CHAPITRE II
Cet architecte, qui poussa les travaux jusqu’à la hauteur des grandes baies des abat-sons, éleva, de 1593 à 1594, la grande porte de l’église Saint- Jean au Marché et l’espèce de minaret dans lequel se trouve placée l’horloge de cette église. A peu près à l’époque où s’achevait la cathédrale de Troyes, Girard Faulchot, père du précédent, réédifiait l’église Saint-Nicolas de cette même ville. En 1534, nous le trouvons dirigeant cette construction avec l’aide de Jean Faulchot, que l’on présume être son second fils. Celui-ci eut, à partir de 1535, la direction des travaux, et il est vraisemblable qu’il acheva alors le portail, les voûtes et les piliers buttants pendant que Girard édifiait l’église du monastère de Moutier-la-Celle à Troyes (1517), dont Pierre Honnet et Pierre Jhanson construisaient le cloître. Après Faulchot, entre 1575 et 1580, on trouve comme architecte de Saint-Nicolas de Troyes Remy Mauvoisin qui, de 1580 à 1589, fit quatre arcades et les entablements du chœur. Depuis 1589 jusqu’à 1620, soit que les travaux aient été interrompus, soit que Mauvoisin les ait continués, les registres de fabrique ne désignent aucun architecte. En 1620, c’est Gérard ou Évrard Baudrot ou Boudrot qui, à la demande du chapitre de Troyes, fait deux plans du couronnement de la tour et un projet de balustrade pour la deuxième galerie du grand portail au-dessus de la rose. 11 est chargé des travaux et termine la tour, vers 1634 ou 1635, par un étage corinthien, en désaccord d’ailleurs, avec le reste de l’édifice.
Et puisque nous sommes à Troyes, mentionnons les noms de Martin (1) et de Jean Devaux architectes de la tourelle de l’église Saint-Jean de Troyes, en 1555; celui de Jean Colbert qui, en 1505, construisit à Reims la prison qu’on appelait la Belle Tour et la tour du chœur de l’église Saint-Jacques dans la même ville. Cette parlie de l’édifice porte la date de 1548, mais c’est probablement celle de la fin des travaux. Ce fut un Italien, peut-être Jean Lapro, qui donna les plans des trois chapelles adossées au collatéral gauche de l’église de Chaource, chapelles dont la construction fut exécutée, de 1531 à 1538, par Jean Bertrand. A Melun, de 1506 à 1520, Jean de Félin (ou plutôt Defétin) et son père, qui avaient
(i) Ne serait-ce pas Martin Chambige?
travaillé à la reconstruction du pont Notre-Dame à Paris, élèvent le chœur de l’église Saint-Aspais ; Panchard exécute les bas côtés et la tour de l’église de May, arrondissement de Meaux ; Martin Mayeurest chargé, en 1502, par l’administration municipale d’Arras, de l’agrandissement de l’Hôtel de Ville et élève à cet effet un bâtiment de 88 pieds de longueur sur 30 pieds de largeur.
Si nous mettons à cette place l’histoire en quelques mots de la cathédrale de Senlis, ce n’est pas parce qu’elle est un édifice appartenant exclusivement au xvi° siècle ; mais parce que, incendiée en partie par la foudre en 1504, cette église, bâtie dans la seconde moitié du xiic siècle, fut pour ainsi dire reconstruite sous les règnes de Louis XI 1 et de François Ier. Nous sommes heureux de pouvoir donner au moins le nom de l’un des architectes qui concoururent à celte restauration, il s’appelait Jean Dizieulz ou Desieulz, et avait la qualité de « lieutenant du maître des œuvres de maçonnerie pour le roi ». Ayant commençé, en 1532, le transept nord de la calhédrale de Senlis; en 1556, il avait terminé le transept méridional et l’aile gauche; mais notons que ces transepts ont des portails de style gothique fleuri, flanqués de tourelles à dentelles de pierre, tandis que les colonnes torses élevées sur chaque côté des porles, la salamandre, l’F de François Ier et les fleurs de lis qui figurent parmi les ornements de l’architecture de Dizieulz sont comme le sceau apposé par l’artiste sur son œuvre. Du reste, la façade principale avec porte centrale à voussure et deux portes latérales très étroites, ainsi que les deux tours du portail, sont bien de la seconde moitié du xne siècle et du commencement du xmc; aucun doute ne peut s’élever sur ce point.
Nous avons dit dans le volume précédent qu’un incendie avait détruit la « Tour de Pierre » de la calhédrale de Rouen ainsi que le comble du chœur et que Robert Recquet fut chargé de la réfection des parties incendiées, (1543-1544); nous avons dit également que le nouveau clocher, œuvre de Recquet, fut encore une fois détruit par la foudre le 25 septembre de l’année 1822. Un travail identique fut exécuté vers la même époque (1541-1546) par Robert Frenelles dont le nom seul nous est connu, à l’église Saint-André de Rouen, édifice des xive, xvc et xvie siècles dont le chœur avait été recons-