CHAPITRE IX
construclion du palais de justice de Rennes commencé par Debrosses en 1 G1 8 el dont la restauration, après l’incendie de 1720, fut confiée à Gabriel Franque dont nous ne connaissons que le nom. Dans la seconde moitié du siècle précédent un architecte sur lequel nous ne possédons aucun renseignement biographique, nommé Seheult, avait élevé à Nantes l’hôtel des Douanes, l’hôtel du Four, l’entrepôt, etc., pendant que Penchaud père commençait le château de Verrières et celui de Dissois en Poitou qui furent achevés par son fils Michel-Robert que nous mentionnerons parmi les architectes du xix° siècle.
Nous avons prononcé le nom de Trouard en faisant l’historique du portail de la cathédrale de Dijon. Disons ici que Louis- François Trouard était né à Paris en 1729 et avait remporté le grand prix d’architecture en 1753. Membre de l’Académie en 17G9, il avait été l’architecte à Versailles d’une chapelle des catéchismes dans l’église Saint-Louis (1760) puis, de 1764 à 1770, de l’église Saint-Symphoricneten 1773, d’unecasernepourlesgardesfrançaises, sur la place d’ Armes, démolie en 1831. Le malheur voulut que l’évêque de Jarenle ayant entrepris la restauration des tours romanes de la cathédrale d’Orléans, Sainte-Croix, Gabriel (troisième du nom), qui avait dressé le plan complet de cette restauration, fut obligé, en 1766, d’en laisser l’exécution à Trouard qui en resta chargé jusqu’en 1773. A cette époque Trouard fut remplacé, mais il avait apporté de graves changements au plan de Gabriel ; ayant démoli le portail principal, il accola à la basilique une façade dans le goût de l’époque et exhaussa les deux tours d’un troisième ordre. C’est un véritable malheur pour l’art, que Sainte-Croix n’ait pas pu résister aux dégradations du temps quelques années de plus. Trouard eut d’ailleurs un collaborateur dans cette restauration : Pierre- Adrien Paris, architecte du roi, membre de l’Académie d’architecture et plus tard directeur de l’Académie des beaux-arts à Rome. Né à Besançon en 1747, Paris concourut quatre fois, sans pouvoir obtenir le grand prix et reçut cependant, par la protection de l’intendant des bâtiments du roi, le titre de pensionnaire de Rome. Les études qu’il fit pendant son séjour en Italie furent largement utilisées par l’abbé de Saint-Nom et de la Borde. Il dirigea les fêtes de Versailles et de Marly, exécuta, comme architecte des Menus plaisirs, les décorations du théâtre
de l’Opéra et fit pour la restauration du château de Versailles un projet important que l’état des finances ne permit pas d’exécuter. C’est en 1787 qu’il entreprit la continuation des travaux de la cathédrale d’Orléans et c’est sur ses dessins que fut élevé le troisième étage des tours, ouvrage qu’il termina en 1790. Troublé, à cette époque de sa vie, par quelques fanatiques de la Révolution, Paris chercha une retraite chez un ami, d’abord, au château de Colmoulin, puis à Rome, où il accepta la situation de directeur de l’Académie, comme il avait accepté d’ailleurs celle de premier architecte de l’Assemblée nationale. En Italie, il exécuta les fouilles du Colisée (1811), collectionna les antiques de la villa Borghèse, et rentra en France en 1817 ; mais avancé en âge, il se retira à Besançon où il mourut en 1 819.
Un des élèves de Trouard, Jean-Charles-Alexandre Moreau,
natif de Rimeaucourt, avait obtenu en 1785 le premier prix d’architecture, et, à son retour d’Italie, en 1792, le second prix de peinture. Connu surtout comme décorateur du Théâtre-Français de Paris dont il refit toute la décoration en 1799, Moreau vit son projet de colonne monumentale à la gloire de l’armée française classé le premier en 1800. 11 a laissé un supplément à l’œuvre de Desgodets sous ce titre : Fragments et ornements d' architecture dessinés à Rome d'après ï antique.
De 1701 à 1717, Révérend (dont nous ne connaissons que le nom patronymique), architecte du duc Charles IV de Lorraine, architecte du couvent et de l’église des religieux tiercelins de Nancy, était chargé des reconstructions du Château de la Cour , partie du palais ducal. Il eut pour collaborateur dans ce travail resté inachevé (Guesnon aussi inconnu que lui) et pour successeur Jean Leduc, qui construisit les nouvelles écuries du palais et restaura l’orangerie en 1722. En 1729, François III étant devenu à son tour duc de Lorraine fit démolir une galerie de pierre « à entrelacs » qui régnait au-devant du corps de bâtiments voisin des Cordeliers et choisit, pour la réédification de cette galerie sur un nouveau plan, Jean-Nicolas Jennesson, de Nancy; ce travail achevé, Jennesson restaura une autre partie du palais appelé le Louvre , puis donna les plans et dirigea l’exécution de l’église Saint-Sébastien, à Nancy, achevée en 1731. Il paraît qu’il construisit à ses frais la chapelle Saint-Pierre, cédée