CHAPITRE XI
Écrivains remarquables d’architecture, les Galli Bibiena ont laissé des ouvrages de valeur : un Traité élémentaire d'architecture en deux livres et un Traité de perspective , résumé de leurs leçons à l’Inslitut de Bologne. La date de la mort de Giuseppe seul nous est connue : elle arriva en 1757, à Berlin, où il avait été appelé.
Ce fut aussi un Italien qui construisit dans le même temps l’Observatoire de Vienne. Giovanni Giacomo Marinoni était né à Udine (F ri oui), en 1676 et ses travaux scientifiques lui avaient valu le titre de membre de l’Académie de Berlin. Remarqué par Léopold Ier, il reçut le titre de mathématicien de la Cour et fut chargé, en 1706, de tracer le plan de la capitale de l’Autriche et de ses environs, puis celui du Milanais. Ces travaux se continuèrent jusqu’en 1730, époque à laquelle Marinoni éleva l’Observatoire dont nous venons de parler, ainsi que plusieurs forteresses, notamment celle d’Udine; nous ignorons la date de sa mort.
Johann Lucas Hildebrand, qui fut probablement le collaborateur de Bernard Fischer dans la construction du palais du prince Eugène, était né à Gênes en 1660. Anobli par Charles VI qui le nomma son architecte, il éleva le palais du prince Wenzel lvaunitz, le palais Lichtenstein et un arc de triomphe à l’entrée delà ville de Vienne, puis mourut en 1730. Enfin, pour en terminer avec la Vienne du xvnc siècle, on nous pardonnera de nommer : 1° Hermann Martin d’Augsbourg, né en 1680, et mort en 1715, auteur de constructions hydrauliques; T Jorg Raphaël Donner, né à Essling en 1695, mort en 1741, plutôt sculpteur qu’architecte, mais qui cependant exécuta plusieurs fontaines d’un goût assez pur si on les compare à celles qu’on a élevées dans la capitale de l’Empire pendant le siècle suivant.
C’est en 1 687 que Johann Leonhard Dientzenhofer, architecte de l’évêque Lothar Franz de Schônborn, donna les plans du palais d’été de Schônbrunn (1). Architecte aussi d’un couvent dans la montagne Saint-Michel et de la résidence de Wurzbourg dont la partie orientale, pendant longtemps la seule construite, a un caractère architectural qui contraste avec les formes
(i) C’est en 1744 seulement, que sur l’emplacement de l’édifice construit par Dientzenhofer, l’impératrice Marie-Thérèse fit élever le château de Schônbrunn qu’on voit aujourd’hui et dont nous avons parlé en rappelant la biographie de Bernard Fischer d’Erlach.
généralement baroques qu’il donnait à ses conceplions (I), Dientzenliofer éleva à Mayence le château de « Plaisance Favorite » détruit pendant le bombardement de 1793 et le château dePommersfelsden près Bamberg. Mort dans celle dernière ville en 1711, il eut des fils et des frères, architectes comme lui, que nous retrouverons en faisant l’histoire architecturale de Bamberg. A Munich, le xvne siècle voit l’érection de quelques édifices religieux et les restaurations des anciennes églises. Un Flamand, né à Bruges, en 1541, Pierre De Witt germanisé, nous ne savons pourquoi, sous le nom de Peler Candid, ajoute, en 1603, l’arcade qui se voit à l’entrée du chœur, dans la cathédrale; .mais son œuvre principale est le Palais royal (aujourd’hui Y Ancienne Résidence ), commencé en 1612 sur ses dessins et fini en 1616, ainsi que la première chapelle remplacée par celle que Léon de Klenze a élevée au xvmc siècle sur l’ordre du roi Louis. Les deux portails en marbre rouge, d’ordre dorique, de la façade et les figures allégoriques, en bronze, de la Sagesse, de la Justice, du Courage et de la Modération supportées par quatre lions sont à mentionner. On doit aussi à De Witt le tombeau de Louis le Bavarois, placé dans l’église cathédrale de Munich, dont les sculptures furent exécutées par Joseph Krumpter et une colonne monumentale élevée sur la place Schrann par l’artiste, l’année même de sa mort (1628), en souvenir de labataille de Prague livrée contre Frédéric du Palatinat. C’est probablement aussi à De Witt que fut confié l’important Iravail de restauration de la vieille église Saint-Pierre, sur celte même place, après l’incendie que la foudre détermina en 1607.
L’église des Théatins dédiée à saint Cajetan, avec l’ancien cloître y attenant, fut commencée, en 1662, sur les plans d’un architecte bolonais, Augustino Barella ou Carella, en exécution d’un vœu de l’électeur Ferdinand-Marie; mais, consacrée en 1675, elle ne fut vraiment terminée qu’en 1776 par un architecte français, François Cuvillies, né à Soissons, en 1698. Le maître de celui-ci, Bobert de Cotte, reconnaissant en lui un artiste capable d’honorer un jour sa patrie, le fit nommer architecte de la cour de Bavière en 1735. L’électeur, devenu empereur sous le nom de Charles VIH, lui donna, en outre, le titre
(I) Aujourd'hui achevée, la llésidence de Wurzbourg esl un des plus beaux palais de l’Allemagne.