‹ Les architectes par leurs œuvresChapitre 124 sur 232 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

hommes, aux femmes, aux garçons et aux jeunes filles, le cimetière de l’hôpital des Incurables, les Granilli (grands magasins pour la marine) el le palais Caramanica; à Sienne, la façade du Casino clei Nobili pour remplacer celle élevée en 1309 par Duccio; à Résina, la villa Jaci ; enfin, le tombeau d’innocent XII dont les sculptures sont de Yalle et le piédestal destiné à porter la colonne d’Anlonin le Pieux, ont été élevés sur les plans de Fuga, qui mourut à quatre-vingts ans, en 1779.

Dans les palais dont Rome se couvrit alors aussi bien que d’églises (nous venons d’en citer un grand nombre) et en un mol, dans toutes les conceptions architecturales de cette époque, combien les archilectes, même les meilleurs, sont loin du respect professé par des grands artistes de la Renaissance pour les vrais principes! Partout, l’architecture sacrifiée aux détails, sans égard pour l’ensemble, a torluré la ligne, l’a soumise à tous les caprices que peut seul inventer un cerveau malade. Mais les Italiens acclamaient ceux qui s’étaient le plus rapprochés de Y impossible ! Et cependant, il nous faut continuer l’énumération fastidieuse des édifices, qui ne font point partie de l’œuvre des Rainaldi, des Galilei , des Fuga, etc.; à commencer par le palais Luigi de Francesi , qui a pour architecte Carlo Bizzacheri, élève de Fonlana, restaurateur du palais Negroni et constructeur, en collaboration avec Domenico Rossi, de la chapelle du Montde-piété ainsi que de la façade de San Silvestro in Capite. Quant, à Rossi, il fut aussi l’archilecte de l’église des Jésuites et de l’église paroissiale de Sainl-Eustache à Venise et mourut en 1647. Le palais Bolognelli, architecle Niccola Gianscinone, mort vers 1780, les palais Ruspoli et Mallei, architecle Bartolomeo Breccioli (1735) avec la collaboration, suivant Letarouilly, de Gabriele Valvassori, de Bergame, mort en 1740, après avoir érigé la façade de ces palais ; la villa Monte Dragone près Frascati et le palais Borghèse (1625), architecte Vasanzio, déjà connu du lecteur; le palais Chigi (commencé sur les dessins de Carlo Maderno en 1535), achevé par Felice délia Greca en 1635; le nouveau palais Panfili Doria, architecte Paolo Amali; la villa Girala, architectes Basile Briccio et Plautille Briccio, sa sœur, qui donna aussi le dessin de la chapelle Saint-Benoît dans l’église Saint-Louis des Français (1650); la villa Albani, élevée sur les dessins de Marchioni par un de ses

élèves, Giuseppe Tarquini qui construit le nouveau théâtre de Tardinone méritent à peine une mention.

Le pape Pie VI fait de son côté agrandir par Michel Agnolo Simonetti, puis par Pietro Camporesi, architecte de l’église des Ursulines, tà Rome, le musée du Vatican (1716). C’est à Simonetti qu’on doit attribuer la chambre à la croix grecque dont la porte est ornée des deux statues colossales de granit rouge de la villa Adriana et qu’il pava d’une mosaïque trouvée dans les fouilles de Tusculum; Camporesi se contenta de terminer le travail commencé par Simonetti et décora le salon délia Biga. L’érection de l’obélisque de Monte Cavallo par Antenori et le transport d’une fresque du Dominicain, de Saint- Pierre de Rome dans l’église Santa Maria degli Angeli, par Zabaglia, datent de 1736.

Hors de Rome, s’élèvent aussi des églises et des palais; mais, dans le reste de l’Ilalie comme à Rome, presque tous maçonnés en briques avec des revêtements de marbre, de sorte que les parties apparentes de l’édifice ne sont qu’un placage, déplorable façon de procéder qui, dispensant l’architecte de compter avec la construction, lui permit de se livrer tout entier à l’accessoire, la décoration; et- quelle décoration!... A Pologne, la cathédrale est construite, en 1619, sur les plans du Père barnabite Magenta, ainsi que l’église San Salvator. Alfonso Torregiani qui, peut-être, était jésuite, achève l’œuvre de Magenta et construit le collège de l’église des Jésuites de Mantoue; nous le retrouverons en parlant du palais Cavriani. Francesco Martino ou Martini et Nattali continuent Sainte-Pétrone, l’œuvre interminable de Antonio Vincenzi, de 1647 à 1639; Secchi Bonifacio, élève d’Androsini, construit, vers 1610, les églises Gesù-Maria et San Antonio qui ne sont pas citées par les guides. Gian Giacomo Monti, né à Bologne en 1621, architecte de l’église Corpus Domini et de la Madonna de San Luca, tout d’abord peintre, aida ses maîtres Agostino Milelli et Colonna dans leurs travaux; à son retour à Bologne, il décida de se consacrer entièrement à l’architecture et commença à se faire connaîlre comme architecte en construisant, à Modène, l’église San Agostino qui fut vivement critiquée; mais la galerie couverte de trois kilomètres précédée de propylées qu’il entreprit pour relier le Corpus à la Madonna sur la montagne de la Guardia et la restauration

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