CHAPITRE IX
en 1776, secrétaire perpétuel et il conserva ce titre jusqu’à sa mort arrivée le 17 mai 1799.
Mais le règne de Louis XY ne fut pas seulement fécond en œuvres d’architecture. Le grand accroissement que prit Paris, de 1720 à 1780, devait amener sa transformation et à côté des avenues et des boulevards qui y furent créés ou plantés, on éleva des marchés et des halles; on s’occupa d’assurer l’approvisionnement nécessaire à la consommation et le nettoyage des voies publiques, élément de salubrité jusque-là inconnu ; enfin on dut faciliter les communications entre les deux rives de la Seine au moyen de ponts nouveaux. Aussi est-ce de cette époque que date la création du corps des ponts et chaussées dont le premier ingénieur fut, en 1747, l’ingénieur Perronnet, le constructeur du pont de Neuilly. Sous la conduite de Gabriel le père et sur les plans de Lemaistre, les fondements d’un pont de pierre en remplacement du pont de bois dit le Pont-Rouge furent jetés, en 1685, et l’élection de cet architecte ingénieur à l’Académie, en 1697, fut la récompense méritée d’une œuvre assez difficile dans son exécution. Lemaistre trouva un intelligent collaborateur dans François Romain dit en religion le frère Romain , connu par la construction du pont de Maëstricht ei qui mourut à Paris le 7 janvier 1 735, inspecteur des ponts et chaussées. Romain était d’ailleurs architecte de l’intendant Bignon, possédait le litre d’architecte du roi et avait été chargé de la construction de la petite église d’Épinay-sur-Seine. Déjà, en 1718, Jean-Baptiste-Auguste Beausire, ingénieur etarchitecte du roi, « garde des eaux et fontaines publiques », membre de l’Académie d’architecture en 1 732 et mort en 1764, construisait un aqueduc pour conduire les eaux venant des hauteurs de Ménilmontant et relevait le Petit-Pont mis en péril par l’incendie des maisons qui le couvraient. Le père de cet architecte-ingénieur Jean Beausire, ayant également charge des fontaines publiques de Paris, et membre de l’Académie en 1716, mourut en 1743, après avoir donné le plan d’un hôtel pour les mousquetaires du roi, qui ne fut point exécuté, et refait le chœur de Saint-Benoît-le-Bétourné.
A l’exemple de Paris les plus grandes villes de la France se couvrirent d’édifices et d’hôtels.
Au premier rang des architectes qui suivirent le mouvement artistique dont Paris tenait la tête, mentionnons Pierre Puget né à Séon près de Marseille, en 1622, de qui les œuvres sculpturales ont été admirées du monde entier. C’est comme peintre, cependant, que Puget, lors de son séjour à Rome, se fit connaître et apprécier de Pierre de Cortone; mais, à son retour, il n’hésita pas à prendre le compas et le crayon, et dota Toulon d’un hôtel de ville dont la porte est un chef-d’œuvre. Moins heureux à Marseille, il vit repousser son projet d’hôtel de ville; il fit seulement le plan du grand escalier et la plupart des maisons qui ornent la rue du Cours de Rome, ainsi que la sienne, devant laquelle on plaça, en 1806, la fontaine qui porte son nom. On cite également de Puget : la Halle au poisson élevée dans sa ville natale, ou comme exécutés sur ses plans, l’église des Capucins et l’arsenal de Toulon, ainsi que l’hôtel d’ Aiguilles à Aix et l’église de l’hospice de la Charité également à Aix. 11 nous suffira de dire, en terminant, que Puget mourut en 1694, laissant un fils, François, plutôt peintre qu’architecte, mort lui-même en 1707, qui surveilla la construction de cet hospice de la Charité dont le portique n’a jamais été d’ailleurs achevé.
L’hôpital des Chartreux de Toulouse ainsi que la façade de son hôtel de ville sont dus à Lambert-François-Thérése Gammas qui, né à Toulouse en 1743 et fils d’un architecte, alla prendre auprès des artistes romains des leçons d’architecture et fut nommé membre de l’Académie de cette ville où il mourut en 1804. Gammas n’étail-il point d’ailleurs le fils de ce Gammas ou Campmas Guillaume auquel Toulouse doit son Capitole et qu’on dit être né à Angers? Toujours est-il que l’édifice de 1759 ne vaut ni mieux ni moins que beaucoup de ceux élevés à cette époque; il est seulement fâcheux, pour ce dernier architecte, qu’on lui ait attribué un acte auquel il a peut-être été étranger : celui qui a consisté à diviser en morceaux les colonnes antiques employées dans la construction de l’édifice, par la seule raison, sans doute, qu’on manquait d’instruments pour les dresser dans leur intégrité. Les habitants d’Auch, en 1662, éprouvèrent le besoin de donner une nouvelle façade à leur cathédrale et ce fut Germain Drouhet qui n’hésita pas à accoler à cet édifice de style ogival une façade d’architecture grecque composée de trois porches séparés par des colonnes corinthiennes accouplées, au-