‹ Les architectes par leurs œuvresChapitre 134 sur 232 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

la petite église Sainte-Anne à Asti. Mais décidé à prendre rang parmi les meilleurs architectes de son pays, il n’hésila pas, avant d’accepter aucune mission, à visiter l’Italie, la France, l’Allemagne, le roi s’offrant à payer les frais de son voyage. C'est ainsi qu’à son retour, il put construire l’Opéra royal de Turin, qui, au temps d’Alfieri, passait pour l’un des mieux compris de l’Europe, théâtre après lequel il éleva la voûle hardie qui surmonte le Manège du Roi , la grande salle des Stupingi et le théâtre Carignan, mais ce théâtre a été incendié en 1787 et réédifié par Ferragio. Alfieri aborda aussi la construction des édifices religieux; mais si plein que fût son esprit des souvenirs de l’art antique, il n’en dérogea pas moins, parfois, au bon goût. Je n’en veux d’autre témoignage que sabizarre église de Carignan en manière d’éventail; du reste, il a amplement effacé cette tache par l’église du Corpus Domini à Turin; à Genève, par la solide et majestueuse façade du temple de Saint- Pierre; à Novare, par la tour de l’église San Gaudenzo, qui if avait pas moins de 90 mètres de hauteur; enfin, par le vestibule de l’église principale de Vercelli. Les palais dont il a été l’architecte sont : celui de son oncle Ghilieri, sur la place d’Alexandrie, sa seconde œuvre ; ceux de Barolo, de Marozzo, de Samaforio, de la Providenza, établissement d’éducation, et le palais Ghilino à Alexandrie. 11 faut ajouter aux précédents travaux la réparation du palais Faletti, dans l’île Sainte-Brigitte et de l’hôtel du Bourg; la construction de fliôtel de Marsan, sur les dessins de Juvara et de la secrélairerie d’Etat qui forme un des côtés de la place Madame à Turin, le manège de l’Académie et les arcades du Marché aux Herbes. Alfieri mourut à Turin en

Outre les édifices civils construits par Guarini, Juvara et Alfieri, nous indiquerons le palais du comte Graneri, dont le propriétaire, élève de Juvara, fut l’architecte ; le palais Morozzo et l’hôtel Saint-Marsan, par l’architecte Jarroe ou Garroe, restauré ensuite par Alfieri; le palais San Giorgio, dans file Sainte- Geneviève près Turin, dont l’architecte fut Bellino ; le palais Galli par Cerrone; les palais Pastoris et Tavillan par un élève de Juvara, le comte Tavillan; les hôtels d’Harcourt, d’Azeglio et d’Angennes par Filippo Castelli, membre du congrès des édiles; Castelli commença (1 7Ûl)la «tourcommunale », qui n’apas

été achevée, une rotonde décorée ensuite par Argento de Bagnasco, et le grand hôpital de Turin qui est de 1768 et aurait été bâti sur les dessins de Garroe, dont on vient de rappeler le nom. Enfin, l’hôpital Saint-Louis de Turin, le collège des Provinces et le palais Balbi eurent pour architecte Talucchi, auquel on doit aussi le petit portail de Saint-Philippe-de-Néri et la restauration du palais de l’Université.

Aguerrie par les combats, fière de sa valeur militaire et se considérant comme l’avant-garde de l’Italie, la population piémontaise dut naturellement songer à augmenter les défenses dont la nature avait hérissé son territoire. Nous ne nous étonnerons donc pas de compter un certain nombre d’ingénieurs architectes qui n’ont d’autre titre aune mention ici que celui de constructeurs de forteresses ou de casernes ; tels sont : le comte Borgara, constructeur de la caserne près la carrière de Suse et qui eut d’ailleurs Juvara comme collaborateur.

A mentionner aussi le bâtiment des douanes qui occupe une partie de l’emplacement du couvent des Carmes déchausséset qui fut, vers 1800, approprié à sa nouvelle destination par Joseph Cardone, major dans le corps royal du génie civil. Trois autres architectes iagénieurs : Antonio de Bielle Bertola ou Bertolo, chef du génie militaire, en 1706, premier ingénieur du roi, augmente les défenses de la citadelle construite sur les plans du marquis de Montesfabro; Rana, déjà cité, est l’auteur d’un système de fortifications ; Giovanni délia Scala, descendant des seigneurs de Vérone, écrit de nombreux ouvrages sur les fortifications. Mais en somme, la fièvre de construction qui agita Turin de 1700 à 1800 ne se répandit guère hors de ses murailles : A Chambéry seulement, on restaure, en 1775, le château des ducs de Savoie : architecte Piacenza, auteur d’ouvrages d’architect ure et à Nice, le chevalier Benoît Brunati, ingénieur et major du génie, né à Turin en 1785, construit le théâtre, en collaboration avec un architecte nommé Beruto qui n’est pas autrement connu.

Page 1