles de Wailly né dansla même ville le 5 novembre 1729. Ce dernier s’était formé sous Blondel et avait aussi demandé des conseils à Servandoni. Prix de Rome en 1752, il voulut partager avec Moreau qui n’avait obtenu que le second rang, la faveur d’aller en Italie; il y fut nommé, pendant son séjour, membre de l’Académie de Bologne. A son retour d’Italie il fut reçu en 1767 membre de l’Académie d’architecture et, en 1771, membre de celle de peinture. Avec la construction du théâtre de l’Odéon, dont il ne resta que les quatre murs, après l’incendie qui le dévora en 1799 (1), de Wailly entreprit la restauration du Théâtre-Italien à Paris et la construction de l’un des théâtres de Bruxelles. On lui doit également, à Paris, l’achèvement de la chapelle de la Vierge à Saint-Sulpice, la construction de la chapelle basse de Saint-Leu et la surélévation du chœur; hors Paris, une chapelle (depuis transformée en lemple protestant), à Versailles; le château de Mont-Meudard, près Dijon; le château des Ormes en Touraine et le palais Spinola à Gênes, sous la direction de Tagliafichi. Plusieurs souverains étrangers, et notamment Catherine II, impératrice de Russie, lui firent les offres les plus séduisantes pour se l’attacher; mais il les repoussa sans distinction ; seulement, après la réunion de la Belgique à la France et la conquête de la

(I) La salle actuelle ne date que de 1819, celle qui avait remplacé le théâtre de Peyre et de Wailly ayant etc de nouveau incendiée le 20 mars 1818.

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