CHAPITRE XI
il s’appliqua, surtout dans la chapelle de Lorelle (consacrée à renfermer les cœurs des membres de la famille impériale), à imiter le sentiment décoratif des basiliques d’Italie. A la fin de 1799, cet architecte donna pour un nouveau théâtre à Vienne des plans qui lui furent demandés par les directeurs, MM. Scliikaneder et Zilterbach, mais reçurent de grandes modifications pendant la construclion, terminée en 1801. De 1800 à 1812, il éleva à Pesth (Hongrie), un théâtre et fut nommé, cette même année, premier architecte de la Cour.
C’est aussi à Aman que l’on dut l’achèvement du Grand- Marché de Vienne, commencé par l’architecte baron de Fellner, et le projet de reconstruction des deux Cours Dorolbée, qui contribuèrent si puissamment à l’embellissemeul de cette capitale. Après le bombardement de Vienne par les Français en 1809 et jusqu’en 1813, Aman eut à faire de grandes réparations à Saint-Étienne et mourut dans cette ville en 1834, laissant plusieurs projets, parmi lesquels celui d’un hôpital, projet qui fut approuvé, mais non mis à exécution.
A côté des Fischer et d’Aman nous avons à citer deux archi tectes italiens : Francesco de Zischini, qui relève, en 1702, l’église Saint-Pierre bâtie en 791 et Domenico Martinelli, l’auteur du palais du prince de Lichtenstein dans la Hossau près Vienne, en collaboration avec les architectes Hildebrand et Alexander Christian, et de l’église Saint-Jacques-Borromée construite d’ailleurs sur les plans de Fischer père, ainsi que nous l’avons dit plus haut. Membre de l’Académie de Saint-Luc, professeur d’architecture et de perspective, Martinelli était né à Lucques en 1630 et avait embrassé l’état ecclésiastique, ce qui ne l’empêcha pas de surveiller la construction de la forteresse de Fordinio et de plusieurs autres. 11 était d’ailleurs peintre et a laissé plusieurs aquarelles qui ne sont pas sans mérite. Martinelli mourut à Vienne, sa patrie d’adoption, en 1718.
Suivant Gurlitt ( Histoire du style baroque), le palais de Lichtenstein aurait eu pour auteur Gabriele de Gabrieli, né en 1671 à Bovereto dans le Tyrol méridional, mort à Eichsladlen 1740. Nommé ensuite directeur des constructions de Bayreulh et du marquis d’Ansbach, il construisit pour ce dernier le château d’Ansbach en 1711, en 1730, le château du prince-évêque d’Eichstadl et, en 1735, une chapelle près du dôme d’Augsbourg.
Tous ces édifices portent malheureusement l’empreinte de la dégénérescence du style ilalien.
Les membres de la famille des Galli, également venue d’Italie, occupèrent pendant nn demi-siècle à la cour devienne, comme architectes, une situation des plus brillantes. Le plus ancien, Ferdinando Gallo, fils de Gio-Maria Gallo, était né à Bologne en 1657 et prit de son lieu de naissance le surnom de Bibienci qu’il transmit à ses descendants. Élève de l’Albane, il s’adonna cependant de préférence à l’architecture et il avait déjà acquis une certaine réputation par la construclion d’une maison de plaisance à Celorna pour le duc Farnèse et d’une salle de speclacle pour le duc de Parme, lorsque l’empereur Charles 111 l’appela à Vienne. Il y dirigea les fêtes données à l’occasion de la naissance de l’archiduc et entreprit la construclion du théâtre impérial d’opéra de la cour, Hofoper Theater , près de la Porte de Carinthie, incendié en 1761 et rebâti en 1763.
Ferdinando eut d’ailleurs pour collaborateur son jeune frère Francesco, né en 1659, architecte comme lui et pour lequel il avait l’affection la plus tendre. Jouissanl de la plus grande indépendance, quoique architecte des empereurs Léopold et Joseph, Francesco a laissé un théâtre à Nancy et un théâtre à Vérone dont le marquis Maffci lui confia l’exécution. Le théâtre Aliberti de Home, construit sous sa surveillance, ne lui fit pas autant d’honneur, à beaucoup près, que celui de Vérone; enfin on lui atlribue l’arc de triomphe appelé à Bologne le Voltone ciel mellon cello qui fait aujourd’hui partie du portique de Sainl-Luc. L’exécution de ces travaux n’empêchait pas d’ailleurs Ferdinando et Francesco de professer la perspeclive et la mécanique à l’I nsi i tu t de Bologne. Francesco mourut en 1739 et aucun de ses enfants, s’il en a eu, ne suivit la carrière architecturale ; mais Ferdinando, son aîné, mort après lui, en 1743, avait eu trois fils : Antonio, Giuseppe et Alessandro qui, tous les trois, occupèrent à Borne, auprès de l’empereur Charles Vf, la situation qu’y possédait leur père. Du reste, ils laissèrent des œuvres ailleurs que dans l’Empire; ainsi Antonio construisit, en 1763, le nouveau théâtre à Bologne, Giuseppe, le sanctuaire de la Vierge de la Consolation à Turin, Alessandro le théâtre de Distoja; ajoutons que, dans toutes ces œuvres, la collaboration des trois frères semble avoir été constante.