CHAPITRE IX
depuis à la ville de Nancy et un certain nombre de maisons particulières dans cette même ville.
La chapelle royale, la galerie du château d’inville, l’église de Bon-Secours et le couvent des Minimes, dans les faubourgs de Nancy, ainsi qu’un asile d’orphelins, les bâtiments de la place royale, notamment le palais épiscopal, le théâtre, le collège Royal de médecine, une maison de charité, rue Sainte-Catherine, des ponts sur la Meurthe et sur la Moselle, etc., datent de 1740 à 1753 et font partie de l’œuvre d’un architecte nancéen Emmanuel Héré de Corny, né à Nancy le 12 octobre 1705. Contrôleur général du roi Stanislas, décoré par Louis XV du cordon de l’ordre de Saint-Michel, Héré de Corny fut l’architecte de tous les édifices élevés à cette époque sur les ordres de Stanislas à Lunéville : notamment dans les jardins du château, le pavillon du Trèfle et celui de Chanteheux, les cascades et les rochers et la ménagerie du roi ; les écuries du château de Commercy, la colonne hydraulique de Pont-Canal, le pavillon royal à l’extrémité du canal de Commercy, etc. A Lunéville, les tours, l’horloge et la tribune des orgues de l’église Saint-Remi furent également exécutés sur les plans d’Héré de Corny qui y mourut le 3 février 1703.
Le collège de Nancy fut construit par Nicolas Grillot, né en 1759 et mort à Nancy en 1824, architecte du département de la Meurthe; Grillot fut aussi chargé de la restauration du palais ducal et de la décoration de la salle de spectacle qui avait eu pour architecte, en 1751, Charles-François Rolland fle Virloys, architecte du roi de Prusse et de l’impératrice Marie-Thérèse. On cite de Virloys, né à Paris le 20 octobre 1716, et mort le 30 mai 1772, à Épinal, le tribunal et à Metz (1755) le théâtre; à Plombières, l’Etablissement de bains, ainsi que l’église de Pontà-Mousson, dont il jeta les fondements en 1703, mais qui ne fut achevée qu’en 1726. De Virloys a publié un Dictionnaire cl' architecture civile , militaire et navale , assez estimé (Paris, 1770, 3 vol. in-4°, avec 101 planches). Toujours à Nancy, l’église des Petites- Carmélites qui date de 1706, celle des Prémontrés, la maison des Grandes-Carmélites et leur chapelle, dont la coupole a été peinte par Provensal (1798-1804); la chapelle du Carmel dans l’église des Carmes eut pour architecte Beteau ou Beteaux dont nous ne savons qu’une chose, c’est qu’il était architecte
du duc Léopold ; puis l’église Sainle-Élisabeth, commencée en 1764 par Pierre Lisez ou Lizé, architecte aussi du portail de l’église des Sœurs-Grises de Nancy. Nous citerons seulement pour mémoire, parce qu’il fut, en 1730, premier architecte de la municipalité de Nancy, Ferdinand de Saint-Urbain, né dans celte ville en 1638, mort le 11 février 1738, graveur en médailles, qui n’a, du reste, point laissé après lui d’autre œuvre architecturale.
A Toul, signalons vers la môme époque la construction du palais épiscopal; architecte, Frère Nicolas Pierson, de l’ordre des Prémonlrés. Né à Apremont (Meuse), selon les uns le 28 janvier, selon les autres le 27 septembre 1692, Pierson achève l’église des Prémontrés et construit l’église Sainte-Marie à Pont-à-Mousson, dresse les plans de l’abbaye de Jand’heurs, achève l’abbaye d’Étival, le portail et les deux tours de l’église de Salivai et construit l’église de Bougival (Lorraine). Enfin le duc de Lorraine, Léopold, lui demande le dessin d’une maison de plaisance qu’il se proposait d’édifier près de Pont-à-Mousson. Pierson meurt à une date que nous ne pouvons préciser.
A Metz, c’est Charles-Louis Clérisseau, né en 1722, doyen de l’Académie de peinture, membre des Académies de Londres et de Russie, architecte de Catherine II, qui éleva l’Hôtel du gouvernement, devant le Palais de Justice. Clérisseau, qui, on le sait, était d’ailleurs un peintre et un décorateur d’un grand talent mourut fort âgé à Auteuil, le 19 janvier 1820, pendant que l’architecte du roi de Pologne, nommé Gautier, dirigeait les travaux d’établissement du quai Saint-Louis. Le pont Saint- Marcel et le pont de la Grève, la salle de spectacle ainsi qu’un certain nombre de casernes de Metz, sont l’œuvre d’un architecte nommé Oger qui les construisit (de 1735 à 1739) ainsi que la fontaine du Moyen-Pont ou des Pucelles consistant en un portail dorique surmonté d’une statue de la Vierge et orné des armes de la ville.
A la suite d’un violent orage, la flèche de la cathédrale de Strasbourg avait été frappée de la foudre sur une longueur de dix-neuf mètres qu’on fut obligé de démolir. L’architecte Jean- Georges Heckler, chargé de la restauration de la tour, avait poursuivi les travaux, de 1654 à 1669, en respectant le plan primitif; cent ans plus tard, en 1743, Michel Erlacher réparait la