CHAPITRE X
peu. En 1646, Carlo Buzziel Castelli Francesco se disputèrent l’honneur de corriger Tibaldi; Buzzi l’emporta sur son concurrent. mais les tâtonnements de l’administration durèrent douze ans et lorsque, enfin, on se décida à réaliser le projet de Buzzi, il était mort, laissant des dessins de cette façade et de quelques autels. Quelques années avant, de 1605 à 1625, Francesco Maria Riccini avait élevé le collège Broca, où sont aujourd’hui réunis les Beaux-Arts et le Musée, ainsi que le collège suisse, (devenu Palais de la comptabilité), le gymnase, l’école et la façade de l’église Santa Maria del Carminé , devint, de 1625 à 1638, architecte du « dôme », mais il mourut et son successeur, Fabio Mangoni, apporta à son tour quelques modifications à la malheureuse façade. Un certain Christophe Stohrer, commence l’exécution du plan de Buzzi en élevant les deux contreforts voisins de la porte principale; vers 1790, nouveaux architectes et nouvelles modifications que Léopold Pollaert, Soave Félix de Lugano et le marquis Luigi Cagnola né en 1762, auteur de l’arc du Simplon dit arc de la Paix à Milan se chargent de lui appliquer. Enfin, un dernier projet signé de Carlo Amati est accepté et exécuté en 1806. C’est à Amati qu’on doit notamment la fenêtre des Homélies , exécutée probablement sur un ancien dessin de Pellegrini, ainsi que les ouvertures ogivales percées après coup au-dessus des fenêtres de (Pellegrini), c’est lui aussi qui acheva les contreforts et leurs clochetons et termina le petit pignon dentelé qui se découpe aujourd’hui sur le ciel. Inutile de dire que d’autres architectes encore avaient travaillé à la cathédrale de Milan, tels : Quadrio Antonio, Girolamo et GioBattista, qui élèvent, en 1666, sur la voûte de la nef centrale, une construction pitoyable qui renfermait les cloches; lels Bulli Bartolomeo, dont on ne connaît pas les travaux et Francesco Croce, qui, de 1702 à 1772, bâtit la pyramide qui couronne la coupole ainsi que la chapelle Sainte-Rosalie, dans l’église Santa Maria del Carminé dont on a parlé plus haut.
Mais de nouvelles églises s’élèvent à Milan, au commencement du xvme siècle : l’église San Alessandro di Zebedia , érigée en 1602 pour les membres de sa communauté, par le carmélite Lorenzo Bingghi. San Pietro Céleste e t San Giovanni, construits par l’architecte romain Marco Bianchi, ainsi que le portail de Saint-Barthélemy, en 1728; l’église de San Lazaro Petra
Santa, dont l'architecte est Giulio Galliori, de 1773 à 1705; celle du cimetière de Foppone, approprié aux besoins de Milan , en 1698, par Arisio Arrigoni; celle des Moines de Sainte-Catherine érigée par Tofano dit II Lombardino. Puis, encore des palais s’ajoutent à ceux, déjà nombreux, construits pendant la période précédenle : les palais Annoni et Litla, qui eurent pour architecte Ricchini et dont Merli fit le grand escalier de marbre ; le palais ducal de Gilardoni, les palais Melerio, Guppi, Betozzi ; la restauration du Palais-Royal bâti par San Gallo, celle du palais Bura, et la façade du palais Relgioso qui sont d’un seul architecte : Piermarini auquel nous allons revenir.
Nous avons parlé en temps et lieu de Filarèle, l’architecte du grand hôpital de Milan. Deux legs successifs, de lGlOetde 1797, permirent de l’agrandir considérablement, et c’est Ricchini le collaborateur de Pellegrini, qui, après le premier legs, construisit toute la partie gauche dans le sentiment de la première construction ainsi que la cour d’entrée qui a un certain caractère de grandeur; mais lorsque le docteur Mocci eut laissé à cet établissement trois millions, à la condition qu’il serait agrandi sur les dessins de Castelli (le compétiteur malheureux deBuzzi), celui-ci se préoccupa peu des disparates de la nouvelle construction et on constate, en effet, entre l’œuvre de Castelli et les précédentes, un défaut absolu d'harmonie.
Si les édifices religieux élevés à Milan aux xvn° et aux xviuc siècles sont de tristes spécimens d’une triste architecture, le théâtre de la Scala mérite, du moins, une partie des éloges pompeux qu’en font les guides italiens. 11 est l’œuvre de Piermarini qui le bâtit en moins de deux ans, de 1778 à 1780. Giuseppe Piermarini, né le 18 juillet 1734, était élève de Vanvilelli et commença par surveiller, sous la direction de son maître, les constructions du palais de Caserle. En 1769, membre du conseil des bâtiments pour la Lombardie, il s’établit à Milan et y reçut le double titre d’architecte de l’arcliiduc Ferdinand et d’inspecteur des bâtiments de son gouvernement; enfin, nommé professeur d’architecture à l’Académie de Brera, il fut l’architecte d’à peu près tous les édifices qui s’élevèrent à Milan jusqu’à la fin du xvmc siècle : le Monte di Pieta, la Porte orientale, la façade du palais Belgiojoso, la villa impériale deMonza, à dix milles de Milan, cl mourut comblé d’honneurs,