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CHAPITRE IX

même flèche endommagée de nouveau par la foudre. Massol, à qui Strasbourg doit le palais du cardinal de Rohan et son hôtel de ville, construisait, daus la cathédrale, la sacristie et la tribune de l’orgue et terminait, en 1730, l’holel de Darmstadt, propriété du fils du landgrave de Hesse.

Benoît Lebrun, né à Paris en 1754, mort à Châteauneuf-sur- Loire le 29 septembre 1817, commença par élever, à Versailles, en 1780, en collaboration avec Duval, un vaste bâtiment où fut installé, en 1801, le Gymnase littéraire et des arts ; puis il alla se fixer à Orléans. Là il transforma, en 1793, l’église Saint- Michel, place de l’Étape, en salle de spectacle; en 1797, il abattit l’abside de l’église Saint-Hilaire et convertit le reste de l’édifice en une halle couverte; il est vrai de dire qu’ayant reçu de la ville d’Orléans, en payement de ses honoraires, le monastère de Saint-Benoil, il en conserva l’église qu’il échangea contre l’ancienne église de Fleury. Les boiseries du séminaire d’Orléans ont été sculptées sur les dessins de Lebrun qui était aussi un dessinateur de grand talent.

A Châlons-sur-Marne, de 1759 à 1786, Nicolas Durand, né à Paris en 1739, mort à Châlons-sur-Marne le 23 février 1830, est l’architecte de l’hôtel de l’Intendance, aujourd’hui la Préfecture (1759), du pont de Vaux (1767), de la porte Sainte-Croix (1770), de la salle de spectacle (1771), d’une caserne d’infanterie près la porte Saint-Jacques, du portail de l’église de Juvigny, du théâtre de Reims (1773), des casernes de Chaumont et de l’église de Vergenay (1786), de l’hôtel de ville de Langres (1772), d’un couvent de dominicains et de l’Hôtel-Dieu (1774). Un autre Durand, prénommé Léopold, religieux bénédictin de Saint- Mihiel, mort à Saint- Avold le 7 novembre 1746, éleva, vers la même époque, à Nancy, l’église abbatiale de Saint-Léopold, depuis détruite, et reconstruisit (1708) le château de Commercy.

A Dijon, un élève deMansard, Noinville, commence, en 1686, la reconstruction de la partie de l’ancien palais des ducs de Bourgogne appelée le Logis du roi dont, en 1697, le portail s’élevait jusqu’à l’œil-de-bœuf; il est aussi l’architecte de la grande salle de l’hôpital, achevée seulement en 1842 et enfin de l’église Saint-Étienne. On termine cette église en 1721 et, en 1768, l’église du couvent des Bernardins, qui eut pour architecte le Frère Louis, oratorien, architecte également de la chapelle du n. 14

collège ù Beaune. La façade du nouvel liôlel de ville de Dijon, d’ordre toscan, fut élevée sur les dessins de Gabriel, mais l’aile droile du palais des Etals, desliné par Napoléon 1er à la Sénatorerie, est attribuée à l’ingénieur Émilian-Marie Gauthey auquel on doit le canal de la Loire, à la Saône. Ce ne fut pas sans avoir lutlé longtemps contre le mauvais vouloir et l’ignorance que Gauthey, né en 1732 à Chalon-sur-Saône, parvint à faire approuver son projet (1779). Enfin, en 1791, il achevait le canal, du Centre, ainsi que les travaux du canal de jonction de. la Saône; mais cet immense Iravail d’ingénieur n’avait pas empêché Gauthey de faire œuvre d’architecte; on lui doit en effet l’église de Givry et le château de Çhagny. Il prit parti pour Soufllot dans la querelle qui s’éleva au sujet du dôme du Panthéon et consigna ses intéressantes observations dans plusieurs mémoires, parmi lesquels nous citerons le Projet de dérivation des rivières de l' O urcq, de T hér ouenne, d' Essonne, etc. Gauthey mourut le 14 juillet 180G, commandeur de la Légion d’honneur.

Jean Aubert, architecte du prince de Condé, admis à l’Académie le 22 janvier 1 720, mort le 13 octobre 1741, construit, de 1719 à 1735, les écuries et le manège du château de Chantilly et à Paris l’hôtel d’Imécourt, situé rue Boudreau, ainsi que cette maison remarquable par les figures en bas-relief qui décorent sa façade, qui forme l’angle de la rue Caumartin et du boulevard. Aubert était d’ailleurs un architecte de maisons et d’hôtels; son biographe nous apprend qu’il en a construit vingt-huit dans le même quartier, en nous laissant ignorer d’ailleurs les dates de naissance et de mort de cet artiste. Un autre Aubert, qui ne semble pas de la famille de Jean Aubert, était son contemporain, puisqu’il achevait à Paris, vers 1780, l’hôtel de Lassay, aujourd’hui hôtel de la présidence du Corps législatif, commencé par Lassurance.

Huvé (Jean-François), né à Boinvilliers près de Mantes, en juin 1742, grandprixenl770 et inspecteurdesbâliments de Monsieur, élève le château du président d’Hormois et les écuries de la reine h Compiègne, fait des additions et restaurations au château de Montreuil, près Versailles, appartenant à Madame Élisabeth et ajoute trois chapelles à l’église des Bécolletsde Versailles, bâtie par H. Mansart en 1684. Il meurt à Versailles le 24 mai 1808 après une vie très tourmentée.

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