CHAPITRE IX
Compiègne et du palais de la Légion d’honneur dont il avait été investi sous le Premier Empire; mais Lance, auquel nous empruntons tout ce qui précède, ne fait pas connaître la date de sa mort, pas plus que celle de La Chapelle, qui dessina, vers le même temps, les jardins du château de Plaisance, près de Nogent-sur-Marne.
Philippe- Alexandre-Louis Donnest, né à Douai le 25 octobre 1750, mort le 30 décembre 1818, parent, assurément de Jean Donnest qu’on a mentionné plus haut, construitdans saville natale la grande salle de l’hôlel de ville et restaure le théâtre; Michel-Joseph Lequeux, né à Lille le 25 décembre 1756, construit, en 1785, le Grand-Théâtre agrandi en 1845, l’hôtel des Comptes et l’Intendance, et meurt assassiné le 15 avril 1786, laissant un projet de Palais de justice pour la ville de Douai, projet que sa mort tragique ne lui permit pas d’exécuter. Valenciennes est doté d'une hôpital par Charles-Toussaint Havez, né en 1694, mort à Aulnoy en 1777 ; c’est Ledreux qui, en 1729, construit le théâtre de Compiègne.
Le transfert du gouvernement à Versailles avait nécessité la construction de bâtiments destinés aux bureaux des divers ministères, aussi le maréchal de Belle-Isle s’occupa-t-il d’en choisir l’architecte. Jean-Baptiste Berthier, ingénieur et architecte, né h Tonnerre en 1721, aidé de ses trois fils, exécuta ces constructions, puis les plans en relief des fortifications de plusieurs grandes villes d’Europe et mourut le 27 mai 1804, laissant à son fils aîné, Alexandre Berthier, le futur maréchal de l’Empire, un nom honoré. Précédemment, on avait ordonné l’agrandissement de l’hôpital civil, et ce travail avait été effectué, en 1776, par un architecte de Versailles, Darnaudin ou d’Arnaudin, né en 1741, grand prix en 1763 qui, plus tard, en 1780, construisit l’hôtel du garde-meuble de la commune, devenu hôtel de la Préfecture, puis l’hôtel de Séran, rue des Réservoirs, et mourut membre de l’Académie royale d’architecture, à une date que son biographe n’a pas indiquée.
Un des collaborateurs de Berthier, maisplusjeune que lui d’une vingtaine d’années, Barthélemy Jeanson ou Janson, élève de Soufflot,fut chargé par Mesdames Adélaïde et Victoire de France, de la création d’un établissement thermal à Vichy. C’est, en effet, en 1787, que l’on reconnut les propriétés curatives de ces eaux
cl c’est à Jeanson que l’on doit la construction nord encore existante qui abrite les sources de la Grande-Grille, Chôme! et de Mesdames. C’est également vers cette époque qu’il éleva la salle de spectacle de Moulins; mais, la Révolution arrivant, il émigra en Belgique où il construisit, à Mons, le théâtre et un dépôt de mendicité. Rentré en France, il érigea le théâtre d’Avesnes, et, en 1811, l’empereur le chargea d’établir une usine pouvant fabriquer 20 000 baïonnettes ; il construisit le pont de pierre de Decize, sur la Loire, perça des roules dans le Bourbonnais et nous croyons savoir qu’il fut le créateur de la fonderie de canons du Creusot. Après le retour des Bourbons, Jeanson fut nommé directeur des eaux au palais de Versailles et c’est là qu’il mourut, en 1828.
Comme sous le règne de Louis XIV, les architectes du règne de Louis XV eurent, dans les sculpteurs et les peintres, des collaborateurs dont nous rencontrons à chaque pas les œuvres élans nos musées et sur nos places publiques. 11 nous suffira de rappeler leurs noms connus de tous : Desjardins, Girardon de Troyes, Voinier de Bréda, Delournelle, auteur de la fontaine (ancienne) de Saint-Sulpice, Nicolas Adam de Nancy, Laurent Laliire, l’un des fondateurs de l’Académie de peinture et de sculpture, Martin Caron, Nicolas Biassel, Jean Dubois, le décorateur de la cathédrale de Dijon, Barthélemy Guihal, Edme Bouchardon (de Chaumont), etc.
Avant la formation du corps des ingénieurs, on peut déjà recueillir quelques noms de savants consultés par les architectes dans tous les cas où ils ont à triompher d’abord des obstacles que la configuration du sol leur oppose. Tel est Vrac du Buisson, né à Paris en 1704, mort en 17G2, qui fit creuser le puits de Bicêtre, en collaboration avec Bofi'rand. Tel est Petitot, né à Dijon, mort à Montpellier le 6 septembre 1746, qui se fit connaître d’abord en inventant à Lyon une machine hydraulique destinée à alimenter cette ville avec l’eau du Rhône et, à Toulon, la machine qui donnait l’eau douce aux ateliers du port ainsi qu’à deux fontaines construites sur ses dessins. Amené à Paris par le duc d’Angeviller, ministre de la guerre, il creusa le puits des Invalides et celui du Pont-aux-Choux pour laver le grand égout, et présenta, en 1 7 4 G , un projet dans le but d’assurer la consom-