FERDINANDO FUGA
double balustrade coupée, à la rencontre de chaque contrefort, par un socle surmonté d’une statue. Le clocjier, formé de trois étages de colonnes superposées, se termine par une coupole dorée faisant assez la charge « d’une amphore grecque ». En somme, on peut dire que, malgré ses défauts, l'œuvre de Chiaveri est celle d’un véritable artiste, mais d’un artiste au cerveau exalté qui alla jusqu’à proposer, un jour, au pape Innocent XII la démolition de la coupole de Saint-Pierre de Rome, à l’époque où quelques fléchissements remarqués à la base de cette coupole avaient fait craindre pour sa solidité. Nous n’en dirons pas autant de la Frauenkïrche (église des Femmes), construite par l’architecte Jorg Bahr, de 1 7 26 à 1 745 et terminée par Schmidt . Si elle possède un dùme qui résista, en 1 7 GO, aux bombes de Frédéric II et un belvédère de 80 mètres, à l’intérieur, elle ressemble plus à une salle de spectacle qu’à une église. Nous n’avons trouvé sur Bahr aucune notice biographique, mais en revanche, une légende sur la mort tragique de Belin qui se précipita du haut de la coupole, après avoir déclaré que son œuvre était le nec plus ultra de l’architecture.
Johann Jorg Schmidt ne fut pas seulement le collaborateur de Bahr. Dresde lui doit plusieurs monuments de valeur : la maison des Orphelins, la boucherie, l’église Saint-Anne, etc. En 1764, il jeta les fondements de la nouvelle église de la Croix [Kreutzkirche), l’ancienne ayant été détruite lors du bombardement que nous venons de rappeler; mais Schmidt mourut à Dresde en 1774, sans avoir pu finir son œuvre qu’Exner termina seulement en 1792.
Contemporain de Mauro et de Chiaveri, Friedrich Augustus Krubsacius ou Krusacius naquit à Dresde en 1718, fut professeur à l’Académie de Dresde (1776) et inspecteur des bâtiments de la couronne. Son œuvre se borne cependant à des constructions de palais et de châteaux parmi lesquels nous nous contenterons de citer : le palais du prince Antoine de Saxe, le palais Riesch à Neschwitz, le château du prince Xavier, le château Osterwich et l’hôtel des Finances, à Dresde. Auteur d’un ouvrage sur le Laurenlinum et sur l'Origine , les progfès et la décadence des ornements et décorations dans les Beaux-Arts (Leipzig, in-8°, 1759), Krubsacius mourut à Dresde en 1790, laissant un élève, Christian-Gottlieb Lang-Wagen, né à