CHAPITRE XI
rendit à Manheim sur le désir de l’électeur Charles-Théodore et resla près de ce prince jusqu’en 1 772. « Au retour d’un voyage en Italie, il accompagna son protecteur à Munich, il y reçut le titre de conseiller électoral et mourut en 1 804, laissant après lui l’hôtel de ville de Laraingen, le théâtre et la redoute de Manheim et le théâtre de Francfort (1783 à 1790). Joseph-Jacques Ramée né à Charlemont (Ardennes), le 17 avril 1764, élait conducteur de travaux dans la maison du comte d’Artois lorsque la Révolution française éclata. Signalé comme suspect, il prit du service dans l’armée de Dumouriez dont il fut officier d’étal-major; apres la défection de ce général, il passa en Allemagne où on lui donna à construire le palais de la Bourse à Hambourg, échoua auprès du duc de Mecklembourg-Schwerin qui l’avait appelé, fit quelques excursions en Danemark, puis passa aux États-Unis où on lui confia de nombreux travaux, notamment le collège de l’Union à Sclinécladyet où il traça le plan de plusieurs villes actuellement immenses. De retour en Europe, Ramée s’établit à Paris et mourut à une date que nous ignorons.
Johann Dientzenhofer, frère cadet de Léonhardt dont nous avons parlé, reconstruit, de 1701 à 1712, l’église abbatiale de Fulda, primitivement romane; cependant il en conserve le tympan en trois nefs, font en chargeant les bas côtés de chapelles surmontées de coupoles. De Johann est aussi la coupole qui s’élève à la croisée des transepts de celte église, le Décanat (1702 à 1704), le château (en partie) de 1710 à 1713, l’église de Litzendorf (1714-1715), le château de Biberstein (1 719-1 723), la façade de l'église abbatiale de Michelsberg (1722-1723), et le couvent en 1728. Un membre de la même famille, Christophe Dientzenhofer, né à Prague en 1655, mort en 1722, se fit remarquer par ses tendances à l’imitation du goût italien dans ce qu’il a de plus exagéré. L’église des Jésuites de la Ivleinseite, de cette ville, commencée en 1673 et terminée en 1752, l’église Sainte- Marguerile de Brenow (1715-1719), celles de Sainte-Marie et de Saint-Cajetan à Prague (1709-1717) et le couvent de Zepl (1690- 1721) sont des spécimens curieux de la perversion du goût de cet artiste. Son fils Kilian-Ignaz, né à Prague, le 1er septembre 1690 et mort dans la même ville le 17 septembre 1752, avait puisé dans l’atelier de Fischer d'Erlach les principes déplorables de lecole italienne et, malheureusement, il fut maintenu dans cette
voie par la faveur qui accueillit toutes ses œuvres que nous allons énumérer : les églises des Urulines sur le llascliin (1720-1728), de Saint-Jean-Nepomuk et de Saint-Nicolas à Prague (vers 1730), de Sainl-Lorenzo à Gabel, du Rosawilz près de Gretchen, de Sainte-Madeleine à Karslbad (1732-1731), les églises et couvents de Sainte-Elisabeth et de Sainte-Catherine, de Saint-Barthélemy et la façade postérieure de la Kleinseile à Prague. Il transforma également les églises Saint-Thomas et Saint-Jacques de cette ville. Hors de Prague, il fut l’architecte de Sainte-Marie à Vitzkow, de Saint-Clément à Vadolkœn, des Jésuites à Ivlatlau, de l’église et du couvent des Bénédictins à Braunau et de l’église de Klavrau qu’il construisit dans le style gothique. Architecte de nombreux couvents, il bâtit celui des Jésuites à Liebeschutz et à Tuchomizzvicz, un hôpital d’invalides hors de Prague et enfin les palais Kinskij Enostilz à Prague, etc.
Contemporain de Sonnin et de Précy dont nous allons parler, Pierre Marquard éleva les tours des églises Sainte-Catherine et Saint-Nicolas, à Hambourg. De 1750 à 1765, Précy et Sonnin entreprirent la construction de la cathédrale Saint- Michel, à Hambourg, sur l’emplacement de la vieille église détruite par la foudre; c’est un édifice remarquable seulement par la hauteur de sa tour (1 52 mètres), de laquelle on aperçoit presque l’embouchure de l’Elbe. Georges Sonnin était né à Petersberg, dans la Marche de Preignilz, en 1709. Fils de parents pauvres, c’est avec les faibles ressources qu’il tirait de sa profession de constructeur d’instruments d’optique qu'il étudia; son mérite reconnu du Sénat hambourgeois lui obtint le privilège d’être l’architecte du principal édifice de cette ville qu’il put achever avant sa mort arrivée en 1794. L’église « des Pèlerins» d’Haind* lingest construite, en 1721, par JeanPfatischer, natif de Geiselhoring en Bavière, grand architecte de maisons religieuses ; le couvent de Puccina, d’Herforten Saxe, est construit par le Saxon Horte vers 1636. La façade de la maison du comte Dielrichstein a pour auteur Jean Stranski qui vivait à Brunn en 1730. Les couvents de Saint-Hippolyte (Saint-Polten), de Saint-Florian, de Saint-Thomas et de Saint-Augustin de Herzogenburg (1714) eurent pour architecte Jacob Prandauer qui succéda, en 1707, à un inconnu, Antonio Carbone. L’ariisle ajouta encore à celte construction celle de l'abbaye des Bénédictins (de 1701 à 1736),