CHAPITRE XII
façade de l’Amirauté et ont pour résultat heureux de masquer l'architecture médiocre du corps de bâtiment principal. Robert, l’aîné, naquit en 1728 à Kerkaldy, dans le Fifeshire, ou, suivant certains de ses biographes, à Edimbourg. William Adams père, architecte de Maryburgh (Écosse), lui fil prendre ses grades littéraires à l’Université de cette ville où il se lia avec un grand nombre d’hommes devenus célèbres : Hume, Robertson, etc.; se réservant d’initier son fils à la théorie et à la pratique de la profession paternelle. Après un voyage en Italie, Robert poussa jusqu’en Dalmatie et y dessina, vers 1757, les ruines du Palais de Dioclétien à Spalatro, vaste ensemble d’édifices romains portant malheureusement la marque d’une décadence fort accusée déjà. C’est le résultat de cette élude qu’il publia en 1764 sous le titre : Bains of the Palace of the Emperor Dioclétian , etc. (London, in-fol max.). Le discours placé en tête de cet ouvrage, qui ne compte pas moins de 62 planches, donne de justes appréciations de l’art antique et Adams y rend un hommage mérité à l’architecte français Clérisseau, avouant « qu'aucun architecte de sa nation n'eut été en état de le seconder aussi parfaitement que l’avait fait l’artiste français ». Robert et James exécutèrent, tant en Écosse qu’en Angleterre, un grand nombre d’édifices publics parmi lesquels nous mentionnerons, dans Jolm- Slreet, l’hôtel occupé par la Société des arts et manufactures et du commerce, Aspley-House, hôtel du duc de Wellington à Hyde-Park, l’hôtel du comte de Rutey, dans Rerkling-Square, le palais du duc de Norlhumberland et celui de lord Mansfield; le Registrar Office et le nouveau bâtiment de l’Université, à Edimbourg; l’Infirmerie de Glasgow; l’église paroissiale de Misley, dans le comté d’Essex; le palais de Keeddlestone, dans le comté de Derby. Les deux frères furent des premiers à faire usage, en Angleterre, du stuc, en imitation de la pierre ou du marbre, pour la décoration extérieure des édifices. Robert, devenu membre de la Chambre des communes, mourut en 1792 et fut enterré dans l’abbaye de Westminster, où une dalle tumulaire porte une inscription commémorative de sa vie et de ses œuvres. James, l’associé de ses travaux et de fort peu plus jeune que lui, ne lui survécut que deux années.
La construction de l’Hôtel de la Compagnie des Indes occupa presque tout le xviu' siècle; les premiers travaux commencèrent
en J 726, sur remplacement de la maisoit de sir William Craon, mais la façade ne date que de 1799. Élevée sur les dessins de R. Jupp, dont nous connaissons que le nom, elle est décorée, en son milieu, d’un portique d’ordre ionique surmonté d’un fronton sur lequel sont placés de petits piédestaux supportant des statues allégoriques. Le bas-relief du fronton, représente Ceorge 111, une main appuyée sur son épée, protégeant de l’autre la Grande-Bretagne. De chaque côté du portique se trouvent les bureaux, formés d’un rez-de-chaussée décoré de bossages et d’un premier étage percé de liantes fenêtres moulurées. La corniche qui couronne l’éditice satisfait les yeux, mais la balustrade est d'un effet lourd et disgracieux. L’édifice qu'on voit aujourd’hui a d'ailleurs subi de nombreuses augmentations dues à Cockwell et à Wilkins dont nous aurons à parler en faisant l’histoire de l’architecture anglaise au xixe siècle.
La Banque d’Angleterre actuelle, due à John Soane, avait été précédée d’un bâtiment terminé vers 173G par un architecte nommé Georges Sampson; mais on reconnut bientôt la nécessité de donner plus d’étendue à l’édifice et les additions décidées furent confiées, en 1766, (à Robert Taylor. Cet architecte ajouta au bâtiment central deux ailes identiques d’ordre corinthien consistant chacune en deux pavillons extrêmes formés de quatre colonnes saillantes et de deux colonnes engagées, couronnées d’un fronton et d’nne partie intermédiaire; celle-ci présentant cinq arcades séparées par quatre paires de colonnes accouplées. L’édifice de Taylor, ainsi composé, a un certain air classique que n’ont généralement pas les édifices de l’époque, mais Pugin accuse l’architecte d’avoir simplement copié, avec quelques modifications de détail, le plan de la façade de Bramante, sur la cour du Vatican.
John Soane, qui continua les agrandissements de la Banque d’Angleterre à partir de 1789, à son retour d’Italie où il était allé étudier, ne voulut pas créer un morceau d’architecture dissemblable, tà côté de celui de son prédécesseur; il se contenta de se rapprocher autant que possible du style qu’on acceptait alors comme le modèle de toute conception architecturale. Il est certain que l’artiste a consciencieusement étudié tous les détails de sa composition, avant d’en commencer l’exécution; mais a-t-il eu tort ou raison de faire choix, pour s’inspirer, du
Bannermann. sc.