‹ Les architectes par leurs œuvresChapitre 143 sur 232 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

nenl les rivaux des empereurs d’Autriche en atlendant le jour où ils iront à Vienne en vainqueurs imposer leur volonté aux descendants des Habsbourg.

Berlin devient donc capitale d’un royaume et comme il y faut tout créer : places, rues, églises et palais, la nouvelle cité est pendant quelque temps, on le comprend, le rendez-vous des architectes et des ingénieurs; mais ce qui ne laissera pas d’étonner, dans cette étude de l’architecture prussienne, pendant la période de la création de Berlin, c’est le petit nombre d’architectes étrangers qui concourent aux fort nombreuses constructions élevées dans Berlin, de 1650 à 1750. Presque tous sont Allemands, et ont prouvé qu’une école y existait antérieurement , de laquelle sont sortis Nehring, Knobelsdorf, Eosander, etc.

Cependant le premier en date de ces artistes, pendant le xviic siècle, est un Piémontais, Filippo da Chiese, qui, employé d’abord comme ingénieur dans l’armée suédoise, quitta ce service en 1G60 pour celui de Frédéric-Guillaume de Prusse. Ses premiers travaux furent les fortifications qu’il éleva autour du Palais électoral, le pont des Écluses, le canal de Malbronn, œuvres d’ingénieur, comme on le voit. Il fui ensuite chargé d’élever la façade du palais de Potsdam dite du « Perron vert », l’hôtel des Monnaies, la Douane, etc., et on le chargea de l'organisation de toutes les fêtes que donna la cour jusqu’en 1673, époque à laquelle mourut Da Chiese. Mais l’architecte qui vient après était Allemand et avait nom Johann Arnold Nehring. Élève et collaborateur de Smids ou Schmitz dans la construction des différentes annexes du Palais, il commença, en 1690, l’église des Déformés achevée vers 1715, par Gerlach, puis donna les plans de l’Arsenal (1695), du palais de l’Académie des Sciences (détruit peu après par un incendie) et de l’Académie des Arts dont l’étage inférieur était occupé par les écuries royales. On lui attribue aussi la chapelle du château de Copenick, l’un des ponts jetés sur la Sprée et l’Observatoire construit sur les indications de Leibnitz. Nehring, comme on le voit, avait eu une carrière bien remplie; aussi était-il directeur en chef des bâtiments de l’Électeur lorsqu’il mourut en 1695. Philippe Gerlach, dont nous venons de prononcer le nom, né à Spandau en 1679, élève de Brœbes, n’a guère laissé, outre sa collaboration à l’église des Déformés, que la tour de l’église de l’Hôpital Frédéric et l’église

de « la Garnison » à Polsdam. L’église paroissiale de Berlin fut élevée sur les dessins du colonel Poth auquel Berlin doit aussi le palais de l’ordre des chevaliers de Saint-Jean et l’Arsenal; c’est tout ce que nous ont appris les auteurs, ses contemporains.

Les continuateurs de l’œuvre de Nehring furent Bôhme ou Boll, Schleder ou Schliiter et Grünberg sur lesquels les biographes nous donnent les renseignements qui suivent. André Schlüter de Hambourg avait trente- cinq ans lorsqu’en 1697 il fut appelé à prendre part à cette construction, mais il avait déjà laissé des œuvres en Pologne et à Berlin même, où il occupait le rang de directeur de l’Académie des beaux-arts. C’est avec son maître, un sculpteur inconnu, nommé Sapovius, qu’il avait visité Rome dont il rapportait l’amour des pastiches, qui y foisonnaient, de l’architecture grecque et romaine. Ln même temps que s’élevait Charlottenbourg, Schlüter construisait le château de Lizienbourg et étudiait un projet tendant à relier toutes les parties du Palais électoral de Berlin construit depuis 1538; mais il ne put réaliser qu'une partie de ce projet : ce sont les deux façades méridionale et septentrionale qu’on voit aujourd’hui; les autres parties, notamment la façade du côté du couchant, qui forme la façade principale en retour, étant d’Eosander, ainsi que nous allons le dire. Cet édifice doit aussi à Schlüter les portails des deux façades qui régnent sur la cour orientale et le passage entre celte cour et celle qui la suit. Son intention était d’entourer toute la première d’un péristyle d’ordre corinthien; mais il ne put même réaliser son projet de placer le grand portail au milieu du bâtiment, « parce qu’il eut fallu, pendant la construction, obliger la femme de l’Électeur à quitter momentanément les appariements qu’elle occupait ».

Frédéric 111 voulut qu’on respectât une vieille tour qu’il deslinait à supporter le réservoir des eaux qui alimentaient son Palais et l’architecte se conforma aux volontés du souverain ; alors on prétendit que les constructions faites dans ce but,* avaient surajouté un poids trop considérable à celui que la tour supportait déjà, quoique l’accident fût dû seulement, d’après le mathématicien Sturm, à la nature du sol; toujours est-il que la tour menaça ruine. Frédéric III, devenu roi de Prusse, nomma une commission chargée de constater l’état de la tour et la

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