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CHAPITRE XI

situation faite à l’architecte par ses travaux. La commission, présidée par Eosander qui était le rival de Sclilüter, refusa d’entendre les explications de l’accusé et opina pour sa responsabilité, alors qu’elle incombait à son collaborateur Ebert, dont nous ne connaissons que le nom. Celte condamnation irrita Sclilüter contre un pays qui l’avait si mal apprécié et, sur l’invitation de l’empereur de Russie, il émigra à Saint-Pétersbourg où il fut chargé de nombreuses constructions. Malheureusement, sa mort arrivée en 1714, laissa inachevés la plupart des édifices qu’il avait entrepris dans ce pays. Parmi les autres ouvrages de Sclilüter, il faut d’ailleurs citer : le portail du palais du comte de Wartenberg, la maison du grand maître de Kamieck (transformée depuisenloge maçonnique du rite écossais), les plans qu’il fit avec Nehring de l’Arsenal, plans qu’on modifia par l’addition d’une fonderie de canons, des bureaux de la poste, etc.

On sait seulement que Bôhme, architecte en chef de Frédéric- Guillaume, fut le collaborateur de Sclilüter dans tous les travaux que nous venons d’énumérer et qu’il eut la satisfaction de terminer, en 1720, la façade du château sur la Sprée, en la reliant à la façade élevée par Sclilüter. Après la mort de Bôhme, arrivée en 1725, son fils Martin Friedrich, architecte comme lui, fut nommé directeur en chef des monuments de la Vieille-Marche et mourut à la fin du xvu° siècle. L’architecte de la salle de l’Opéra à Berlin fut le baron Hans Jorg Wenceslas de Knobelsdorf, né en 169,7 à Berlin, mort en 1753. Au retour du voyage qu’il venait de faire en France et en Italie en 1730, pris d’une belle passion pour les arts, après avoir suivi pendant dix ans la carrière militaire, le baron de Knobelsdorf fut nommé intendant des bâtiments royaux et conseiller des finances. En 1740, le roi le chargea de différentes restaurations à Potsdam après Chiese et Bôhme et il y a lieu de penser qu’il s’acquitta parfaitement de celte ingrate mission, puisque la construction de l’Opéra lui fut confiée, mais avec cette condition que la nouvelle scène serait prêle à recevoir les artistes deux mois après la pose de la première pierre et on les engagea en conséquence pour répéter. Mais nul n’ignore aujourd’hui que la Prusse ne possède point (ou à peu près point) de pierre à bâtir et qu’il faut la faire venir d’assez loin ; aussi le délai accordé au pauvre architecte était-il expiré qu’il n’avait

pas encore pu faire son approvisionnement de matériaux. Il en résulta que la première pierre de l’Opéra ne fut réellement posée que le 5 septembre 1741. Puis, comme il fallait bien faire jouer les artistes engagés à grands frais, Knobelsdorf leur bâtit une salle provisoire dans laquelle ils donnèrent leur représentations jusqu’en décembre 1743. Ce que nous savons de l’Opéra de Knobelsdorf, c’est que la salle présentait quatorze rangs de loges, au nombre desquelles la loge royale et un assez beau foyer (nommé aussi Salon cl' Apollon), entouré de tous côtés par une galerie que supportaient d’élégantes cariatides. Du reste, Knobelsdorf publia sous le titre de : Plan de la salle de /'Opéra de Berlin , le résumé de la construction de cet édifice.

Celle de l’église française est due à un architecte et ingénieur français, Louis Cayart ou Cajart, que nous trouvons en 1692 accompagnant Vauban, puis colonel du génie au service de l’électeur de Brandebourg. C’est après avoir fait ses preuves dans la fortification des villes de guerre de la Prusse qu’il construisit l’église dont nous venons de parler, de 1701 à 1706, sur le modèle du temple protestant élevé par Debrosses à Cliarenton; mais la date de sa mort nous est inconnue. C’est probablement encore un Français qui construisit, de 1720 à 1734, l’hôtel de ville et les écuries royales de Potsdam ; il s’appelait Pierre de Gayette et mourut à Potsdam en 1747.

De Heinrich Manger, né en 1728 à Bitscher, en Saxe-Altembourg, mort à Berlin en 1789, on ne sait qu’une chose, c’est qu’il collabora à la construction de la « Nouvelle Bésidence » en 1753, et que son titre d'inspecteur général de l’architecture lui facilita la construction d’un grand nombre de maisons particulières à Berlin. Martin Grünberg, l’un des continuateurs de Nehring, avec Bôhm et Schlüter, naquit dans la Lithuanie prussienne et étudia pour se faire recevoir dans l’administration prussienne des Eaux et Forêts. C’est donc une vocation décidée pour l’architecture qui l’entraîna, comme un certain nombre d’architectes de celte époque, vers une profession à laquelle son éducation ne l’avait point destiné. Grünberg construisit seul à Berlin l’église de la Friedriclisladt (1699), en collaboration avec Simonelti l’Académie des sciences (1707) et l’hôpital Frédéric (1702) dont la tour fut construite par Gerlach, comme nous l’avons dit. Il travailla également à l’Observatoire (de 1701 à 1703),

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