CHAPITRE IX
dessus desquelles s’élèvent deux campaniles carrés d’ordre composite. Mansard de Jouy avait bien traité de la même façon l’église Saint-Euslache de Paris.
A Montpellier, deux architectes, Giral et Jacques Donnât (ce dernier né en 1741 et mort en 1824), essayent de transformer la vieille cité universitaire en créant la place du Peyrou qui fut terminée, de 1775 à 1778, par Raymond que nous retrouverons parmi les architecles du xixe siècle. Giral et Donnât restaurèrent également le palais archiépiscopal de Narbonne et élevèrent la cathédrale d’Alais; enfin ces deux architectes furent les organisateurs des fêtes données à Cette à l’occasion du passage du comte de Provence, Louis XVIII. A Montpellier encore, les bains, l’École de dessin, le musée Fabre et la nouvelle façade de l’église Saint-Mathieu ; à Lodève et à Beaucaire les mairies, ainsi que le presbytère de Sainl-Jean-de-Vlades sont élevés, vers le commencement du xixc siècle, par Jean-Joseph Boué, né à Satelles en 1784 et professeur d’architecture à Montpellier.
A Arles, c’est l’architecte Jacques Peytret qui est directeur, en 1675, des travaux de l’hôtel de ville dont le plan avait été fourni par de la Valfenière.
Nous avons indiqué, en faisant l’historique du théâtre de Bordeaux, œuvre de Louis, les noms de deux artistes qui furent les architectes des autres salles de spectacle construites dans celte ville vers la même époque ; nous avons encore à citer parmi ceux qui, à côté de Louis et de Gabriel, couvrirent Bordeaux d’édifices importants, le nom d’Étienne, auteur du plan du Palais archiépiscopal (aujourd’hui Hôtel de ville) élevé sur la demande de l’archevêque Rohan de Guémenée, de 1770 à 1781 el de Laclotte qui fut le continuateur de l’œuvre d’Étienne. Ce Laclotte dont le prénom était probablement Estienne fut reconnu maître architecte de Bordeaux par décision du maire et des jurats de la ville en date du 6 juin 1757 et Bordeaux lui doit plusieurs hôtels particuliers. Mentionnons encore les noms du Frère Mathieu, architecte du couvent et de l’église des Carmes en 1659 et de Pierre-Michel Duplessy, « architecte, ingénieur du roi au département de Guyenne », né à Blaye en 1633, mort le 30 juillet 1693, architecte du couvent des Dominicains et de l’église de ce couvent élevée (1), avec le concours du dominicain
(1) Sur l'emplacement de l’église Notre-Dame qui datait de 1230,
Jean Maupeou, en 1684. Après la mort de Duplessy, la construction fut continuée parle dominicain Jean Fontaine, Bordelais, mort en 1720, que nous mentionnons ici parce qu’il fut l’architecte du château de l’évêque de Condom. Nicolas Montégut ou Montaigut, architecte, vers 1741, de l’hôtel de la Lande, rue Boudard, et de la façade de l’église des Capucins (1), auteur également, nous l’avons dit, de la salle de spectacle qui précéda le Grand-Théâtre; Potier (dont nous ne connaissons que le nom), qui érigea en 1753 la porte dite d’Aquitaine et l’Hôtel des Monnaies aujourd’hui occupé par une congrégalion religieuse; Teulère, restaurateur du phare en 1789, George Sabarot qui construisit, de 1787 à 1788, le portail du couvent des Minimettes et la chapelle de ce couvent, aujourd’hui détruits, Clochar père, architecte, de 1790 à 1794, des hospices de Sainte-Croix et de la Maternité et réorganisateur de l’hospice des Incurables qu’il soulint, à certains moments, de ses deniers; Langlois, architecte du château de Cadillac, remarquable surtout par les sculptures de Girardon, méritent également d’être rappelés ici.
A Lyon, Ferdinand de Lamonce ou La Monce continue, en 1734, l’œuvre de Souftlot, l’église des Chartreux. Lamonce était né le 29 juin 1G78 à Munich; son père, premier architecte de l’électeur de Bavière, guida ses premiers pas dans la carrière de l’art qu’il voulait parcourir. Sorti de cette excellente école, il visita la France et l’Italie, s’arrêta à Grenoble, fit dans celte ville quelques constructions, puis, en 1731, se fixa à Lyon. C’est sur les plans de cet architecte (et non de Souftlot) que fut construit Y Hôtel-Dieu de cette ville et, c’est sous sa direction que fut élevée l’entrée principale de l’édifice qu’on peut encore, grâce à Dieu, adnîirer aujourd’hui. Lyon lui doit aussi le portail de l’église Saint-J ust, la restauration de l’église Sainte-Croix, une portion du quai du Rhône et le dôme de l’église des Chartreux. Cet artiste, qui s’occupait de gravure, a donné quelques planches pour la description de l’Hôtel des Invalides à Paris et a laissé un manuscrit renfermant de remarquables critiques sur plusieurs constructions exécutées à Lyon, notamment sur huit églises qui alors venaient d’être nouvellement bâties. Lamonce mourut dans celle ville le 30 septembre 1753.
Mentionnons encore Cormeau, l’architecte qui continua la
(1) Lance dit : Porte des Capucins.