CHAPITRE IX
Nous mentionnerons seulement deux édifices religieux de Lyon, comme datant la fin de ce siècle : le monaslère des Céleslins qui tombait en ruines et que rebâtit, en 1721, l’architecte Masson, sur un plan rappelant les Céleslins de Paris, puis l’église des Auguslins terminée en 1789 par un religieux de l’ordre, le p'ere Joseph Janin, né à Lyon en 1705, et qui subit le même sort que Morand et Décrénice, le 15 mai 1794. Nous devons y ajouter pourtant la construction, par un architecte nommé Duboys, de la tour de l’église Notre-Dame de Fourvières qui supporte aclnellement la statue colossale de la Vierge. La dédicace du nouveau sanctuaire, ainsi complété, eut lieu en 1751.
Si nous nous dirigeons maintenant vers l’ouest de la France, nous trouvons, à Nantes, des édifices des xviPet xvme siècles : d’abord le palais delà Chambre des Comptes, aujourd'hui hôtel de la Préfecture, l’un des plus beaux édifices de cette ville, dont la première pierre fut posée le 6 septembre 1763, l’iiôtel Deurbroucq, sur l’île Gloriette, l’hôtel des Douanes, sur la Fosse, l’hôtel d’Auix, place Louis XVI, actuellement quartier général du commandant du 11° corps. Tous ces édifices eurent pour architecte Jean-Baptiste Ceineray, né à Paris le 10 mars 1722 et mort à Nantes le 20 juin 1811. Ceineray, architecte voyer de la ville pendant vingt-quatre ans, fut aussi l’auteur des embellissements dont Nantes a été doté pendant celte période, notamment les promenades des cours Saint-Pierre et Saint- André; aussi la ville reconnaissante a-t-elle donné son nom, en 1838, à l’ancien quai Lebret. L’hôtel de ville, formé en partie de l’ancien hôtel Bizard, fut reconstruit, en 1605, par Elie- Rémi Géreau. La façade en avait été refaite par Jacques Malherbe en 1793, mais l’édifice fut entièrement démoli en 1806. En 1786, Nantes fut doté d’une salle de spectacle détruite par un incendie vers 1810 et l’architecte de cet édifice, placé quai Brancas, était Mathurin de Crucy, né à Nantes le 22 février 1749, élève de Ceineray et de Boullée, grand prix d’architecture de 1774. Mais on doit également à de Crucy la nouvelle salle de la place Graslin, ainsi que la construction de cette place, de la place Royale et du cours Henri IV. Il éleva aussi la halle au blé (1786) dont une moitié fut employée aux expositions publiques et la partie supérieure consacrée à la bibliothèque communale, le nouvel Hôtel de ville, construit après l’incendie de 1793 etl’é-
glise Saint-Louis et entreprit la restauration de la cathédrale de Nantes, avec la collaboration de Binet père. Quant à la Bourse de Nantes, de Crucy la commença en 1792 et la termina en 1809; puis mourut en 1826, membre correspondant de l’Institut et architecte général du département de la Loire-Inférieure.
A Bocliefort, un architecte dont nous ne connaissons que le nom : Toufaire, élève, de 1782 à 1783, le nouvel hôpital de la Marine desliné à remplacer celui de Saint-Clément devenu insuffisant. C’est un Brestois, Antoine Choquet de l’Inde qui, de 1 738 à 1784, couvre Brest de 4400 mètres de constructions, dit un de ses biographes. On peut d’ailleurs citer de Choquet, comme édifices importants : la chapelle des Jésuites attenant à l’hôpital Saint-Louis, la salle de spectacle, les bâtiments du bagne, un projet du pont de la llogue en 1750 et celui d’un chantier de construction à Landevennec, rivière de Châleaulin. Né à Brest le 7 novembre 1712, cet architecte y est mort le 7 octobre 1790.
De 1702 à 1724, les religieux de l’abbaye Saint-Étienne de Caen durent remplacer une partie des vieilles constructions qui dataient de Guillaume le Conquérant et chargèrent un des leurs, Guillaume de la Tremblaye (1) delà rééducation de la « manse conventuelle ». Troisde ces corps de bâtiments composentaujourd’hui l’Hôlel-Dieu de la ville, un autre est occupé parle Lycée. On attribue également à de la Tremblaye les bâtiments nouveaux de l’Hôtel-Dieu construits en 1726 et des additions à l’abbaye de Saint-Denis, occupée maintenant par la maison d’éducation de la Légion d’honneur.
En 1786, on commence à élever, sur la place Fontenelle, à Caen, le Palais de justice : architecte Lefèvre ou Lefebvre, dont nous ne connaissons que le nom. Bayeux ne comple, de cette époque, qu’une restauration de la tour de sa cathédrale dite tour de l’Horloge, par l’architecte et peintre Jacques Moussard, né à Bayeux vers 1670 et mort en 1740.
De même la capitale de la Normandie, Bouen, avait été couverte, pendant les siècles précédents, d’églises et de palais, aussi n’avons-nous à y enregistrer que peu de constructions; en 1710, celle par un religieux bénédictin, le Frère Nicolas, du
(1) Le tombeau de l'artiste placé derrière la chapelle de la Vierge dans l’église de l’Abbaye aux Hommes, porte celle inscription : Guilhelmus jacet hic petra-
IU’M SUM11US IN ARTE. IsTE NOVUM rERFECIT OPCS. ÜET. IROE.MIA CHUISTUS. ÀMEN.