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CHAPITRE II

trait, en 1486, par Guillaume Touchet et dont les voûtes à clefs pendantes avaient eu pour architecte Jean Delarue. L’église consacrée, en 1526, n’était pas terminée à celte époque puisque le portail ne date que de 1555. Il est assez difficile, du reste, de préciser le temps de la construction de Saint-André qui a disparu dans les derniers travaux de voirie exécutés à Rouen. Ce que nous savons, c’est que les contemporains de Frenelles considéraient sa flèche comme une des merveilles de la Normandie et que, comme celle élevée par Robert Becquet, elle disparut, en 1683, ruinée par un ouragan. Ce fut Robert Boytte qui éleva (en 1555, ainsi qu’on vient de le dire) le portail principal de cette même église, en conservant l’ancienne rose dans l’ordonnance de son œuvre.

A rappeler aussi comme étant de la même époque, le jubé de l’église Saint-Laurent qui commencé en 1511 par Pierre Desvignes, continué par Michel Gasteline et Simon Vitecoq, de 1527 à 1532, fut détruit, en 1677, sur l’ordre d’un curé appelé Martin Danno dont nous déférons l’acte de vandalisme à l’indignation de nos lecteurs. Ne quittons pas, du reste, la Normandie sans signaler : l’église Saint-Ouen de Pont-Audemer dont l’architecte fut (de 1501 à 1 506) Guillaume Morin (d’autres, disent Thomas Théroulde, plutôt architecte militaire chargé des fortifications de la ville); l’église de Blangy (Seine-Inférieure) commencée, en 1524, par Robert Robitaille, architecte de la ville d’Eu, sur lequel nous ne possédons que ce renseignement; l’église Saint-Pierre de Coutances sur l’un des contreforts de laquelle se lit gravé le nom de l’architecte Jehan Lebreton avec le millésime de la construction : 1538 ; Saint-Nicolas dans la même ville construit, en 1602, par Jacques Labaron, ainsi que le constate une inscription gravée sur un pilier de la basse nef et l’Hôtel de ville de Rouen dont la première pierre fut posée le 28 juin 1607; mais ce dernier édifice demeura inachevé jusqu’aujour où, sur un ordre de la municipalité, il fut détruit à l’époque de la Révolution.

Comme plusieurs autres édifices religieux du moyen âge, l’église Saint-Gervais et Saint-Protais de Gisors, commencée par le chœur pendant le xiuc siècle, avait été délaissée, probablement faute d’argent. Lentement on construisit les nefs et le xv° siècle seulement vit élever le portail du nord sur lequel se trouvent

jetées toutes les richesses du style ogival flamboyant; mais quels en furent les architectes? Pierre Gosse et Robert Jumel sont cités comme les prédécesseurs de Grappin, mais nous n’osons les présenter comme les auteurs de cette œuvre, faute de documents établissant le fait avec certitude. Restait à construire la façade occidentale, le plus précieux monument de l’époque de la Renaissance qui soit en Normandie; flanquée à gauche d’un clocher terminé et, à droite, d’un autre clocher dont il n’existe que la base fort remarquable, du reste. L’ordonnance de cette façade est bien complète, les détails et les figures sont de l’école de Jean Goujon. On nous a conservé le nom de son auteur; c’est Jean Grappin qui, en 1558, acheva la nef de l’église ; jeta les fondements de la grosse tour et auquel on doit aussi les sculptures du portail et la chapelle des fonts baptismaux. Grappin eut-il pour collaborateur Pierre Montheroult qui est appelé dans un compte de 1555 « maître conducteur de l’œuvre »? ce n’était peut-être, après tout, qu’un entrepreneur aux ordres de Grappin. 11 résulte d’ailleurs des comptes du chapitre de l’église Saint-Gervais et Saint-Protais de Gisors que Jean eut pour prédécesseur son père Robert Grappin désigné comme « maître maçon » en 1523 et qui dut faire ou refaire la nef endommagée, en 1543, par un ouragan. Nous citerons encore parmi ses successeurs dans cette construction Gouin et Grignon que nous retrouverons architectes de l’église Notre- Dame-des-Marais à la Ferté-Rernard (p. 34). A la même date ou à peu près (1518) Toussaint Cachant, Ghartrain comme Jean Le Texier dont nous indiquons plus loin les travaux, construisait le chœur de la petite église de Poisvillers près Chartres, et Antoine Guichard, modifiant le plan de l’Anglais Patriz, achevait, en 1529, l’église Notre-Dame-de-l’Épine.

Dans sa critique du portail gréco-romain de l’église de la Trinité à Falaise, construit à l’époque dont nous résumons l’histoire, un artiste éminent a cru devoir faire le procès à toutes les façades de même style adaptées en France par les architectes des xvie et xvif siècles aux édifices religieux de la période ogivale. Sans en accepter l’allure parfois un peu vive, nous reproduisons néanmoins les observations de notre critique, persuadé qu’elles sont l’expression des sentiments éprouvés par nombre de nos lecteurs, en face des accouplements bâtards

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