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CHAPITRE IX

Jean-Augustin Renard, né à Paris en 1744, grand prix en 1773, inspecteur des bâtiments du roi en 1783, membre de l’Académie d’architecture en 1792, etc., etc., collaborateur de l’abbé de Saint-Nom, dans son Voyage 'pittoresque d'Italie , a attaché son nom à la construction des écuries de Louis XVI à Sèvres et à Saint-Germain et d’une galerie ajoutée au ministère des affaires étrangères, rue du Bac, qui devait bientôt disparaître, ainsi qu’à une restauration des bâtiments de l’Observatoire (en collaboration avec Brébion de 1786 à 1793), àla décoration de l’hôtel d’Orsay et de l’hôtel de Bénévent ; et en province, la restauration du château de Valence. Renard mourut à Paris le 24 janvier 1807 après avoir élevé le comble vitré du salon de l’Exposition au Louvre, et laissant pour successeur Bonnard dont il sera parlé dans le volume suivant.

Un architecte qui jouit parmi ses contemporains d’une notoriété assez considérable est Pierre Patte, celui dont les critiques abrégèrent, dit-on, la vie de Souftlot ; pourtant on ne peut citer de lui que l’hôtel de Charost à Paris, que l’église de Bolbec (1774 à 1781) en province et, à l’étranger, deux palais pour le duc de Deux-Ponts et le château de Jarisbourg (1765). Mais si nous donnons ici à l’écrivain une place que nous avons réservée à ceux qui ont vraiment fait œuvre d’architecture, c’est à cause de l’importance prise par Pierre Patte, nous le répétons, dans la lutte soulevée à l’occasion de la construction du Panthéon, Cela dit, ajoutons qu’il naquit à Paris le 3 juillet 1723 et qu’après avoir parcouru l’Italie, l’Angleterre et l’Allemagne, il se fit un nom en publiant des articles de critique d’art dans plusieurs journaux et notamment dans les Annales de Linguet. Voici la nomenclature de ses ouvrages :

Discours sur l' importance de l'étude de V architecture , etc.,

1 vol. in-8°, 1754. Etudes d architecture de France et cl'ltalie, etc., in-f°, 1755-1756. De la manière la plus avantageuse d éclairer les rues , in-8°, 1766. Monuments érigés en France , en l'honneur de Louis XV, in-f°, 1765. Description historique de la colonnade du Louvre. Mémoire sur la construction de la coupole projetée pour couronner l'église de Sainte-Geneviève, in-4°, Paris, 1770. Analyse raisonnée de ! état alarmant du dôme du Panthéon français, 1 vol. in-4°. Mémoire sur l'église Sainte-Geneviève [Annales de Linguet, 1780). Mémoire sur l'achèvement du portail de Saint-Sul-

pice , in-4°. Cours cF architecture ou traité de la décoration , G vol. in-8° de texte et 3 vol. de planches (1771 à 1777). Mémoires qui intéressent particulièrement Paris , in-4° (An IX). Essai sur l'architecture théâtrale. Abrégé de la vie de Boffrand, 1 vol. in-8° (1782). Sur la translation des Cimetières hors de Paris , in-4°. Les véritables jouissances d'un être raisonnable à son déclin , in-12, 1802. Patte mourut à Mantes le 19 août 1814.

Pendant les dernières années qui précédèrent la Révolution, se manifesta un véritable engouement pour les temples grecs de Pæstum que l’architecte Delagardette venait de mesurer et de publier. Nous avons déjà parlé d’une tentative de ce genre d’architecture faite par Antoine, à l’hôpital de la Charité; en 1780, Brongniart dont on lira la biographie à l’occasion de la Bourse, son œuvre principale, renouvelait cette tentative lors de l’édification du couvent des Capucins de la Chaussée-d’Antin, aujourd’hui lycée Condorcet; nous devions donc une mention à cette évolution passagère du goût français. Nous avons également réservé à cette place quelques lignes pour Edme Verniquet. Cet architecte, né à Châtillon-sur-Seine en 1727, mort en 1804, seconda Butîon dans ses projets d’amélioration du Jardin du roi et couvrit la Bourgogne d’églises, de châteaux, de ponts, d’usines, etc. Le Maine, le Poitou, l’Ile-de-France possèdent aussi des châteaux et des villas dus au génie inventif de Verniquet qui, en 1777, commença la reconstruction des bâtiments du Prieuré des Bénédictines de Marcigny-sur-Loire. Verniquet n’a d’ailleurs laissé à Paris, comme œuvres architecturales, que les hôtels d’Avrincourt et de la Queutille, rue de Babylone; mais ce qui aurait suffi certainement à tirer son nom de l’oubli, c’est le plan de Paris qu’il publia en 177G, document important de l’histoire de la capitale, composé de 72 feuilles grand atlas, y compris les cartouches et les cartes des opérations trigonométriques et c’est à ce titre surtout que nous le nommons à la suite des grands artistes des xvii° et xvme siècles.

Nous ne pouvions non plus nous dispenser de mentionner au moins le nom de Michel-Jean Sedaine, beaucoup plus connu comme littérateur que comme architecte, puisqu’il ne fit que des projets qu’on n’exécuta point. Fils d’architecte d’ailleurs, il était né le 7 juin 1719; appelé en 17G8 à l'Académie, il en fut nommé

BOFFRAND

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