CHAPITRE X
plication qu’il apporta à ce travail, la recherche des impossibles ne tarda pas à altérer sa santé et bientôt sa raison. Vainement on éloigna de lui les instruments dont il était obligé de faire usage; loin d’arrêter, par ce moyen, les progrès du mal, on l’exaspéra et, dans un mouvement de rage, Borromini se perça de son épée. C’est ainsi que mourut à Rome, en 1667, comme un insensé, l’homme auquel il ne manqua d’abord peut-être rien de ce qui fait les grands génies.
L’œuvre de Borromini est considérable. Nous allons citer les principaux des édifices qu’il créa et ceux de nos lecteurs qui les auront eus sous les yeux essayeront, s’ils le peuvent, l’analyse, déclarée impossible, de pareilles conceptions architecturales. En première ligne, à Borne : l’église de la Sapienzn, qui offre la réunion de tous les défauts de Borromini; puis ensuite l’église Saint-Charles aux Quatre-Fontaines, l’église et le couvent de Saint-Philippe de Néri, l'église Sainte-Agnès, l’église San Geronimo de Schiavoni , l’église Saint-André des Buissons, l’église de la Madonna de' Setle Dolori , l’église de la Propaganda fîde, l’église San Stefano; la chapelle polonaise dans l’église des Saints-Apôtres; à Naples, une chapelle pour le cardinal Filoncarini; à Rome, le palais Falconieri, le palais de l’Université, le palais Verso; l’achèvement du palais Giustiniani, commencé en 1580 par Fontana et la restauration du palais Panfili Doria, puis encore celle du palais Barberini, commencé par Maderno et terminé par Bernini ; le palais délia Rafina à Frascati, le palais Cavalieri, la villa Falconieri, la coupole et le clocher de Sant’ Andréa delle Prate, la contruction de l’église Santa Maria in Valicella et l’achèvement de son couvent commencé par Berretino da Cortone.
Borromini mort, son école était créée et malheureusement florissante. Qu’on ne s’étonne donc plus de ne trouver, dès cet instant, en Italie, pendant une longue période d’années, ni artistes, ni édifices dignes d’être remarqués. Aussi nous contenteronsnous de citer les noms des archilecles et leurs œuvres.
Girolamo Dosi né en 1695, à Carpi, duché de Modène, mort en 1775, élève du chevalier Fontana, devenu architecte de Benoît XIII et de Clément XII, fut l’architecte des cathédrales d’Albano et de Velletri, puis restaura une partie de l’église Sainte-Marie Majeure à Rome, éleva la villa Cibo, la
cathédrale de Civila à Castellano el le lazaret d’Ancône; Francesco di Sanctis, fut l’auteur, de 1710 à 1730, de la façade de SantaTrinita dei Monli\ Niccola Salvi, né en 1099, élève de Canevari, acheva une grande partie des constructions de son maître appelé en Portugal : le baptistère de Saint-Paul-liors-des-Murs, la chapelle de la villa Bolagretti près la Porta Pia, la villa Corsini, l’abbaye de la fontaine de Trevi el mourut en 1752, laissant un projet de palais pour le roi de Naples. Carlo Marchioni, mort en 1780, élève la nouvelle sacristie du Vatican (1746) achevée seulement en 1 784, la villa Albani et le tombeau de Benoît XIII dans l’église de la Minerva. Michel Agnolo Specchi, second prix de l’Académie de Saint-Luc, en 1702, donne le plan de l’oratoire de Santa Maria del Carminé ; Angelo Torroni, l’architecte de l’église San Giovanni délia Pigna el de Santa Maria Paradisi ; Orlandi, gâte le plan de Sainte-Marie-des-Anges en fermant les chapelles latérales de l’église; le père Caravita, élève sur ses dessins l’oratoire de Saint-François-Xavier, près du collège romain (1711); Paolo Posi, né à Sienne en 1708, mort en 1776, architecte de l’église de l’archiconfrérie de Sainte - Catherine de Sienne, est nommé architecte de Saint-Pierre et chevalier de l’Eperon d’or, sans doute pour avoir construit une chapelle dans l’église del Corso et le palais Colonna (1730), en collaboration avec Niccola Miccetti. Bartolomeo Filippi et Antonio Luca Breccioli sont les auteurs de l’église San t’ Agnolo di Vado et de quelques autres églises de Borne ; Grégorio construit, en 1744, le portique et le maître-autel de l’église Sainte- Croix de Jérusalem; Baratti Carlo, élève de Fontana, est chargé par Clément XII (de 1730 à 1740) de la construction de l’église del Bambino à Borne, église achevée par Fuga; Carlo Francesco Dotti, né en 1670, dans le territoire de Brescia, élève de Bibiena, restaure, en 1730, l’église des Dominicains ainsi que la chapelle de l’église San Lucca et meurt il Bologne en 1759, après avoir écrit sur l’architecture plusieurs ouvrages estimés de son temps; citons enfin les deux Nolli Geronimo et Antonio, dont l’un construisit l’église paroissiale de Sainte-Dorothée et l’autre fit les jardins de la villa Albani ; Gennaro Succo, architecte napolitain, qui restaura le couvent de Monte Olïvelo\ Geronimo, marquis Teodoli, né en 1677, mort en 1766, architecte de l’église de la Madonna de Monte Santo et du théâtre d 'Argentine \ Tomaso