CHAPITRE X
du palais Marescoti font quelque peu oublier les erreurs de Monti, qui mourut en 1692.
De 1682 à 1690, s’élèvent, à Bologne, l’église de Santa Maria délia Vita , décorée par Bibiena et celle des Pères de la Charité : architecte, un moine du liers-ordre de Saint-François : Giovanni BattistaBergonzoni, né à Bologne en 1628, mort en 1692; quant aux couvents des Dominicains et de Saint-Pierre Martyr, ils eurent pour architecte Andréa Ambrosini, peut-être architecte du palais Zani. C’esl enfin en 1775 que le portail de la vieille église de San Giovanni fut réédifié par un élève de Piacentini, Luigi Ferdinando Bertazzini qui ne craignit pas de détruire, dans sa réédification, les fresques de Pace deFaenza. ces fresques datant de 1310. S’élève aussi à Bologne le théâtre, commencé en 1756 et terminé en 1763 par Antonio Galli Bibiena, né en 1700; enfin, au bourg de Bogliasco, l’église paroissiale, œuvre d’Antonio Ricco, né à Maro, village de la principauté d’Oneglia, qui fut aussi l’arcliilecle de Saint-Ignace de Carignan, au noviciat des Pères Jésuites, de l’église de Torpete et de l’oratoire de Sainte-Marie Madeleine de' Pazzi. A citer à Bologne toujours, le palais Bentivoglio qui subit, en 1620, une restauration assez maladroite de Giovanni Battista Falcetti, un architecte bolonais, mort en 1629, auquel on attribue, à tort, les dessins de la cathédrale de Carpi; le palais Malvani, appelé le Gran Albergo qui s’éleva sur les plans de Francesco Tadolini en 1760, l’iiôtel de ville érigé sur la place Flamminini, par Giovanni Marinetti, né à Biromo en 1774 et le Mont-de-Piété élevé, en 1757, par Marco Antonio Bianchini.
A Gênes, des restaurations d’églises el de palais, un hôpital et un collège de Jésuites. La restauration de l’église Saint- Laurent qui consistait dans la réfection du chœur, est d’un architecte lombard, RaceoPennone ; une chapelle de la Madone du Rosaire dans l’église Saint-Dominique et les décorations des églises Saint-Jacques et Philippe, Sainte-Brigitte et Sainte- Marthe constituent, avec la restauration de Saint-Laurent, l’œuvre de Pennone. On mit au concours le projet de l’hôpital de Gènes [Albergo del Poveri), el, à côté de celui de Carelone qu’on choisit, les projets de Gio Battista Ghiso, de Pietro Corrardi, d’ Antonio Torriglia, de Girolamo Gandolfo présentaient, suivant les contemporains, des parties très remarquables (?);
c’esl à ce lilre que nous citons ici leurs noms. Nous mentionnons d’ailleurs celui du dernier de ces architectes, Gandolfo, qui mourut de la peste en 1657, comme étant l’auteur de la rue et de la porte de Carbonara. L’architecte de 1 ' Aller go dei Poveri , fut donc, comme on vient de le dire, Simone Caretone. D’une superficie de 52 000 mètres, et pouvant contenir 2200 malades, cet hôpital renferme quatre cours immenses entourées de promenoirs et une chapelle; c’est tout ce que nous en pouvons dire. Caretone construisit aussi : à Milan, une église et le palais Busca, autrefois Serbellino et Pezzoli et rebâtit, en 1770, le palais ducal (celui de Vannone), ancienne résidence des doges.
C’est vers 1650 que fut commencé le Pa/azzo Reale, autrefois palais Durazzo, rue Balbi, par Gio Angelo Falcone et continué par Pietro Francesco Cantone, ou, suivant Wiebeking, par Caretone. Wiebeking donne aussi comme collaborateur à Falcone, Bartolomeo Bianco de Côme; tandis que Du Pays fait de Bianco l’architecte du palais délia Scala. Ce qui est certain, c’esl, que Bianco fut chargé des fortifications de Gênes et du môle, qu’il construisit le collège des Jésuites et le palais de l’Université dont un critique italien a pu dire « qu’il ressemblait plutôt à un palais d’Orient qu’à un collège » ! Bianco trouva un collaborateur intelligent dans son fils Antonio, mort malheureusement fort jeune, et mourut lui-même en 1656. Selon Wiebeking, encore, on doit attribuer à Tagliafico et non à Carlo Fontana, l’escalier de marbre du Palazzo Reale \ mais on ne peut lui contester l’escalier et la salle du palais Serra, construits par G. Alessi, non plus que les villas des Durazzo, des Doria et des Serra. Tagliaficn, né en 1745, mourut en 1805,, professeur d’architecture et membre correspondant de l’Académie française. Mais quel est ce Lemoine qui construisit, vers la même époque, le palais Cambiaso, aujourd’hui Gambaro? Est-ce Paul-Guillaume Lemoine, né à Paris, en 1755, grand prix d’architecture, en 1775, et qui, par suite, séjourna à Borne un certain lemps? Cela serait possible : ce nom nous est d’ailleurs donné par Wiebeking.
A Milan, pendant le xvne siècle, on modifie l’œuvre d’Arler de Gemiïnd et surtout la façade que Pellegrino Tibaldi y avait appliquée, avec portes et fenêtres, et balcons d’appui à balustrades, comme toute façade de palais seigneurial qui se respecte un