‹ Les architectes par leurs œuvresChapitre 140 sur 232 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

de conseiller de l’Empire et de directeur des bâtiments de la couronne; mais le talent de l’archilecte fut sans doule absorbé par des travaux d’ornementation qu’il publia d’ailleurs, en 1745, sous le 1 i Ire : Recueil ou Morceaux de Caprices propres à divers usages , etc. Le portail de Saint-Cajelan reste donc, avec l’Opéra détruit en 1823 par un incendie, l’œuvre principale de Cuvillies; mais il nous est difficile de déterminer les ordres auxquels l’architecte a donné la préférence, car ils y sont très confondus tant sur la façade que sur les deux tours qui la flanquent à droite et à gauche. Cuvillies mourut le 29 avril 1768, laissant un fils appelé, comme son père, François et aussi architecte, auquel la Bavière doit les deux ailes du château de Nymphenbourg commencé en 1663 par l’architecte italien Pistorini dont nous ignorons d’ailleurs la vie et les œuvres. Quant à Cuvillies fils, il mourut vers 1805, laissant un ouvrage publié de 1770 à 1773, sous le titre de : Le Vignole bavarois.

Nous avons parlé des tours de Saint-Cajelan : c’est un Italien, Giovanni Antonio Visardi et non Cuvillies qui en eut l’idée. Ce Yisardi, qui remplaçait, en 1688, l’architecte Franz Schinagel destitué pour sa négligence, avait commencé par construire à Landshut un couvent pour les Jésuites, puis l’église du couvent de Furstenfeldbrtick qu’on a pu considérer comme un modèle du style déplorable dû à l’école de Borromini. Le gros œuvre, les deuxlours de Saint-Cajelanétaientterminésen 1696, mais Yisardi Iravailla à l'édifice jusqu’à la date de sa mort arrivée en 1713.

Deux Allemands : Manhart et Kellermayer, construisent en 1710 l’église du Bürgersaul. De 1732 et des années suivantes date la construction de l’église Sainte-Anne ou du Chapitre des Dames de Munich. Le travail fut confié à Johann Gunexreimer ou Gunezrhainer mort en 1763, qui s’était fait connaître à l’Électeur par l’hôtel des « Trois Maures » élevé par lui à Augsbourg en 1722. On doit aussi à cet architecte les plans de l’église d’Andech et le palais du comte Torring.

L’Université, qu’on appela ensuite l’école supérieure Louis- Maximilien, occupa jusqu’en 1 840 les bâtiments et l’église élevés vers 1780 par Nicolas Schedel, né à Waidhaus, dans le Ilaut- Palatinat, en 1752. Ce Nicolas Schedel, qui était plutôt ingénieur qu’arcbitecte, s’occupa surtout de ponts, de fortifications, etc. ; on cite de lui notamment : la porte Max avec le pont actuelle-

ment détruit , la grande école de Krenze et l’hôpital regardé comme son chef-d’œuvre. Mentionnons enfin, à Munich, l’église de Saint-Jean dans la « Sendlinger » œuvre de deux architectes allemands, deux frères : Asam Cosmas Damien et Ægide Quirin qui la construisirent à leurs frais, de 1733 à 1746.

Le xviiic siècle est une époque brillante pour l’archileclure saxonne. Les églises, théâtres et palais de Dresde ont été élevés presque tous de 1700 à 1800 et dans le reste de la conlrée les édifices de celte période sont également fort nombreux.

Le premier en date est le palais du Grossen Garten , à deux kilomètres environ de Dresde, au milieu d’un parc assez beau; mais l’auteur de celte construction avait étudié sans doute en France le style de l’époque et crut devoir se borner à une copie servile de nos constructions, sans y rien ajouter qui pût affirmer son originalité. Inspecteur général des travaux d’architecture et chef des ingénieurs de la Saxe, Georges Starke mourut en 1692, laissant, outre le palais de l’Electeur que nous avons cité, un assez grand nombre de villas princières entourées de parcs et de jardins. L’architecte du palais du prince Auguste de Saxe et du château fort, naquit vers 1662. Il s’appelait Poppelmann et devait être Allemand. Venu à la cour de Saxe, il commença par la construction de la citadelle sur l’Elbe et les divers travaux qu’il exécuta au même moment étaient plutôt œuvres d’ingénieur que d’architecte; néanmoins, à celle époque, il fut nommé architecte du château et des jardins de Prelzch et, dans ce travail, il put se faire connaître. Il donna également les plans du « Palais Japonais » construit, comme nous le verrons, par Bool et Longuelaire. Mais s’il fut l’architecte du Zwinger , comme quelques-uns de ses biographes le prétendent, on doit reconnaître que Poppelmann n'avait rièn conservé des traditions du grand art, car dans cette construction se manifestent toutes les tendances les plus déplorables de l’école italienne. Il est difficile d’imaginer une architecture plus bizarre, plus contournée, plus fantaisiste, que celle série de galeries reliées par des pavillons qui forment un premier plan au bâtiment du Musée et le pis est qu’elle a servi de modèle à bon nombre de ses successeurs. Poppelmann mourut en 1736, à l'âge de soixante-quatorze ans, inspecteur général des travaux d’architecture de la Saxe.

Un artiste du même nom, alors conducteur des travaux à

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