CHAPITRE X
La décadence de l’architeclure en Italie s’accentue. — Borromini et son école. — Le type adopté par les jésuites devient le type conmun de tous les édifices religieux italiens. — L’architecture du Piémont a commencé avec l’histoire de ce pays dont les artistes s’éloignent, moins que les artistes de l’Italie, des vrais principes.
Un auteur italien de 1780, Francesco Milizia, que nous avons déjà cité bien souvent, exprime, dans des termes sévères, son opinion sur la valeur des architectes de l’Italie, ses contemporains «.... Nous avons prétendu, dit-il, imiter l’art grec et nous l’avons fait (à quelques exceptions près, s’entend) comme des singes et des perroquets, ne prenant rien du plan, rien de l’ensemble, rien des parties essentielles de cet art. Par exemple, des détails d'ornementation et des subdivisions à l’infini, si bien qu’Orazio, qui n’était pas un Grec, s’écrie qu’en somme, dans l’architecture de Saint-Pierre, nous avons eu l’habileté d’amoindrir une grande œuvre, grâce à la petitesse des moyens employés.
Magna modis tenture parvis.
De quelque côté qu’on la considère, on voit notre architecture pécher sans cesse par l’excès et non par le défaut de l’ornementation. Nous n’avons pas voulu comprendre que les ornements doivent naître de la nécessité même de les employer, qu’ils doivent avoir une signification et que, moins il y en a, plus grande est l’œuvre. C’est surtout dans nos temples que les caprices de la fantaisie et de la dorure se sont manifestés, les temples au sujet desquels Alexandre Sévère répétait, en maugréant, les vers de Perse :
A quoi bon l’or dans les temples?
La corruption en est arrivée à ce point de nous faire désirer